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16/05/2015

L’article sur l’islamophobie, publié dans l’encyclopédie populaire Wikipédia, pose avec acuité une problématique essentielle relative à l’emploi et à la perception multi-angulaires d’un terme éminemment polémique.

Islamophobie : un mot piégé

 L’article sur l’islamophobie, publié dans l’encyclopédie populaire Wikipédia, pose avec acuité une problématique essentielle relative à l’emploi et à la perception multi-angulaires d’un terme éminemment polémique. Le terme « islamophobie » focalise en effet des antagonismes multilatéraux autour d’un débat purement sémantique. Il symbolise parfaitement le jeu politique complexe des propagandes à l’œuvre dans la « guerre cognitive » opposant de multiples acteurs, au profit des plus radicaux d’entre eux.


Sur le bandeau du compte Twitter d’Elasa Ray, porte parole du Collectif contre l’islamophobie en France, on peut lire : « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit », ce qui est faux. Bien qu’on puisse présumer que l’action d’Elsa Ray soit dictée par une volonté louable de bien vivre ensemble, ce slogan est symptomatique du caractère éminemment manipulatoire que véhicule le terme « islamophobie », lequel est au cœur des propagandes multiples qui s’opposent dans ce qu’il faut bien appeler une guerre cognitive.

L’article de Wikipédia qui lui est consacré constitue une approche pluraliste dont l’objectivité, à quelques détails près, nous plonge dans la complexité de son usage sémantique. On ne reprendra pas les arguments et points de vue développés tant ils sont nombreux et variés. J’encourage le lecteur à le lire in-extenso.

Un mot piégé

Il en ressort qu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’islamophobie et que le terme, lorsqu’il est instrumentalisé, devient a minima un mot piégé. En termes de manipulation, cela signifie qu’il constitue un ensemble cognitif complexe qui échappe à son utilisateur et l’enferme dans un cadre perceptif  ambigu. En le prononçant, celui-ci ouvre une trappe sémantique dans laquelle il tombe ou fait tomber ses adversaires. Par exemple, « traiter » quelqu’un d’islamophobe, revient à l’enfermer dans un schéma réducteur de racisme ou de xénophobie, sous-entendant au passage une déviance mentale (phobie). Pour faire bonne mesure, il paraît utile de préciser que la technique vaut également pour le terme « antisémitisme » lorsqu’il désigne abusivement les opposants au sionisme et plus généralement à la politique d’Israël.

Il y a deux conséquences à cette instrumentalisation. La première est la stigmatisation psychiatrique de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, à des degrés divers et sans aucune parenté sociopolitique, voient dans l’islam, sinon un danger, du moins un risque au regard de son contenu idéologique et culturel, et de ses conséquences sociétales. La seconde est l’amalgame qui est entretenu entre ce qui, dans une religion comme l’islam, fait peur, et l’ensemble des croyants et adeptes de cette religion.

Se désolidariser des extrêmes

L’instrumentalisation de l’islamophobie par les extrémistes de tous bords contribue à créer et entretenir la scission entre musulmans et non musulmans. Il devient le levain de la discorde qu’il est censé dénoncer et combattre. Il paraît par conséquent difficile et pour le moins ambigu de continuer à le partager avec ceux qui n’ont qu’un intérêt, celui de faire exploser le lien social au sein de la nation. J’entends par là essentiellement les islamistes et ceux qui, à l’extrême droite, cultivent le rejet systématique des arabes.

Toutefois, si la lutte contre l’intolérance est nécessaire en démocratie, elle ne doit pas devenir elle-même une intolérance en imposant son point de vue de ce qui est intolérable.

Cela suppose de jouer le jeu de la laïcité et d’accepter, pour les musulmans, que leur religion soit critiquée sans verser dans le piège de l’anathème ou de la victimisation. Dans le pays de Voltaire, la critique du religieux et des idéologies est un droit constitutionnel. En revanche, le « racisme » antimusulman, qui est dans une certaine mesure comparable à l’antisémitisme, relève du délit et doit être sanctionné en tant que tel. Mais de grâce, ne tombons pas dans le piège sémantique de l’abus du suffixe « -phobie ». Aussi nombreuses soient les personnes qui ont une peur irraisonnée des araignées, rares sont celles qui paniquent devant un musulman... Notons au passage que l’argument est tout aussi valable pour les juifs, les homosexuels et toutes les minorités dont on stigmatise le rejet par ce suffixe inadapté.

Le Coran, vecteur d’une peur raisonnée de l’islam

Si la phobie désigne une crainte irraisonnée, elle se soigne et n’est un délit que dans les dictatures, à l’image des hôpitaux psychiatriques de l’ex-URSS. Au demeurant, cette déraison ne doit pas occulter ni condamner au silence ce qui relève d’une crainte objective d’un islam vindicatif et conquérant.

Le Coran et les Hadith contiennent, en effet, un ensemble de préceptes qui ne présentent aucune ambigüité s’agissant du sort à réserver aux mécréants et autres infidèles (koufar).  Sans verser dans l’outrance d’un Eric Zemmour qui voit à chaque page du Coran un appel au meurtre, il faut bien admettre, analyse statistique à l’appui, que son contenu textuel, ainsi que celui des hadith, prône volontiers l’intolérance et à la guerre contre les apostats, les chrétiens et les juifs. Dans un autre registre, l’islam impose à la femme de vivre dans une soumission totale vis à vis de son époux, lequel dispose du droit de la frapper tout en lui garantissant théoriquement en retour sa protection.

Face à cette réalité textuelle, au demeurant rarement dénoncée par les musulmans eux-mêmes, il est logique de s’interroger sur l’objectivité et la sincérité de ceux qui, comme Tarik Ramadan, prétendent que l’islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance. Certes, quelques voix s’élèvent parfois, tel l’universitaire tunisien Abdelwahab Meddeb, décédé hier et qui déclarait que « l’islamisme est la maladie de l’islam, mais (que) les germes sont dans le texte ». De fait, la majorité des musulmans n’émettent aucune critique ouverte et n’exigent aucun débat sur cette question. Cela contribue sans aucun doute à l’amalgame qui peut être fait entre islam et islamisme, le second se définissant dès lors comme la pratique rigoureuse du premier.

On comprend donc aisément, au regard de l’expansion toujours plus ostensible de l’idéologie orthodoxe islamique, mais également des horreurs perpétrées par les jihadistes au Moyen-Orient et dans la zone sahélienne, que des Français de souches chrétiennes et juives puissent craindre voire rejeter l’islam pour les risques non contrôlés (et subits) qu’il présente.

L'islamisme, un totalitarisme insoluble dans la République

En France, la lutte contre l’obscurantisme et l’intolérance religieuse a abouti au concept de laïcité qui met fin au pouvoir clérical et garantit la pluralité religieuse dans un esprit de tolérance démocratique. Mais cette garantie ne joue pas contre les totalitarismes qui s’arrangent de cette tolérance pour cheminer vers le pouvoir, comme l’a très bien démontré Hitler dans les années 30. En ce sens, l’islamisme est un totalitarisme théocratique insoluble dans notre démocratie, simplement parce que son objectif affiché est de s’imposer à long terme et de prendre le pouvoir, y compris par le djihad. Le nier ou en sourire, au nom d’une lutte bienveillante contre l’islamophobie ou d’une surestimation de notre capacité de résistance pacifique, revient à creuser le lit des extrêmes et à préparer une explosion sociétale, à l’image des manifestations anti-salafistes organisées par l’extrême droite allemande.

 Repères bibliographiques :

- Coran, traduction Masson et El-Saleh, Dar al-kitab allubnani, Beyrouth, 1980

- Quarante Hadith, An-Nawawi, Dar al-Koran al-Kareem, Beyrouth, 1980

- Exemples de Hadith de nature violente, http://atheisme.org/hadiths.html

- De l’islamisme : une réfutation personnelle du totalitarisme religieux, Fouad Laroui, Laffont, 2006.

- Islamisme : comment l’Occident creuse sa tombe, Hamid Zanaz, Les Editions de Paris-Max Chaleil, 2013

- L’Islam en question, Wafa Sultan, H&O, 2013

16:38 Écrit par franceweb dans 21CenturyWebArchive, Archive21stCentury, ArchiveWeb21, Art de vivre, Articles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

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