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02/11/2016

PoissyWeb,Level1Communications, LMI : A quel niveau d’automatisation du véhicule le groupe PSA se situe-t-il dans le classement OICA ?Vincent Abadie, chef de projet véhicule autonome au sein du groupe PSA."des véhicules autonomes commercialisés en 2020"

Vincent Abadie, chef de projet véhicule autonome au sein du groupe PSA : "des véhicules autonomes commercialisés en 2020"

Vincent Abadie, chef de projet véhicule autonome au sein du groupe PSA.

LMI : A quel niveau d’automatisation du véhicule le groupe PSA se situe-t-il dans le classement OICA ?

Vincent Abadie : Nos différentes expériences en conditions réelles, sur des axes autorisés (les autoroutes, certaines nationales munies de terre-pleins centraux comme la N118) nous permettent de tester actuellement des fonctions de niveau 3. Pour nos expérimentations, nous utilisons des véhicules automatisés dans lesquels le conducteur doit encore superviser le bon fonctionnement des systèmes. A terme, il est prévu que le conducteur puisse faire autre chose que superviser la tâche de conduite. En cas de nécessité, le système automatisé pourra, à tout instant, demander au conducteur de reprendre la main sur le véhicule. Nous ne sommes pas encore au plus haut niveau qui concerne des véhicules sans chauffeur. Par exemple, les récentes expérimentations menées par Keolis sur des navettes de transports autonomes sans chauffeur se classent au plus haut niveau mais elles se déroulent en circuit fermé d’un point A à un point B sur de courtes distantes à basse vitesses et sur des environnements adaptés.

Comment rend-on un véhicule autonome chez PSA ?

En résumé, deux grandes étapes techniques sont nécessaires pour rendre un véhicule autonome (ndlr : quatre véhicules roulent de façon intensive chez PSA). Déjà, il faut robotiser les différents systèmes et fonctions du véhicule (direction, boite de vitesses, freinage, etc.), ces derniers étant guidés par un système de pilotage central. Une fois cette opération terminée, une multitude de capteurs, de caméras et l’arrivée des très performants scanners laser analysent l’environnement (détection d’objets et d’obstacles, reconnaissance des panneaux, etc.) du véhicule en se servant d’algorithmes, de traitement et d’analyse de données. Dans un premier temps, le véhicule autonome sera autosuffisant pour gérer sa sécurité. Ce sont ses propres algorithmes et données embarquées qui géreront le comportement du véhicule qui n’utilisera pas directement, pour des raisons de sécurité, des informations ou des calculs débarqués (issu d’un cloud par exemple). Toutefois, il sera indispensable d’utiliser un système de cartographie évolué et connecté ne serait-ce que pour sa mise à jour régulière.

En quoi l’évolution des technologies a-t-elle été bénéfique dans la réalisation du véhicule autonome depuis des années ?

Le premier système d’aide à la conduite date d’une quinzaine d’années avec l’Adaptive Cruise Control. Jusqu’ à il y a deux ans, les déploiements étaient encore confidentiels. Des progrès importants ont été réalisés dans le traitement de l’image grâce à la puissance de calcul embarquée dans les capteurs et les caméras et aux systèmes d’apprentissage. Aujourd’hui, il existe énormément de fournisseurs de ces capteurs et caméras, les prix de ces équipements sont devenus très compétitifs. Plus récemment, nous avons aussi vu l’arrivée de nouveaux entrants sur la technologie prometteuse du scanner laser ou lidar (ndlr : technologie utilisée sur le toit de la Google Car) qui apporte une plus grande précision dans l’analyse de la trajectoire de la voiture. Enfin, le superviseur, que nous développons en interne, constitue l’élément central du véhicule autonome.

Quel est votre point de vue sur les géants de l’IT et du web sur leur engagement dans le secteur automobile ? Certains d’entre eux très avancés comme Google n’ont-ils pas réveillé les consciences chez les fabricants automobiles ? 

Je n’ai pas l’habitude de parler à la place des autres mais il faut rester prudent, il y a beaucoup de communication autour des véhicules autonomes et il est indispensable de filtrer les annonces. En tant que constructeur, le groupe PSA travaille depuis des années sur les véhicules automatisés et les technologies dédiées. Il est indéniable que les Google Car, même si cela reste des prototypes, sont des outils très intéressants pour travailler sur les problématiques techniques du véhicule autonome. De plus, l’effet Google avec la Google Car nous a davantage incité à communiquer sur l’avancement de nos travaux et à montrer que nous avions aussi des prototypes en exploitation.

Quand et de quelle manière seront commercialisés ces véhicules autonomes ? La réglementation est-elle à jour ?  

Le groupe PSA a pour objectif de commercialiser des véhicules autonomes de niveau 3 à partir de 2020. Dans un premier temps, les fonctions autonomes sur voie à chaussées séparées (avec un terre-plein central) seront privilégiées d’abord pour les vitesses faibles, puis progressivement sur l’ensemble des plages de vitesses autorisées. Il reste encore beaucoup de points techniques à valider pour que cela devienne une réalité. De plus, la réglementation avec la convention de Vienne dont le texte n’est pas encore abouti pourrait constituer un point de blocage pour les véhicules autonomes de niveau 3.

Renault également dans la course !

Le concurrent du groupe PSA, Renault-Nissan poursuit directement ou indirectement, plusieurs tests de voitures autonomes. Mais aujourd’hui l’accent est mis sur les aides à la conduite notamment sur les derniers Scénic et Espace. Luc Bourgeois, expert leader systems control chez Renault, nous a détaillé sur le Mondial de l’Automobile 2016 les outils proposés en série ou en option sur le dernier monospace compact de la marque, à savoir aide au parking latérale, 3 niveaux de freinage d’urgence, régulateur de vitesse adaptatif avec radar, aide au maintien dans la voie active, alerte anti-somnolence… Il s’agit bien souvent de systèmes déjà proposés par d’autres constructeurs allemands ou japonais qui se démocratisent sur une voiture familiale et moyenne gamme.

 

Les aides à la conduite se démultiplient sur les Renault en attendant l'arrivée d'un système semi-autoome en 2018.

 

« Le contenu doit être accessible au plus grand nombre avec des prestations qui apporte un plus », nous a indiqué Luc Bourgeois. Des technologies qui vont être étendues sur les autres modèles de la marque. « Ces options sont aujourd'hui en majorité sélectionnées par les acheteurs du Scénic ». Le véhicule est bardé de capteurs, de caméras et de radar mais pas encore de lidar. Cette technologie ne serait pas encore prête et son prix encore trop élevé pour Renault. Le constructeur généraliste ne compte pas proposer de voiture semi-autonome – niveau 3 donc - avant 2018. Des tests sont bien sûr en cours comme chez les concurrents.

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