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17/03/2017

PoissySmartCity, Le progrès? Il n’est apparent ni dans les statistiques de productivité, ni dans la croissance des revenus. Aux USA, le salaire médian d’un homme, ajusté de l’inflation, est plus bas qu’en 1969. Le job idéal? Un tremplin pour se réaliser

Rebellez-vous enfin !

Le progrès? Il n’est apparent ni dans les statistiques de productivité, ni dans la croissance des revenus. La machine économique s’est enrayée. La qualité de vie de la classe moyenne piétine. Aux Etats-Unis, le salaire médian d’un homme, ajusté de l’inflation, est plus bas qu’en 1969.

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Etonnamment, il en résulte non pas une révolte, mais une quête de statu quo. Tyler Cowen, professeur d’économie, le démontre de brillante manière. Son ouvrage analyse, détaille et dénonce la situation dans un livre choc, «Complacent Class» (St. Martin’s Press, 2017). Il définit cette dernière comme la classe des autosatisfaits. Le nombre serait croissant d’individus «qui acceptent, applaudissent et cherchent même à renforcer la résistance au changement».

Utiliser l’innovation contre le changement

Cette classe d’individus, influente, «utilise l’innovation, par exemple dans les technologies de l’information, pour ralentir le changement dans la vie quotidienne», explique-t-il. Les Américains ne veulent pas qu’on les dérange. La mobilité est objectivement en baisse, qu’elle soit géographique, professionnelle, ou même physique. 51% des salariés travaillent par exemple pour la même entreprise depuis au moins cinq ans (44% en 1998).

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Les Américains ne veulent surtout pas de surprises. Un exemple parmi d’autres: entre 2005 et 2012, le tiers des couples mariés s’est rencontré sur Internet. L’auteur parle de «New Culture of Matching». S’il y a un grand projet dans lequel chacun s’investit, c’est dans la quête d’un profil analogue au sein. L’entre-soi se porte bien, ainsi qu’une tendance croissante à la ségrégation. C’est l’Amérique qui ne veut pas être dérangée, celle du «Nimby» («Not In My Backyard»). Pourtant si les individus se déplaçaient dans les villes offrant de meilleurs emplois et une productivité supérieure, le produit intérieur brut (PIB) serait de 9,5% supérieur. Malheureusement, le statu quo est un but en soi.

La fin de la mobilité sociale

L’Amérique a perdu le goût du risque et «n’est plus capable de se régénérer», juge Tyler Cowen. «La génération Y est la moins entrepreneuriale de l’histoire», observe-t-il. Les statistiques indiquent que la part des moins de 30 ans à posséder une entreprise a chuté de 65% depuis les années 1980. Le nombre de start-up décroît. Elles représentaient 12 à 13% de l’économie dans les années 1980, contre 7 à 8% aujourd’hui. Environ 13,5% de l’emploi se concentre sur les entreprises de moins de cinq ans, contre 18,9% dans les années 1980. Les grandes réussites entrepreneuriales sont le fruit de personnalités appartenant aux classes privilégiées et non, comme Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, de pauvres ayant gravi toutes les marches de l’échelle sociale.

La cause du phénomène est attribuée en partie à l’Etat et à la loi, ainsi qu’à l’esprit sécuritaire. Dans les années 1950, seuls 5% des salariés avaient par exemple besoin d’une autorisation de l’Etat pour exercer leur profession. L’Etat protège excessivement cette classe sécuritaire. Et pas moins de 61% des dettes privées sont couvertes par une garantie étatique, implicite ou non, selon la Fed.

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Cette classe d’autosatisfaits se répartit en trois catégories. La première est celle des privilégiés et des bien formés. Elle est devenue un objectif politique pour Donald Trump et Bernie Sanders. La deuxième catégorie est formée de gens qui se situent au milieu de l’échelle des revenus et de la formation. C’est la classe moyenne. Elle vit correctement, mais souffre de la hausse des coûts et ne profite plus d’une amélioration de sa qualité de vie. Enfin, il y a ceux dont l’horizon économique reste «bloqué». «Leur passé, leur présent et leur futur ne sont pas heureux», selon l’auteur.

La classe des autosatisfaits ne se rebelle pas, déplore l’auteur. La différence est frappante avec une ère de violences et de mouvements sociaux comme les années 1960.

Les signes de rébellions futures semblent pourtant s’accumuler. L’ouvrage est d’ailleurs dédié «à la partie rebelle qui sommeille en chacun de nous».

La classe des autosatisfaits et l’ère sécuritaire ne sont pas éternelles. Le désengagement du citoyen aura bientôt vécu, promet Tyler Cowen. L’instabilité va renaître. Le phénomène est évident sur la scène géopolitique, mais le retour de l’action violente, par exemple à travers la cybercriminalité, ne tardera pas aux Etats-Unis. La réponse du gouvernement sera d’autant plus compliquée que la confiance a disparu ces 15 dernières années à l’égard des autorités. Tyler Cowen s’attend à ce que le géographe Richard Florida nomme la «grande réinitialisation» («Great Reset»). Le retour des conflits est programmé.

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