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06/03/2017

PSA, Grosses économies en vue avec le rachat de Opel, Ouverture chinoise?

ECONOMIE: UN NOUVEAU GÉANT EUROPÉEN EST NÉ

Avec le rachat de la filiale allemande de General Motors, le français PSA devient le 2e constructeur européen derrière VW. Coup gagnant ou manoeuvre suicide? Éclairage.


 

PSA-OPEL EN CHIFFRES

16% de parts de marché

C'est le potentiel du nouveau groupe derrière les 24% de VW.

15'559 emplois supprimés

Durant la période entre 2013 et 2015 lors des restructurations chez PSA.

75% des immatriculations

C'est le pourcentage du nouveau groupe réalisé en Europe, contre 40% seulement pour VW, mieux implanté sur le marché mondial.

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À quelques heures de l’ouverture du Salon de Genève, la conférence de presse de ce matin à Paris met la planète auto en ébullition! C’est officiel: «Citropeleugeot», ou quel que soit son nom futur, devient le second constructeur européen derrière le géant Volkswagen. Alors, coup de génie de Carlos Tavares, patron de PSA, ou chronique d’un désastre annoncé? Pourquoi le groupe PSA Peugeot Citroën s’est-il tant démené pour acheter une filiale allemande déficitaire dont General Motors rêve de se débarrasser depuis longtemps?

La réponse tient en deux mots: taille critique. Depuis son arrivée à la tête de PSA, Carlos Tavares a réussi son premier pari: remettre le groupe sur les rails du succès. Via des restructurations drastiques (fermetures d’usines, licenciements), il a transformé un groupe à la dérive en machine de guerre. Se payant le luxe de lancer, au passage, une marque de prestige avec DS, séparée de Citroën. Mais impossible d’aller encore plus loin. Pour une raison simple: les coûts de production. «Pour réduire les coûts, il faut plus de volume. Quand on n’est pas dans le segment premium, tout se joue sur les coûts, d’achat notamment, qui sont un levier énorme», souligne Marc Staudenmann, associé du cabinet de conseil en entreprises Advancy, cité par l’AFP. Absorber l’ancien meilleur ennemi apparaît donc comme la solution idéale. Et tant pis si la mariée n’a pas de dot…

C’est que, confrontée à la sous-utilisation de ses usines et au désamour du public, Opel est à la peine depuis plus de quinze ans. Mais Tavares n’est pas fou, il sait que les dés sont pipés! Si Opel a l’air du vilain petit canard à l’heure actuelle, la politique de GM, son futur ex-propriétaire, n’y est pas totalement étrangère. En butte à un marché européen saturé, les autres constructeurs ont réussi à garder la tête hors de l’eau en vendant à l’étranger. En Chine, surtout. Or, paradoxalement, GM s’est toujours bien gardé d’«exporter» ses Opel hors du Vieux-Continent… pour ne pas faire de l’ombre à ses autres marques (Buick, Chevrolet, etc.). Cantonnée à la seule Europe, archicolonisée par VW, Peugeot, Renault et Fiat, Opel avait dès lors peu de chances de renverser la tendance…

Ouverture chinoise?

Avec son «transfert» chez PSA, dont une partie du capital (14%) est détenu par le chinois Dongfeng, tout cela pourrait changer. À condition que Tavares ait les coudées franches. Les syndicats allemands (Opel), soutenus par l’équipe de Mme Merkel, et anglais (Vauxhall, nom sous lequel les Opel sont vendues au Royaume-Uni) sont déjà montés aux barricades, dénonçant les risques de licenciements et de fermeture de sites de production. Le patron du groupe français, lui, reste résolument optimiste. «Nous allons créer un champion de la voiture européenne. Avec l’aide et l’expertise des gens d’Opel, nous allons faire du bon boulot!» dit-il. Ajoutant que «l’étendue des synergies et la vitesse à laquelle nous pouvons les appliquer sont assez importantes».

Grosses économies en vue

Déjà partenaires, Opel et PSA devraient pouvoir faire des économies substantielles au niveau du développement. Pour comparaison, on estime à 4,3 milliards d’euros les économies réalisées en 2016 par le rival Renault grâce à sa collaboration avec Nissan. Reste que les deux mamelles de la «recette Tavares» sont restructuration et rationalisation. Malgré les garanties données, il risque donc quand même bien d’y avoir des «dommages collatéraux» à l’avenir. (Le Matin)

Créé: 06.03.2017, 11h46

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