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02/09/2014

Sophie Caillat: «L’écologie pourrait être une matière enseignée au collège»Sophie Caillat, auteure de «Comment j’ai sauvé la planète» - 20Minutes

Sophie Caillat, auteure de «Comment j’ai sauvé la planète»Sophie Caillat, auteure de «Comment j’ai sauvé la planète» - 20Minutes

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Joul: Quel regard aviez-vous de l'écologie avant de traiter ces sujets, et aujourd'hui?

Avant, je pensais que l’écologie c’était pour les autres (les décideurs, les décroissants, les gens qui vivent à la campagne...), maintenant, je pense que c’est aussi pour moi, et pour tous (on peut tous trouver des sources de satisfaction à une vie qui abîme moins l’environnement).

Journaliste environnement, j’ai pris conscience de la gravite de la situation, qu’on préfère ne pas voir. Ma nature optimiste m’a donné envie de lancer cette entreprise d’application de mes principes à ma réalité quotidienne, et j’ai aussi trouvé les limites de ce qu’on peut faire à l’échelle individuelle. 

Mais nos actions ont aussi valeur d’exemplarité. Quand mes amis me demandent s’ils m’apportent du vin avec pesticides ou du vin naturel, je me dis qu’ils ont au moins compris quelque chose! (Je rappelle que la viticulture représente 20% des pesticides utilisés dans l’agriculture en France).

Marie: Vous avez expérimenté de nombreuses choses. Mais au final que continuez-vous à faire aujourd'hui? Qu'avez-vous abandonné? 

Je continue à trier mes déchets jusqu’à l’absurde: je donne mes épluchures de fruits et légumes aux lombrics qui sont sur mon balcon (dans une boite appelée lombricomposteur, je vous rassure), alors que cela ne me rapporte rien de faire baisser le poids de ma poubelle. 

Je continue de fréquenter la Ressourcerie près de chez moi et je ne suis pas la seule: elle connait un vif succès auprès des gens du quartier qui y déposent ce qu’ils ont en trop et des personnes modestes qui y achètent à très bas coût.

La gourde et la mooncup (coupe menstruelle) font parties de ma panoplie habituelle, toujours au fond  de mon sac.

Je suis venue en vélo et par ce temps ensoleillé, c’était un bonheur.

J’ai arrêté de compenser mes voyages en avion, c’est-à-dire de donner de l’argent à une association qui plante des arbres ou offre un four solaire à une famille en Inde (mais j’essaie de le prendre le moins possible et ne l’ai pas repris depuis l’écriture du livre).

Je mange de la viande deux à quatre fois par semaine, mais seulement si je connais l’éleveur et peut visiter l’exploitation, et je continue de chercher les aliments locaux et de saison.

J’ai fini par changer de smartphone et essaie de débrancher mes appareils la nuit, je suis toujours chez Enercoop (mais n’arrive pas à trouver le temps de m’impliquer plus avant dans la coopérative). 

Je me lave au savon d’Alep et utilise un shampoing solide trouvé à la Biocoop, le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude sont en bonne place dans ma cuisine… 

Et surtout, je partage ma vie entre Paris et la Bourgogne, ce qui m’oblige à me déplacer plus souvent (en train), mais me fait du bien!

HenriDeBlof: La sensibilisation à l'écologie doit se faire sur les plus jeunes. Avec à l'école des ballades en pleine nature, des ramassages collectifs de déchets, pourquoi il faut respecter et préserver les espèces... Pourquoi rien n'est fait aujourd'hui en ce sens? Sachant qu'en plus, ces sujets intéresseraient, j'en suis sûr, fortement les élèves.

Bonjour Henri, et merci de rejoindre ce qui est désormais un de mes combats: l’instauration de cours d’écologie à l’école. Bien sûr que tout se joue petit, et personnellement, je raconte dans mon livre avoir eu souvent du mal à expliquer à ma fille «la viande, c’est des animaux morts» ou «tes Barbies sont fabriquées par des enfants chinois»...

L’écologie pourrait être une matière enseignée au collège, tout comme l’éducation civique. Je ne vois pas pourquoi on apprend à nos enfants à devenir des citoyens qui votent et pas des consommateurs responsables! 

Ceci dit, il faut reconnaître que nombre d’enseignants font des efforts pour sensibiliser les enfants à la pollution, à la biodiversité… Mais je suis toujours sidérée de voir que pour les petits  -comme pour les grands d’ailleurs-, la rareté des ressources reste virtuelle. 

Ils agissent souvent comme si le monde était infiniment généreux à leur égard. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen de parler d’écologie réelle sans que ce soit synonyme d’annonce de mauvaises nouvelles!

Denis: Bonjour. Je fais la vaisselle à la main. Auriez-vous une idée pour consommer le moins d’eau possible? Ou faut-il vraiment investir dans un lave-vaisselle?

Bonjour Denis, et d’abord bravo car vous ne me posez pas la question classique: qu’est-ce qu’il faut préférer, lavage à la main ou au lave-vaisselle? 

Sur ce point, comme souvent, tout dépend de comment vous faites la vaisselle, ou comment vous utilisez votre lave-vaisselle. Si vous n’utilisez que le mode Eco c’est mieux qu’à la main, mais si vous choisissez un programme qui dure 2h30 je doute que ce soit le cas.

Pour la vaisselle à la main, le mieux est d’avoir deux bacs, donc un peu de place, ou alors vous prenez une bassine: vous y plongez la vaisselle sale, vous la savonnez et l’empilez où vous pouvez. Enfin, et c’est là que vous économiserez une grosse quantité d’eau, vous plongez la vaisselle savonnée dans votre bassine de rinçage.

Emeline: Dans mes activités du quotidien (transports, alimentation, cosmétique, etc.), j'arrive à adopter un mode de vie plus écologique, mais là où je pêche c'est pour l'habillement. Les marques éthiques et écologiques sont très chères et je n'arrive pas à passer le cap de payer un tee-shirt à 30€. Je me tourne alors vers les traditionnels Monoprix ou tente quelques marques qui essaient de faire des efforts (coton bio, lin, etc.). Avez-vous exploré des pistes pour s'habiller mieux sans faire exploser son budget?

Bonjour Emeline,

Et bonjour à tous ceux qui nous suivent en direct. En tant qu’ancienne journaliste à 20 minutes (2005-2008), je suis émue de revoir mes anciens collègues.

Alors, je suis d’accord avec vous, les vêtements sont un peu le point noir de l’écolo-fashionista. 

Il est vrai que le coton est une culture particulièrement consommatrice de pesticides, et que l’impact de notre habillement sur l’environnement est élevé, sans compter toutes les matières synthétiques faites à partir de pétrole. Mais rien ne sert de trop se priver non plus, car je l’ai constaté personnellement: quand on essaie de trop se priver, on «décompense» comme quelqu’un qui serait au régime et soudain se gave. 

Donc, plutôt que de cesser d’acheter des vêtements, solution la plus radicale mais la moins réaliste, je vous donne quelques «trucs» vécus:

- Acheter d’occasion: sur internet, dans les vide-dressings ou auprès des copines, il existe pleins de vêtements très peu portés qui peuvent vous plaire;

- Acheter du coton bio et des matières naturelles: effectivement Monoprix ou d’autres proposent des matières certifiées bio (vérifier que le label est inscrit sur l’étiquette), ou du lin, matière aussi agréable qu’écologique;

- Préférer les vêtements fabriqués en France ou dans l’Union européenne, dont l’impact carbone sera moindre, sans compter les considérations éthiques. 

L’affaire du Rana Plaza, cet immeuble qui s’est effondré au Bangladesh, a, je l’espère, éveillé les consciences sur les considérations déplorables dans lesquelles sont fabriqués la plupart des vêtements des grandes marques comme H&M, Zara, Mango et autres….

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Présentation:

Enfin oser présenter son idée de projet à son chef. Retrouver sa carte d’accès à la salle de sport. Arrêter de dramatiser pour rien. La rentrée de septembre surclasse souvent la nouvelle année calendaire niveau résolutions. Pourquoi ne pas tenter en 2014, la rentrée écolo? Celle où vous commencerez enfin à trier vos déchets, où vous essayerez même de les limiter, et ou vous réussirez à utiliser le vélo plutôt que la voiture. Trop compliqué? Demandez à Sophie Caillat, journaliste planète qui s’est livrée à tout un tas d’expériences pour «écologiser» son quotidien.

>> Vous ne savez pas comment changer vos habitudes sans trop vous casser la tête? Vous voulez limiter votre utilisation d’emballages mais vous ne savez pas par où commencer? Posez toutes vos questions à Sophie Caillat, auteure de Comment j’ai sauvé la planète(Editions du moment). La journaliste sera dans nos locaux mardi à 12h pour vous répondre. Envoyez-nous vos questions à chat@20minutes.fr.


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12:45 Écrit par franceweb dans 21CenturyWebArchive, Articles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

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