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14/09/2018

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Snapchat : certains médias vont pouvoir sélectionner, diffuser et monétiser le contenu des utilisateurs

Fabian Ropars, le 13 septembre 2018

Snapchat vient d’annoncer une nouveauté importante qui va donner plus de liberté aux médias dans leurs possibilités de création. Le réseau social vient en effet de sélectionner une vingtaine de partenaires, dont le média français Brut, qui pourront créer et monétiser des « Curated our stories » à partir ce contenu partagé publiquement par les utilisateurs.

Parmi les média sélectionnés, plusieurs gros noms, et plusieurs médias spécialistes du viral : Brut, CNN, Cosmopolitan, Daily Mail, Daquan, Dodo, Lad Bible, Mic, NBC, New York Post, NowThis… Ces médias pourront créer des stories à partir de contenu créé par les utilisateurs et les diffuser à l’occasion d’un événement ou d’une actualité. Ces stories de médias seront édiorialisées, et aux couleurs du média. On peut ainsi très bien imaginer des formats de stories autour d’événements sportif, de faits divers, ou de moments marquants dans l’actualité.

Snap diffusera des publicités dans ces Stories, et la monétisation sera partagée avec les médias créateurs de contenu. Ce format est en fait une extension des « Our Stories » créées par les équipes Snapchat. Il semble beaucoup plus logique de laisser des professionnels des médias faire ce travail. C’est un format populaire : le mois dernier, 75 millions de personnes ont consulté des « Our Stories ». Snap fournira aux médias des outils dédiés pour chercher et trouver le contenu approprié et pouvoir l’utiliser.

Les médias sélectionnés pourront d’ailleurs utiliser ces « Curated Stories » pour les intégrer sur leur site Internet, ou leurs réseaux sociaux. Snap précise par ailleurs que le format « Our Stories » continuera à exister.

Cette annonce montre encore une fois la capacité d’innovation de Snapchat, mais aussi sa volonté de trouvé de nouvelles sources de monétisation. Ce nouveau format sera déployé dans les prochaines semaines.

 

11/09/2018

Proust à Bénerville..C’est en 1908, alors qu’il se rend chez Louisa de Mornand et Robert Gangnat au Chalet Russe qu’il rencontre devant la villa son futur éditeur, un jeune homme de dix ans de moins que lui et cousin de Robert, Gaston Gallimard.

Proust à Bénerville

 

 

La présence de Marcel Proust à Bénerville, petite commune côtière du Calvados située entre Deauville et Cabourg, est connue avec certitude à partir de l’année 1907.
Il y est peut-être venu auparavant en excursion, lors de ses séjours d’enfant et de jeune homme en Normandie, mais nous n’avons pas trouvé pour l’instant de documents en attestant.

1907, c’est la Belle Epoque et l’apogée de la Côte Fleurie.
Bénerville, qui n’est pas encore "sur mer" mais "Bénerville par Blonville" comme en témoignent les courriers échangés entre l’écrivain et ses amis, est alors une commune d’environ deux cent habitants, établie sur les pentes du mont Canisy, dotée d’une église du 12°siècle, d’une auberge en bas de la côte sur la route de Villers et de quelques belles villas.


Plusieurs amis de Marcel Proust y résident pendant la saison d’été.
Ces amis qui attirent Marcel Proust à Bénerville ne sont pas des amis d’enfance, il les a rencontrés en 1902-1903 ; ce sont la comédienne Louisa de Mornand et le duc Armand de Guiche qui appartiennent, l’une au monde du spectacle et l’autre à l’aristocratie du faubourg Saint-Germain.


Louisa est une jeune comédienne rencontrée à Paris en 1902 avec laquelle Marcel Proust se lie d’une affection qui n’est pas dépourvue de sensualité ; elle en témoigne dans ses Mémoires : "Ce fut entre nous une amitié amoureuse, où il n’y avait rien d’un flirt banal ni d’une liaison exclusive, mais de la part de Proust une vive passion nuancée d’affection et de désir, et de la mienne, un attachement qui était plus que de la camaraderie et qui touchait vraiment mon cœur."
Quand au duc Armand de Guiche, qui possède à Bénerville la villa Montrêve, Marcel Proust l’a connu dans sa période dite des "jeunes ducs".
Armand de Guiche est le fils de Marguerite de Rothschild épousée en secondes noces par le duc de Gramont ; il est, du fait de ce remariage le frère par alliance d’Elisabeth de Gramont qui deviendra marquise puis duchesse de Clermont –Tonnerre et à laquelle Marcel Proust voue une tendre amitié.
Le duc de Guiche épouse Elaine Greffulhe, dont la famille est un modèle des Guermantes dans "la Recherche du Temps perdu".

 

 

Marcel Proust revient sur la côte normande en août 1907, après plusieurs années d’interruption, et il choisit Cabourg comme lieu de villégiature. Grâce à la location d’une voiture, il se déplace facilement, sort tous les jours et écrit à ses amis pour leur faire part du plaisir que lui donnent ces excursions. Il peut, dans une même journée, aller visiter ses amis de Bénerville, Robert Gangnat et Louisa de Mornand au Chalet Russe près de la plage de la Garenne, ainsi que les Guiche à la villa Montrêve.
Les années suivantes, lorsque sa santé le lui permet et qu’il n’écrit pas, il poursuit ses visites ; il voit ses amis de Bénerville mais aussi Réjane, Vuillard, Helleu, Montesquiou, les Clermont-Tonnerre, la comtesse Berthier, Gaston Calmette le directeur du Figaro, les Sert et bien d’autres.
Il a probablement commencé l’écriture de "la Recherche du Temps perdu" en 1905 ou 1906, dans les mois qui suivent la mort de sa mère.

C’est en 1908, alors qu’il se rend chez Louisa de Mornand et Robert Gangnat au Chalet Russe qu’il rencontre devant la villa son futur éditeur, un jeune homme de dix ans de moins que lui et cousin de Robert, Gaston Gallimard.
Sa mère possède une résidence d’été à Bénerville, le Manoir de Bénerville ou villa Lucie. Il est le fils de Paul Gallimard, architecte, grand amateur d’art, propriétaire du théâtre des Variétés.
Cette rencontre a été restituée par l’éditeur dans un recueil d’hommages que la Nouvelle Revue Française fait paraitre en janvier 1923 deux mois après la mort de Marcel Proust. Il y décrit également le diner que Proust donne à ses amis de Bénerville dans le hall du Grand Hôtel de Cabourg.
A partir de 1908 la santé déclinante de l’écrivain, sa crainte de n’avoir pas le temps d’achever son œuvre l’enferment chez lui. En septembre 1909 il écrit à Louisa de Mornant : "je suis sur le point de me cloitrer pour un long travail entrepris".
Dès lors, il se consacre à l’écriture de son roman.


Marcel Proust se rend pour la dernière fois en Normandie l’année 1914.
Il quitte Paris le 4 septembre, poussé par la guerre qui menace la capitale et il s’installe au Grand Hôtel de Cabourg. Le voyage dure 22 heures au lieu de 5heures et demi, dans des conditions difficiles. Certains de ses amis sont là ; la comtesse Greffulhe, les Clermont Tonnerre à la villa Montrêve des Guiche à Bénerville. Robert de Montesquiou dont le Palais Rose à Trouville a été réquisitionné se réfugie lui aussi à Bénerville et on le voit montant péniblement le sentier qui mène à la villa Montrêve, transportant une énorme valise. Les visites se heurtent à la fatigue de l’écrivain qui refuse parfois de recevoir ses amis.
Marcel Proust rentre à Paris le 12 octobre 1914.
Pendant les huit années suivantes, sentant ses forces le quitter, luttant contre l’étouffement, il travaille la nuit, vit pratiquement couché.
Il meurt à Paris le 18 novembre 1922.

Après leur rencontre en 1908 au Chalet Russe de Bénerville, les relations de l’écrivain et de son futur éditeur Gaston Gallimard furent mouvementées.
Gaston Gallimard devient gérant en 1910 de la prestigieuse Nouvelle Revue Française qui sera quelques années plus tard associée à la maison d’édition portant son nom.
Ce n’est qu’en 1912 que Marcel Proust reprend contact avec Gaston Gallimard pour proposer le premier tome de son roman à la NRF : "Du côté de chez Swann". Le directoire de la NRF refuse le manuscrit que l’écrivain arrive à faire éditer à compte d’auteur chez Bernard Grasset en 1913. Après de nombreuses péripéties et le revirement de la NRF, un contrat d’exclusivité est signé avec Gallimard en 1916 et en 1918 parait le deuxième tome de la Recherche, "A l’ombre des jeunes filles en fleurs" dont l’impression est complètement terminée le 30 novembre 1918.Des rebondissements, des suspens et des complications entourent la publication de l’œuvre de Marcel Proust.

Malgré la réclusion dans laquelle vit l’écrivain les dernières années de son existence, le duc de Guiche et Louisa de Mornant restent des amis fidèles. Bénerville est présente dans les pensées de Marcel Proust  comme en témoigne la lettre adressée moins de deux mois avant sa  mort à Gaston Gallimard.
C’est en mois de Septembre 1922,: "J’ai reçu de Bénerville" écrit-il "car vous n’habitez pas seul Bénerville, bien qu’y possédant le plus beau château, une lettre de Guiche relativement aux articles de Sodome et Gomorrhe. Je crois que vous la lirez avec plaisir. Elle prouve qu’un homme du monde intelligent a souvent plus de jugement que de savants critiques".

La Normandie, l'histoire de ses villes et de ses seigneurs, ses monuments et ses paysages, les rencontres que Marcel Proust y fit peuplent les pages de "la Recherche du Temps perdu". "A l’ombre des jeunes filles en fleurs", "Sodome et Gomorrhe", "la Prisonnière" ou "Albertine disparue" nous présentent des fragments de la villa Montrêve ou du petit train qui relie Cabourg à Trouville ; les belles collines où le narrateur se promène en voiture sont les sœurs du Mont Canisy et de la butte Fréville d’où la vue s’étend si loin. Louisa de Mornant ou le comte de Guiche vivent sous les traits d’Albertine, de Rachel et de Saint-Loup. Et Bénerville résonne dans les noms de Beneville et surtout de Berneville où Albertine est à la fois proche et inaccessible.

Quant à la lumière et les paysages exceptionnels des cinquante kilomètres de la Côte Fleurie, ils continuent d’exercer leur pouvoir par l’écriture de Marcel Proust.

Clarisse FONDACCI
mai 2014

 Illustrations :

- L'église de Bénerville, Charles Mozin
- Louisa de Mornand et le duc de Guiche
- les villas de Bénerville, cartes postales, collection de J.C. Bontron
- portrait de Marcel Proust en 1892 par Jacques Emile Blanche, Musée d'Orsay, Paris

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06/09/2018

Comment on arrive à détecter l’activité cérébrale,Le comportement des neurones miroirs,Le rôle des neurones miroirs,Les limites de la fonction miroir

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Les neurones miroirs : une révolution dans notre conception de la psyché !

Carolle Anne Dessureault Aucun commentaire , ,

 CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Voici le cinquième article sur les richesses incommensurables du cerveau!

L’article s’inspire du livre Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner de Patrice Van Eersel, rédacteur en chef du magazine Clés. Le présent article traite de l’entrevue réalisée par M. Van Eersel avec Pierre Bustany, neurophysiologue et neuropharmacologue, médecin et ingénieur et spécialiste des nouvelles techniques d’imagerie du cerveau.

Pierre Bustany s’intéresse depuis le début de sa pratique à l’imagerie des systèmes de neurones miroirs, au stress et aux troubles relationnels, au choc amoureux ainsi qu’aux traumatismes psychiques dans la petite enfance.

D’après lui, un vieux cerveau est plus entraîné qu’un jeune, car il reconnaît les raccourcis neuronaux et fonctionne à l’économie. Voilà une affirmation qui brasse les préjugés ou croyances que la plupart d’entre nous entretenions sur les performances d’un vieux cerveau comparativement à un jeune !

Des liens entre fonctionnement cérébral et cognition (stress traumatique)

Pierre Bustany s’est concentré ces dernières années sur les liens entre fonctionnement cérébral et cognition lors d’un stress traumatique avec l’objectif de cerner les causes de la résilience.

Avec un groupe de scientifiques, il a cherché à identifier les liens entre neurones et pensée, dans l’ouverture d’esprit la plus large entre science et philosophie. Pierre Bustany a travaillé avec le PET-scan (la première caméra à positons). Plus qu’une radiographie ou un scanner classique qui donne des renseignements anatomiques immobiles du cerveau, le PET-scan montre le cerveau en action.

En suivant les radioéléments à vie courte utilisés en médecine nucléaire, donc à radioactivité légère, que l’on a injectés dans le sang du sujet le PET-scan repère ce qui, dans le cerveau, est en action.

Aujourd’hui, c’est chose courante de regarder fonctionner le cerveau, à observer en détail comment il s’active en réponse à telle ou telle stimulation. Le PET-scan ne voit que ce qui est actif, car la molécule de glucose ou d’oxygène (marquée radioactivement avant d’être injectée) n’est absorbée que par les neurones en train de travailler dans le cerveau de la personne au moment où on l’enregistre. Si on lui tape sur les doigts, l’image va s’allumer au niveau du cortex sensitif de la douleur de l’index frappé. Si elle a peur du choc avant la tape, ce seront des noyaux profonds du cerveau qui s’allumeront, responsables de l’émotion de la peur, etc.

Comment on arrive à détecter l’activité cérébrale

En français, le PET-scan devrait être identifié comme «TEP-scan». TEP pour «tomographie par émission de positons.» Un positon est un électron positif, c’est-à-dire un électron d’antimatière. Quand il s’échappe du radioélément qu’on a injecté au patient – par exemple une molécule de glucose légèrement radioactive, dont les neurones ont besoin pour agir – ce positon ne tarde pas à rencontrer un électron et, dans le choc matière/antimatière, les deux s’annihilent, émettant deux rayons de lumière gamma exactement à l’opposé l’une de l’autre. En ayant installé des détecteurs tout autour de la tête du patient, on peut savoir sur quelle ligne se trouvait le produit radioactif, et ainsi, en rassemblant un grand nombre de détections de rayons gamma, dresser une carte de l’activité cérébrale.

De nos jours, l’imagerie par résonance magnétique nucléaire fonctionnelle (IRMf) montre l’activation de nos neurones plus rapidement et avec une précision beaucoup plus grande que le PET-scan. L’IRMf fait produire aux noyaux atomiques de l’organisme un champ magnétique qu’un détecteur circulaire peut capter et traduire en une image en trois dimensions – et donne une résolution de l’ordre d’un millimètre et demi (alors que le PET-scan est de l’ordre du centimètre). De plus, il évite l’irradiation puisqu’on travaille avec un champ magnétique et non plus avec des isotopes radioactifs.

Le PET-scan est pertinent en médecine pour tout ce qui relève de l’étude réelle du métabolisme, notamment du typage et de l’extension des tumeurs, fonction essentielle. On peut aussi suivre le trajet d’un médicament avec le PET-scan (alors que c’est compliqué avec l’IRM) parce que les molécules des médicaments sont énormes et que la résonance magnétique change leur comportement.

En revanche, pour l’observation du fonctionnement du cerveau, les résultats sont plus rapides avec l’IRM fonctionnelle.

Le comportement des neurones miroirs

Chez le singe, le système des neurones miroirs est beaucoup plus simple que chez l’homme. Il sert essentiellement à préparer le cerveau à lancer une action tendue vers un but significatif, par exemple, tendre la main pour se saisir d’une banane.

Chez l’homme, on grimpe de plusieurs degrés dans la complexité. D’abord, le geste d’un autre peut être imité par nos neurones même si ce geste est « abstrait » et ne conduit à rien d’autre qu’à lui-même.

Le modèle des neurones miroirs a ainsi permis de montrer qu’en regardant quelqu’un sauter en l’air, servir au tennis ou shooter dans un ballon, nous activons, sans en exprimer le geste, les neurones correspondants de notre cortex prémoteur. Nous pouvons faire de la gymnastique sans bouger. Les grands sportifs le savent ! Ils utilisent des méthodes de « visualisation de la victoire » pour entraîner leur système nerveux à mieux atteindre celle-ci. Sans les nouvelles techniques d’imagerie, tout cela serait resté hypothétique et obscur.

Le rôle des neurones miroirs

Principalement, les neurones miroirs servent à nous préparer à l’action, en renforçant les voies neuronales de notre cerveau moteur. Plus nous répétons l’activation d’une voie, même par simple imagination, plus cette voie se renforce et plus le geste auquel elle correspond va devenir facile, automatique. Si nous entraînons classiquement les muscles de nos doigts tous les jours pendant plusieurs heures, au bout d’une semaine nous pourrons les bouger environ 50 % plus vite.

Ce que la neuro-imagerie nous montre de génial, c’est que si nous avons visualisé en pensée l’action de bouger nos doigts, ou même simplement regardé quelqu’un d’autre le faire, nous pouvons améliorer notre vitesse d’exécution de 20 % ou de 30 %. TOUT CELA GRÂCE AU SYSTÈME MIROIR. C’est donc un processus qui économise l’énergie en préparant l’action en amont. En voyant quelqu’un faire un geste qui nous intéresse, ou en nous imaginant le faire nous-mêmes, nous nous en facilitons l’éventuelle exécution.

Les chercheurs confirment l’hypothèse selon laquelle un musicien pourrait entraîner sa dextérité, donc son cerveau moteur, simplement en lisant ses partitions dans sa tête, ou même en s’imaginant jouer, les yeux fermés.

D’autre part, l’activité neuronale d’un néophyte est moins intense que celle d’un expert, d’un amoureux de l’art ou de ce à quoi il porte son intérêt.

Si les chercheurs scannent le cerveau d’un peintre ou d’un grand amateur de peinture regardant un tableau, on y trouvera une activité neuronale intense. Cette activité sera moindre chez le néophyte. Un musicien écoutant jouer un autre musicien va spontanément analyser si celui-ci joue juste ou pas, de combien il est décalé par rapport au diapason, à quel rythme il joue, avec quel style, quelle tonalité, sans compter le jugement qu’il portera sur le choix du morceau, l’histoire de ce dernier … bref, une infinité de données que nous ignorons si nous n’avons pas nous-mêmes étudié la musique pendant des années. Le système VISE L’EFFICACITÉ ET L’ÉCONOMIE.

Les neurones miroirs existent-ils dans toutes les parties du cerveau?

Il semblerait qu’on les retrouve un peu partout dans le cerveau. Il faut surtout parler du « fonctionnement en miroir » de nombreux systèmes de neurones.

Le mimétisme neuronal passe par la fonction visuelle. Exemple : si une personne voit une autre personne donner un grand coup de marteau sur ses doigts, sa réaction en miroir fera qu’elle saisira (inconsciemment) sa propre main d’un geste vif, tout en pensant : « Ouf, il a dû se faire mal ! »

Souvent, la fonction miroir est synesthésique, passant par plusieurs sens à la fois. Si, par exemple, vous voyez quelqu’un adopter la mimique du dégoût, vous aurez facilement tendance à l’imiter, avec l’impression de sentir, dans vos narines, une odeur putride. Il s’agit d’un réflexe quasiment « câblé » génétiquement dans nos circuits neuronaux olfactifs et moteurs. Notre espèce sait depuis des centaines de milliers d’années que ce qui sent mauvais est généralement pourri et ne doit pas être consommé.

C’est si puissant, que lorsque nous regardons un visage exprimant le dégoût, notre système miroir peut très bien provoquer chez nous des réactions de dégoût réel, avec haut-le-cœur, sueur, peur et autres réactions psychosomatiques (pensons un peu à quelqu’un qui mangerait des vers vivants devant nous …. Hum !)

Les limites de la fonction miroir

Un professeur de danse, qui s’entraîne depuis trente ans et exécute à la perfection un certain enchaînement, et si ses élèves le regardent et usent de leurs neurones miroirs et tentent de l’imiter, malgré tout, ils n’y parviennent pas. Parce que trente ans de travail ont fait intégrer au maître une coordination neuronale complexe inaccessible à des débutants.

Il n’est donc jamais trop tard. Il s’agit d’utiliser cette capacité extraordinaire de notre cerveau et de l’entraîner, par la visualisation, comme ci-dessus mentionné, par l’imitation, par la rigueur, dans le but d’élargir nos horizons et réaliser nos objectifs.

L’effet miroir commence dès la naissance

Un bébé n’a aucune inhibition : on tire la langue, il tire la sienne ; on sourit, il sourit ; on pleure, il pleure ; Le nouveau-né est hypersensible et développe étonnamment vite des méthodes d’analyse du regard de sa mère. Il relie très bien telle expression du regard de celle-ci au fait qu’elle est contente ou pas. Au bout de quelques mois, il suffit de froncer les sourcils pour qu’il se mette à pleurer – parce qu’il sent intérieurement une altération du bien-être de sa mère. Tout cela passe intégralement par les neurones miroirs.

Au début, seul le système visuel est concerné, puis, peu à peu, le système auditif s’intègre au processus, même si la parole n’est pas encore au programme. L’enfant entend quelque chose, son cerveau analyse les sons et les mémorise, se constituant une grammaire acoustique, par étude statistique des groupes de phonèmes dans les paroles que son entourage déverse sur lui.

Le petit enfant n’utilise son système miroir que pour imiter, pas pour comprendre le but des actions vues. Vers quatre ou cinq ans, il commence à mentir et s’amuse à « faire comme si ». Il comprend qu’il peut imagjner des choses, appréhender ce qui se passe dans la tête des autres, jouer en groupe et manipuler sciemment autrui, sa dépendance totale à son système miroir se relâche alors petit à petit. Il découvre qu’il peut jouer dans ce système miroir pour mimer des sentiments et faire croire à autrui quelque chose qu’il ne ressent pas.

En conclusion, les neurones miroirs constituent une révolution dans notre conception de la psyché et de la condition humaine.

À suivre.

 

Carolle Anne Dessureault

Née au Québec, Carolle Anne Dessureault a occupé plusieurs postes en administration, dont celui de vice-présidente dans un parc technologique de la province. Elle est auteure de plusieurs ouvrages. Médaillée d'argent en art oratoire chez Toast Masters, elle a donné des centaines de conférences sur le bien-être intérieur. Elle a voyagé dans une trentaine de pays. Elle croit profondément dans l'épanouissement de la personne par la pratique de l'attention vigilante : la pleine conscience.

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