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20/03/2015

A LA UNE> NEWS> Attentat du Bardo: Réouverture du musée prévue pour mardi 24 mars> Loi antiterrorisme: Entre urgence et litiges !>Non le tourisme n’est pas fini et la Tunisie non plus

Des touristes au musée du BardoDes touristes au musée du Bardo

Dans une déclaration accordée à Mosaique Fm ce vendredi 10 mars 2015 Moncef Ben Moussa, conservateur en chef du musée national du Bardo, a  affirmé que  l’administration du musée vient de récupérer les lieux qui étaient sous le contrôle des forces de l’ordre afin de les nettoyer  soulignant que la réouverture du musée du Bardo est prévue pour mardi 24 mars.

Loi antiterrorisme: Entre urgence et litiges !

par Hajer Ajroudi Des organisations terroristes se livrent bataille sur nos frontières...

Publié le: 19 mar 2015

Carnage au musée du Bardo

22 morts dont 2 Tunisiens et 20 touristes

Carnage au musée du Bardo

Non le tourisme n’est pas fini et la Tunisie non plus ! (Allusion à la Une de Libération «C’est fini la Tunisie, c’est fini le tourisme»

La nouvelle est tombée vers les coups de midi-trente : un groupe de terroristes armés a fait irruption dans l’enceinte du musée du Bardo prenant en otage un nombre considérable de touristes venus découvrir la grande et belle Histoire de la Tunisie. Le bâtiment du musée est collé à celui de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Le musée du Bardo est entouré par quelques dizaines de postes policiers et de casernes militaires. Un emplacement stratégique, une opération terroriste au beau milieu de la journée à proximité de l’une des plus importantes institutions de souveraineté...  Des données qui nous ont amenés à douter de la véracité de l’information. Mais, une fois arrivés sur place, le doute était, malheureusement, complètement parti.

Malgré la délicatesse de la situation, les unités de la sûreté nous ont assuré un emplacement frontal au musée afin que nous puissions assurer la couverture de l’opération terroriste. Mohamed Ali Aroui, porte-parole du ministère de l’Intérieur, s’est engagé auprès de nous de venir nous donner des nouvelles toutes les quinze minutes. L’un des journalistes présents sur place était en contact avec une journaliste à l’intérieur du musée, cette dernière nous a envoyé quelques photos et quelques informations avant que son téléphone ne la lâche. C’est via cet échange qu’on a appris la mort de huit personnes dont une Tunisienne. Une information qui nous a été confirmée par Mohamed Ali Aroui. Le deuil s’était de suite abattu sur nous. Un goût  d’amertume  déjà-vu régnait sur l’atmosphère nous renvoyant au souvenir du premier assassinat politique qu’a connu la Tunisie. On vivait, encore une fois, un nouveau coup terroriste dont on n’a pas connu le goût auparavant. 

Quinze minutes plus tard, et comme promis, Mohamed Ali Aroui est revenu  pour nous annoncer la libération de quelques enfants et la blessure de six personnes. Quelques instants après, les hélicoptères militaires ont envahi les cieux du Bardo et les ambulances ont surgi par dizaines. Plus tard, nous avons pu nous entretenir avec un témoin oculaire. Ce dernier nous a assuré avoir vu deux individus, bien habillés et portant des sac-à-dos noirs. Ils auraient posé leurs sacs, contemplé le grand portail avant de récupérer les sacs et foncer à l’intérieur du musée en courant.

Les civils ont commencé à envahir les lieux et notre mission en devenait plus difficile. Les apparitions du porte-parole du ministère de l’Intérieur se faisaient de plus en plus rares et les rumeurs commençaient à circuler. On avait dû attendre presque deux heures pour avoir la mise à jour du bilan : 13 morts, dont un policier, et une vingtaine de blessés, c’était vers 14 heures moins quart. Une dizaine de minutes après, un mouvement de panique a eu lieu : un jeune adolescent, présent sur les lieux, en apprenant la mort d’un policier a crié ‘bien fait pour lui’. Les unités de l’ordre, déjà à bout de force et de nerf n’ont pas hésité à arrêter l’individu en question. 

Dans l’heure qui a suivi cet incident, on a eu l’impression que la situation se compliquait : alors que, pendant toute la matinée, les journalistes ont pu circuler librement sur la scène de l’opération, de grands camions policiers se sont interposés entre les deux rues nous séparant ainsi de la façade du musée. Entre-temps, l’aller  et venue des ambulances et des engins militaires ont presque triplé. A 15 heures piles, le cauchemar a pris fin. Un bilan lourd a aussitôt été dressé : vingt-deux morts dont  vingt  touristes, de nationalités italienne, française, polonaise, espagnole et britannique, et deux Tunisiens. Les blessés se comptent par dizaines. Une touriste française, qui venait d’être libérée, nous a adressé l’un des plus beaux messages avant d’aller rejoindre les siens. « Ce que j’ai vécu aujourd’hui était horrible mais j’ai toujours aimé la Tunisie et je l’aimerais pour toujours. Je remercie les militaires qui ont tout fait pour nous protéger et vive la Tunisie ! »

Contraints de rejoindre nos postes, nous avons réussi à nous éclipser en prenant la ruelle qui mène au portail principal de l’Assemblée des Représentants du Peuple. Les rues étaient désertes sauf des patrouilles policières. Les agents nous souriaient sans nous demander ni identité ni soumission à une quelconque fouille. Sur le chemin, nous avons croisé le député du mouvement Nidaa Tounes, Walid Jalled, qui était dans  un état de choc. Il nous a assuré que les députés allaient répondre fermement à cette attaque. Arrivés au niveau de l’ARP, nous avons voulu vérifier l’état des lieux. Quelques soldats et policiers gardaient l’entrée, ils avaient bien voulu nous laisser entrer. Dans l’enceinte de l’établissement, nous avons trouvé le premier vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou, à qui nous avons posé la question la plus évidente vu la circonstance : à quand le vote de la loi anti-terroriste ? La réponse nous a, pour le moins, surpris. « La loi anti-terroriste punit  le terrorisme mais ne le prévient pas. Le terrorisme ne demande pas une loi pour être stoppé mais une stratégie sécuritaire bien précise. Ce qui a eu lieu aujourd’hui n’est pas dû au retard du vote de cette loi. D’ailleurs, nous avons reçu une copie de cette loi depuis hier et on était en train de travailler dessus. Et puis n’oubliez pas qu’on travaille avec la loi de 2003, une loi qui ne protège pas mais qui puni au risque de me répéter. Il ne faut pas mener une guerre traditionnelle contre le terrorisme, armée contre une autre armée, parce que l’on combat un fantôme et non pas une entité précise. Ce qui s’est passé aujourd’hui est une catastrophe économique et politique, la scène politique va connaître un vrai tremblement suite à cette opération, plus rien ne sera pareil. »

Une chose est sûre c’est que, tout comme le 6 février 2013 ou encore le 25 juillet 2013, le mercredi 18 mars 2015 sera marqué à jamais dans notre mémoire nationale. Même si cette opération terroriste va impacter considérablement notre économie, elle ne signifiera certainement pas la fin de notre Nation dont les citoyens et les différentes unités de la sûreté nationale ne baisseront jamais les bras devant un phénomène barbare que notre culture et mémoire nationale finiront par éradiquer pour l’éternité. 

Salma BOURAOUI

 

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