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12/03/2017

PoissyWebSmartCity,FranceWebAsso,MyNewsCenterNavigator & FranceWebAsso,On a beau tout avoir sur Internet et prétendre tout comprendre

La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

L’ordinateur serait donc le médecin généraliste de demain ?

Oui, l’ordinateur fera de plus en plus de diagnostics et participera à l’indication du bon traitement. Les robots vont se développer à toute vitesse. Ca fait déjà 20 ans que j’utilise de mes mains un télémanipulateur chirurgical. Demain, ce sera un robot qui assurera tout seul un certain nombre d’opérations. La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

Il y a des atouts à la machine. Elle m’aide à mieux opérer avec mes mains. Certes, comme chirurgien, je vais être en partie dépossédé de ce savoir-faire chirurgical. Mais je le répète, ce qui restera est la relation que j’aurai avec celui ou celle qui va être opéré. Je vais devenir le bio-conseiller.

On a beau tout avoir sur Internet et prétendre tout comprendre. Mais nous aurons toujours besoin d’un professionnel qui remette en perspective ce qui arrive. C’est ça, le rôle fondamental du médecin, un rôle qui est en train d’être perdu, sous la pression de la technologie et de la vitesse de consultation. Il faut de la médecine lente.


« Remplacé par la machine, le médecin de demain aura le rôle d’un conseiller »

Par

Guy Vallancien, chirurgien, prédit, dans son ouvrage « La médecine sans médecin », l’évolution du rôle du médecin vers celui de pilote et conseiller. Entretien.

La machine pourrait peu à peu remplacer le médecin, en le dépossédant de son savoir-faire technique et chirurgical. Pour autant, ce serait une bonne nouvelle pour le patient. Le médecin sera d’autant plus disponible pour guider et rassurer son patient. Ou comment la machine en médecine peut humaniser davantage la relation médecin-patient. C’est, en tout cas, la prédiction qu’émet Guy Vallancien, chirurgien, membre de l’Académie nationale de médecine, président de l’Ecole européenne de chirurgie dans son ouvrage « La médecine sans médecin. Le numérique au service du malade », coll. Le Débat, Gallimard.

Dans votre ouvrage « La médecine sans médecin », vous associez les progrès récents et conséquents de la médecine connectée, à l’impact de l’invention du stéthoscope. Vous vous éloignez de toute tentation à céder à l’apitoiement, face à cet essor de la « technomédecine ».

Guy Vallancien : Oui, on croit toujours que c’était mieux avant. C'est pour ça que je rappelle, dans mon livre, les drames vécus depuis l’an 1000, où la France était cannibale. En Bourgogne, on mangeait des gens, tant la faim était forte. Des gens étaient assassinés sur les routes pour les manger. On vendait de la viande humaine au marché de Tournus.

La France n’était pas si rose à l'époque. Et les progrès que nous avons connus depuis sont gigantesques. Mais ils ne sont rien à côté de la mutation magistrale que nous sommes en train de vivre dans tous les domaines de l’économie humaine. Et la médecine n’y échappe pas.

Par « médecine sans médecin », j’entends que mon cerveau fonctionne par algorithmes. Pour faire un diagnostic, le médecin que je suis va chercher des éléments. On en agrège, on en élimine d’autres. Et on aboutit à deux, trois hypothèses. Je suis un algorithme vivant, biologique. Et bientôt, l’ordinateur qui est à côté de moi me remplacera.

L’intelligence artificielle pourra-t-elle dresser un diagnostic ?

Oui, bien sûr.

À partir d’informations données par le patient à l’ordinateur, ce dernier va les agréger et aboutir à des hypothèses diagnostiques. L’ordinateur m’aidera, parce qu’il ira chercher des causes, que je ne connais pas ou que je n’ai plus en mémoire. On pourra aussi observer la même chose, au point de vue du traitement. Aujourd'hui, on génotype les tumeurs. On sait que pour une même tumeur, certains malades auront des métastases et d’autres, pas. Et on le saura grâce au génome. En tant qu’urologue et chirurgien, je ne suis pas en mesure d’analyser trois milliards de bases. La machine, elle, en analysant ces données, sera en mesure de préconiser tel ou tel traitement.

Je serai dépossédé des outils qui faisaient mon métier de médecin, techniquement. En revanche, ce qui restera est la relation humaine. Le médecin sera à la disposition du malade, qui, quoi qu’il arrive, ne croira jamais l’ordinateur. Il aura toujours besoin d’une personne qui le conforte.

La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

L’ordinateur serait donc le médecin généraliste de demain ?

Oui, l’ordinateur fera de plus en plus de diagnostics et participera à l’indication du bon traitement. Les robots vont se développer à toute vitesse. Ca fait déjà 20 ans que j’utilise de mes mains un télémanipulateur chirurgical. Demain, ce sera un robot qui assurera tout seul un certain nombre d’opérations. La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

Il y a des atouts à la machine. Elle m’aide à mieux opérer avec mes mains. Certes, comme chirurgien, je vais être en partie dépossédé de ce savoir-faire chirurgical. Mais je le répète, ce qui restera est la relation que j’aurai avec celui ou celle qui va être opéré. Je vais devenir le bio-conseiller.

On a beau tout avoir sur Internet et prétendre tout comprendre. Mais nous aurons toujours besoin d’un professionnel qui remette en perspective ce qui arrive. C’est ça, le rôle fondamental du médecin, un rôle qui est en train d’être perdu, sous la pression de la technologie et de la vitesse de consultation. Il faut de la médecine lente.

Toutes les spécialités seront-elles impactées ?

Oui, toutes et curieusement, la chirurgie, la première. Il y aura bien sûr des cas, dans la situation de traumatismes, par exemple, où l’homme fera toujours mieux que la machine. Elle ne peut opérer que sur des domaines bien réglés.

Surtout en situation d’urgence !

Oui, tout particulièrement en situation d’action militaire ou terroriste, il faudra toujours des chirurgiens capables d’opérer à toute vitesse. Mais il faut bien comprendre que le médecin va être en partie dépossédé de ce savoir-faire qui le caractérisait.

Et c'est pour ça que je parle de média-médecine : si autrefois, c'étaient mes mains, mes yeux, mes oreilles de médecin qui voyaient et opéraient, aujourd'hui, ce sont des instruments. Désormais, on n’attend pas que vous ayez une boule dans le sein, pour préconiser une mammographie. Ou des complications, pour établir un diagnostic de diabète, avec une prise de sang. Les maladies deviennent muettes. On les détecte avant qu’il n'y ait des symptômes. Et ce sont les machines qui le permettent.

Le médecin va être, de plus en plus, en pilotage d’instruments, comme les pilotes d’avion.

Avec cette évolution du rôle du médecin, n’y aura-t-il pas nécessité de faire aussi évoluer ses responsabilités ? Qui sera responsable, s’il arrive un accident, le médecin ou la machine ?

C’est déjà le cas, puisque nous sommes de plus en plus entourés d’instruments. Nous mettons en place des prothèses, des pacemakers, et nombre de matériels implantés. Et là déjà, la responsabilité devient systémique. C'est-à-dire qu’on regarde si l’instrument était défectueux ou si la pose a été mal faite, s’il y a erreur du chirurgien ou de l’industriel. Ce n'est pas nouveau et ça ne fera que s’amplifier. On partagera probablement la responsabilité.

 Notre profession est à rapprocher de celle des agriculteurs.

En revanche, dans votre ouvrage, vous pointez un danger, à savoir que cette média-médecine pourrait faire du secteur médical, une industrie, et des médecins des cadres supérieurs, enjoints à faire du chiffre. Comment éviter cet écueil ?

Oui, on vient de l’artisanat médical. Notre profession est à rapprocher de celle des agriculteurs. Deux vieux métiers. Les agriculteurs, aussi, utilisent l’ordinateur et le GPS. Le tracteur est automatisé et suivi. Des satellites regardent la longueur du champ. Et grâce aux drones, on est capable de déterminer quel type de blé a poussé. Et à ça, s’ajouter le « diagnostic » de pesticides. C'est impressionnant de voir comme cette profession a changé. La médecine, c'est pareil.

Le médecin de demain ne devra-t-il pas aussi développer des compétences d’analyse, d’interprétation, de gestion des données ? Ou sera-ce laissé à la charge d’un assistant data scientist, par exemple ?

On va sans doute parcelliser le métier. Il y aura des personnels à niveau intermédiaire. Entre l’infirmière Bac+3 et le médecin Bac+12, vous n’avez quasiment rien. Les sages-femmes ont, par exemple, un niveau master. Il faut injecter beaucoup plus de personnel du niveau master. Et il y aura des ingénieurs opérateurs qui seront formés sur des zones anatomiques données, pour travailler sur des robots donnés. Ca va totalement bouleverser le champ d’action de la médecine.

 

Egalement en audio ici. L’entretien a initialement été diffusé dans L’Atelier numérique, sur BFMBusiness.

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