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13/04/2018

Un argument trompeur sur la réduction de l’ISF, Une confusion sur le nombre de classes en milieu rural, Une exagération sur les dotations aux collectivités territoriales

megaphone-clip-art-9cp4KXRcE.jpegEmmanuel Macron a défendu son action face à Jean-Pierre Pernaut, jeudi 12 avril, lors du journal de 13 heures de TF1. « Faut pas raconter des carabistouilles à nos concitoyens, hein ! », a-t-il notamment lâché au cours de cet entretien d’une heure, où une grande variété de sujets ont été abordés, de la Syrie à la SNCF en passant par le pouvoir d’achat des retraités, l’éducation ou la fiscalité. Mais le chef de l’Etat s’est parfois quelque peu arrangé avec les faits. Retour sur cinq de ses déclarations.

Un argument trompeur sur la réduction de l’ISF

Ce qu’il a dit

« Quand les gens disent par exemple : “Vous avez supprimé l’impôt sur la fortune”… Non, on ne l’a pas supprimé », a déclaré Emmanuel Macron. Selon lui, il est « tout à fait légitime » que les riches paient des impôts quand ils « accumulent » de l’argent, mais « s’ils réinvestissent cet argent dans l’économie française, dans les entreprises, les start-up, dans l’agriculture, je ne veux pas qu’ils en paient. Et c’est ce qu’on fait. Pourquoi ? Parce qu’on est des patriotes. Ce n’est pas de l’injustice, c’est une politique d’investissement. »

POURQUOI C’EST TROMPEUR

La transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) par le gouvernement est en fait une réduction d’environ 3,2 milliards d’euros, par une modification de ce qui est imposé : seuls les biens immobiliers sont désormais frappés par sa nouvelle version, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), alors que le patrimoine assujetti à l’ISF comportait jusqu’ici également les placements financiers, les liquidités (espèces, comptes courants, etc.), les meubles, les véhicules, les chevaux de course, les bijoux…

Emmanuel Macron a raison de souligner que les investissements, hors immobiliers, réalisés dans l’économie française ne seront plus frappés par l’IFI. Mais son argumentaire occulte un point crucial du débat suscité par la réforme : l’exonération ne concerne pas que ces investissements. Les sommes investies à l’étranger ou celles qui ne seraient pas investies du tout (par exemple, les liquidités bancaires ou les objets de valeur) sont également exonérées dans la nouvelle mouture de l’impôt.

Quoi qu’on pense de cette mesure et de son bien-fondé, il est trompeur de la présenter et de la défendre comme une seule « politique d’investissement ».

Lire aussi :   Que change la réforme de l’ISF d’Emmanuel Macron ?

Les bénéfices de l’ouverture à la concurrence ne sont pas automatiques

Ce qu’il a dit

Interrogé sur la réforme de la SNCF, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté d’« aller au bout » de l’ouverture à la concurrence. Il confirme la transformation de l’entreprise en société anonyme (SA) à capitaux publics, la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés et une reprise progressive de la dette en fonction de l’avancée des réformes. Pour justifier son bien-fondé, il évoque l’exemple allemand :

« Cette réforme, les Allemands ont à peu près fait la même, regardez ce qui s’est passé avec le recul : meilleur service, plus de gens qui prennent le train et plus de petites lignes… »

POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ

Dans le débat sur l’ouverture à la concurrence du rail européen, l’Allemagne est souvent prise pour un modèle de réussite. Sur les lignes régionales, qui ont été confiées aux Länder, les opérateurs privés représentent 25 % des trains. En revanche, sur les grandes lignes, l’entreprise historique, la Deutsch Bahn, reste en situation de quasi-monopole (99 %). Comme le dit Emmanuel Macron, la réforme a permis la modernisation et l’ouverture de petites lignes, une hausse de la fréquentation, mais pas de baisses de tarifs.

Mais la réforme de la Deutsch Bahn, en 1994, ne s’est pas déroulée tout à fait dans les mêmes conditions. Elle a d’abord été dictée par la réunification, et par la nécessité de fusionner la Bundesbahn de l’Allemagne de l’Ouest et la Reichsbahn de la RDA, toutes deux déficitaires. La DB est restée une entreprise 100 % publique, mais le nombre de cheminots a baissé brutalement, de plus de 100 000 cheminots entre 1994 et 2001.

A l’époque, l’Etat allemand a accepté d’éponger une dette ferroviaire de 35 milliards d’euros, ce que la France n’a jamais voulu faire. Pourtant, si la DB réalise des bénéfices, elle s’est à nouveau lourdement endettée, au fil d’acquisitions notamment à l’étranger, pour un total de 20 milliards d’euros. La réforme a donc eu un fort impact social et n’a pas permis d’empêcher l’endettement.

Par ailleurs, les autres exemples européens montrent la difficulté de trouver le bon équilibre : en Italie, les prix des grandes lignes ont baissé, mais la qualité de service et la sécurité se sont dégradées sur les lignes régionales ; au Royaume-Uni, les tarifs ont augmenté (ainsi que la fréquentation), et l’Etat a repris le contrôle du réseau après une privatisation jugée catastrophique.

Lire aussi :   Comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europe

Enfin, le président de la République évoque la téléphonie comme un secteur où la concurrence a permis des baisses de prix. Rappelons que les trois principaux opérateurs (Orange, Bouygues et SFR) ont été condamnés en 2012 pour avoir mis en place une entente, visant justement à limiter les effets de la concurrence. L’arrivée d’un quatrième opérateur, Free, a certes favorisé l’apparition de forfaits à petits prix, mais il a aussi accéléré la recomposition du secteur et a entraîné des milliers de suppressions d’emploi. L’opérateur est parfois accusé d’avoir favorisé une forme de casse sociale et d’avoir tiré les investissements vers le bas.

Taxe d’habitation et CSG : non, tous les retraités ne s’y « retrouveront » pas

Ce qu’il a dit

Interrogé sur la baisse de pouvoir d’achat que représente la hausse du taux normal de CSG de 1,7 point pour les 60 % de retraités les plus aisés, Emmanuel Macron a promis une amélioration de leur situation dans les mois qui viennent :

« Attendez le 1er novembre, vous aurez un tiers de taxe d’habitation en moins […]. Et elle sera supprimée entièrement dans les trois ans. […] L’un dans l’autre, sur le pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver. »

POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ

1. C’est plutôt faux en 2018

Les retraités concernés par la hausse de la CSG sont les célibataires qui ont un revenu fiscal de référence rapporté au mois de plus de 1 200 euros ou les couples dont ce revenu dépasse 1 840 euros par mois.

Ceux qui ont un revenu fiscal de référence mensuel inférieur à 2 250 euros pour un célibataire et à 3 580 euros pour un couple bénéficieront dès 2018 de la baisse progressive de la taxe d’habitation. Pour les autres, la CSG sera une perte sèche en 2018 et en 2019.

La baisse d’un tiers de la taxe d’habitation peut-elle compenser la hausse de CSG ? Prenons l’exemple d’un couple de retraités qui a 2 000 euros de revenus et qui dépasse donc de peu le seuil concerné par la hausse de CSG. A grands traits, cette dernière représente pour eux une perte de 34 euros par mois pour une pension de retraite de 2 000 euros, soit environ 408 euros par an (attention : pour être tout à fait rigoureux, il faudrait étudier des situations précises et intégrer au calcul le fait que la hausse de la CSG est en partie atténuée par une baisse d’impôt sur le revenu).

Ce couple fictif devrait avoir payé l’an dernier une taxe d’habitation de 1 200 euros au moins pour que la baisse de 2018 compense la hausse de CSG. Or, la taxe d’habitation moyenne est de 780 euros. En 2019, en revanche, ce même couple serait gagnant dès lors que sa taxe d’habitation de 2017 était supérieure à 600 euros.

Malgré l’existence de situations très diverses, on peut retenir qu’une part considérable des retraités les plus aisés seront perdants en 2018, même en bénéficiant de l’exonération partielle de la taxe d’habitation.

2. C’est plutôt vrai pour 2020

La situation se clarifiera en revanche en 2020 avec la disparition de la taxe d’habitation pour tous. A cet horizon, la balance des deux mesures (hausse de la CSG et suppression de la taxe) sera favorable à la plupart des ménages. Par exemple, tout ménage retraité qui paie une taxe d’habitation dans la moyenne aujourd’hui (autour de 780 euros) ou supérieure et gagne moins de 4 000 euros par mois sera gagnant.

Lire aussi :   Les retraités, « privilégiés » ou « vaches à lait » ?

Une exagération sur les dotations aux collectivités territoriales

Ce qu’il a dit

Emmanuel Macron a cité un « maire d’un village voisin » qui l’aurait remercié parce que « pour la première fois depuis huit ans », les dotations de l’Etat au budget des communes n’ont pas diminué.

« Toutes les majorités précédentes […] les ont baissées. Pour la première fois, toutes les petites communes ont eu leurs dotations maintenues. Faut pas raconter des carabistouilles à nos concitoyens, hein ! »

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

Les dotations, principalement la dotation globale de fonctionnement (DGF), représentent l’enveloppe allouée par l’Etat aux collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements, régions). Dans l’ensemble, Emmanuel Macron a raison de parler de baisse : de 41,5 milliards d’euros en 2013, la DGF pour l’ensemble des collectivités est passée à 30,8 milliards en 2017, soit une chute de 25 % environ. Il a également raison de dire l’avoir maintenue en 2018 : elle doit même légèrement augmenter cette année pour atteindre 30,98 milliards d’euros.

Mais il est faux de dire que c’est la première fois en huit ans que ces dotations sont gelées (maintenues au même montant) plutôt que baissées : ce fut déjà le cas à plusieurs reprises : en 2011, où elles furent maintenues au même niveau, avant une légère hausse l’année suivante, puis de nouveau en 2013. 2014 verra une baisse d’1,5 milliard d’euros, puis 3,7 milliards l’année suivante et à nouveau en 2016.

L'enveloppe totale de la DGF a largement diminué depuis 2013

 
0 Mds €5 Mds €10 Mds €15 Mds €20 Mds €25 Mds €30 Mds €35 Mds €40 Mds €45 Mds €20082009201020112012201320142015201620172018
 
Source : Projets de loi de finances

Le constat est similaire si l’on regarde les seules communes et intercommunalités : en 2013, par exemple, ces dernières ont vu leurs dotations augmenter légèrement (+ 0,4 %). Elles ont en revanche nettement baissé dans les années qui ont suivi.

Pour 2018, si l’enveloppe globale reste stable par rapport à 2017, différents calculs d’écrêtements et de minorations (liés à la population et à la richesse des collectivités) conduiraient, selon la Caisse des dépôts des territoires, à baisser la dotation forfaitaire dans 18 000 communes.

Une confusion sur le nombre de classes en milieu rural

Ce qu’il a dit

Devant Jean-Pierre Pernaut, Emmanuel Macron s’est défendu de maltraiter les écoles des petites communes rurales. Selon lui, ces dernières bénéficieront au contraire de 1 000 créations de classe, alors qu’elles perdent des élèves :

« A la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins qui rentrent en CP, 32 000 ! On ne peut pas faire comme si de rien n’était. Et pourtant on va ouvrir près de 5 000 classes.
— Mais pas à la campagne…
— Si, on va en ouvrir un peu plus de 3 000 pour dédoubler dans les zones les plus difficiles, dont certaines sont à la campagne […], et on va ouvrir 1 000 classes dans le rural. Alors que dans le rural seul, on va perdre 20 000 élèves de CP l’année prochaine, on ouvrira 1 000 classes. »

POURQUOI C’EST FAUX

Première précision : la baisse de la démographie entraîne en effet une réduction des effectifs. Les 32 000 élèves en moins qu’évoque Emmanuel Macron ne correspondent pas aux seuls effectifs en classe de CP, mais à l’ensemble des écoles maternelles et élémentaires, comme l’a précisé au Monde le ministère de l’éducation nationale (32 650 élèves précisément). Ce creux démographique touche particulièrement les campagnes, puisque 20 000 de ces élèves sont concentrés dans les 45 départements considérés comme les plus ruraux par le ministère.

Surtout, il n’y aura pas 1 000 classes en plus à la rentrée prochaine dans ces départements ruraux, mais plutôt 200 à 250 classes en moins, selon les chiffres du ministère. En effet, un peu moins de 800 classes seront ouvertes, mais près de 1 000 seront fermées dans le même temps. Au niveau national, ce sont 5 000 classes qui devraient ouvrir, contre 4 000 qui fermeront. Soit 1 000 classes de plus… mais sur l’ensemble du territoire.

Le ministère de l’éducation nationale assure que cette répartition n’est pas injuste pour les départements ruraux, si l’on tient compte de leurs effectifs : finalement, le taux d’encadrement, c’est-à-dire le nombre d’enseignants rapportés à celui des élèves, devrait même être en hausse dans « tous les départements » à la rentrée prochaine, nous assure-t-on.

 
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25/01/2018

« Eduquer autrement et créer une école idéale »C’est une première en France ! PoissySmartCity&FranceWebAsso,Yvelines Numériques,MyNewsCenterNavigator;Ces actualités peuvent vous intéresser

PoissySmartCity avec StefanV.Raducanu,MyNewsCenterNavigator&FranceWebAsso> > La Vie, La Vie! , La Vie? La planète est mon village ! Classes européennes...Nous devons être solidaires du vivant comme du futur,Vers un accaparement de la vie par l’économie ?

StefanV.Raducanu.jpgStefan V.Raducanu et son temps -> " La Vie " est le mot-clé de cette journée

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C’est une première en France ! Le Département des Yvelines met à la disposition des collèges la version numérique des journaux « Mon Quotidien » et « L’Actu », que Play Bac édite spécifiquement pour les élèves, de la 6ème à la 3ème, en français et en langues étrangères.

CaptureLes quotidiens et hebdos de l’éditeur Play Bac sont conçus pour les écoliers, collégiens et lycéens et recommandés par les professeurs. De bons outils donc, pour les aider à mieux comprendre le monde qui les entoure et progresser dans la maîtrise du français, de l’anglais, de l’espagnol et/ou de l’allemand puisque des versions dans ces diverses langues seront publiées en ligne.

« Avec cette nouvelle ressource, nous complétons notre offre éducative et numérique vers les collèges, afin de favoriser les apprentissages et l’ouverture au monde », explique Cécile Dumoulin, Vice-présidente en charge des Collèges.

Yvelines Numériques, qui a la délégation de compétence du Conseil départemental pour déployer le numérique dans les collèges, a décidé de créer un partenariat inédit avec Play Bac pour offrir aux 65 000 collégiens yvelinois, l’accès à ces journaux en ligne.

« C’est une première en France, et nous espérons donner envie à d’autres collectivités d’en faire autant », se réjouit Gildas Rouault, Directeur du Plan numérique pour l’Education.

Les élèves de 6ème et de 5ème découvriront ainsi le journal « Mon Quotidien » qui s’adresse particulièrement à leur classe d’âge, tandis que ceux de 4ème et de 3ème seront plus sensibles à « L’Actu », qui leur est davantage dédié.
Tous pourront lire en ligne les suppléments hebdomadaires en langue étrangère : « My Little weekly » et « My Weekly » en anglais, « Meine Woche » en allemand et « Mi Semanal » pour la version espagnole.

Prérequis

Faire développer la solution technique nécessaire pour permettre l’accès en ligne, sans authentification supplémentaire de l’utilisateur, une fois connecté à l’ENT (Environnement numérique de travail). C’est la société Itop, éditeur de l’ENT NetCollège déployé sur les établissements des Yvelines, qui a réalisé ce connecteur indispensable.

Le groupe Play Bac

L’entreprise Play Bac a été créée en 1985 par trois amis d’enfance : Gaëtan Burrus, François Dufour et Jérôme Saltet. Leur rêve ? « Eduquer autrement et créer une école idéale ». Parmi leurs inventions : Les Incollables (1989) et Mon Quotidien (1995).

Yvelines Numériques

Créé en 2016, cet établissement d’aménagement numérique du territoire, réunit le Conseil départemental des Yvelines et les intercommunalités yvelinoises pour porter les projets digitaux en synergie. Il a pour mission centrale le développement et le pilotage de nouveaux services numériques innovants et mutualisés.

 

23/12/2017

PoissySmartCity&FranceWebAsso,LA VIE CONTINUE AVEC NOUS, Découvrez un lieu de vie d'exception dédie au bien-être de nos lecteurs..

Nous devons à nos concitoyens une Europe riche d’un avenir redessiné, Ing.Stefan V.Raducanu, passeur entre des idées et des hommes, des principes et des réalités avec FranceWebAsso

MyNewsCenterNavigator & FranceWebAsso, Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille? Ing.Stefan V.Raducanu, passeur entre des idées et des hommes, des principes et des réalités avec FranceWebAsso

Singapour : Lee Kuan Yew, le despote « pragmatique »

Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ?

Par Guy Sorman.

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La mort de Lee Kuan Yew, à 91 ans, dans l’État qu’il a fondé, invite à s’interroger sur cette expérience unique. Singapour est-il même un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ? Le fondateur parti en retraite avait passé le commandement à son fils, l’actuel Premier ministre. Celui-ci m’a rétorqué que Singapour était bien un État puisqu’il disposait d’une armée et d’une politique étrangère. Certes, mais la flotte américaine est la véritable protection de la Cité.

Singapour est tout de même un succès économique embarrassant parce qu’il n’entre dans aucune catégorie classique, ni socialiste, ni libéral. Sans doute devrait-on le considérer comme une forme de despotisme éclairé, à la manière des cités italiennes du Quattrocento ou des utopies imaginées au Siècle des Lumières. Peut-on tirer de cette singularité quelque enseignement universel ?

Les dirigeants de Pékin depuis Deng Xiaoping en 1979 (il appartenait au même peuple que Lee Kuan Yew,  Hakka de Chine du Sud) se sont intéressés de près à Singapour et Lee Kuan Yew n’était pas avare de conseils : l’alliance d’une économie dynamique et de l’autoritarisme politique, bon pour Singapour, ne l’était-il pas pour la Chine ? Les dirigeants de Pékin ont emprunté à Singapour le caractère mixte de l’économie chinoise, des infrastructures publiques accueillantes pour des entrepreneurs privés. Les Communistes chinois sont fascinés par le Parti d’action populaire (fondé par Lee Kuan Yew), le PAP qui dans des élections presque libres, obtient généralement 90% des voix. La comparaison s’arrête là parce que l’expérience d’une cité-État de six millions d’habitants, paraît inapplicable à un continent qui en compte un milliard et demi.

Et Lee Kuan Yew fut un despote mais pas sanguinaire comme les communistes chinois : les intellectuels dissidents à Singapour – il s’en trouve – ne sont pas incarcérés, mais se voient offrir une bourse pour étudier dans une université occidentale. Les adversaires de Lee Kuan Yew étaient souvent nommés ambassadeurs à la condition de rester en poste, au plus loin. C’est que Lee Kuan Yew, formé en Grande-Bretagne, comme son fils, savait ce qu’était l’État de droit. Il savait que la stabilité du droit était la condition essentielle du développement. Cet État de droit est garanti par une justice indépendante, une police incorruptible et une bureaucratie au-dessus de tout soupçon. L’un des traits les plus originaux de Singapour est que les fonctionnaires y sont mieux payés que les cadres des entreprises privées ce qui attire les meilleurs ; en contrepartie, aucune corruption n’est tolérée, au contraire de la Chine et des régimes autocratiques en généra

Un autre trait singulier de Singapour est la préférence que Lee Kuan Yew accordait à la propriété privée du logement : la Cité est une nation de propriétaires, aidés par des crédits avantageux. Lee Kuan Yew estimait que la propriété, embourgeoisait les esprits et dissuadait de voter pour l’opposition.

Les critiques de Singapour avancent généralement deux allégations majeures. La première, économique, est que la ville aurait seulement bénéficié de sa situation géographique, point de passage obligé sur une route maritime où transite 60% du fret mondial. Certes, mais je me souviens de Singapour dans les années 60, il y régnait une extrême pauvreté. Ce sont bien les infrastructures et la sécurité organisées par Lee Kuan Yew qui ont fait le Singapour actuel. L’autre critique, politique, regrette le manque de liberté d’expression, le mépris de l’opposition, voire l’ennui qui pèse sur la ville. Cette critique fondée doit être tempérée comme soulignée plus haut par la prévisibilité du droit. Par ailleurs, l’option sécuritaire du régime peut se justifier par l’hétérogénéité de la population, la présence d’une forte communauté musulmane qui n’est pas sourde aux appels islamistes venus des pays voisins : quand les imams prêchent dans les mosquées de Singapour, les portes doivent obligatoirement rester ouvertes. Enfin Singapour évolue : non seulement on s’y ennuie moins, mais le PAP n’exclut pas de perdre un jour prochain les élections pour entrer dans une démocratie d’alternance.

Par-delà ces circonstances et la personnalité de son fondateur, se pose la question complexe de la relation entre développement économique et démocratie. La quête d’une relation quantifiable, prévisible n’a pour l’instant pas abouti. L’Inde a longtemps été une démocratie au taux de croissance zéro, la Chine est totalitaire et croît, la Corée du Sud et Taïwan se sont envolées aux ordres de dictateurs, le Chili de Pinochet progressait plus vite que l’Argentine démocratique, l’Éthiopie et le Rwanda progressent sans démocratie : tous les cas de figure coexistent. Le théorème de Samuel Huntington envisageant qu’à partir d’un certain revenu, tout régime autoritaire se démocratise, n’a été vérifié qu’à Taïwan et en Corée du Sud, sous la pression des États-Unis.

On envisagera qu’il existe sans doute une relation entre démocratie et développement mais trop complexe pour être théorisée. On envisagera aussi que démocratie et développement sont l’une et l’autre des valeurs en soi qui méritent d’être poursuivies par des combats et des moyens qui ne coïncident pas nécessairement. Au moins faut-il éviter que ces moyens ne se contredisent : par exemple, les militants du Printemps arabe en Égypte se battaient pour la démocratie tout en se réclamant d’un socialisme et d’un nationalisme anti économiques. Les Tunisiens en revanche, font progresser de pair la démocratie et l’économie de marché.

Pour en revenir à Lee Kuan Yew, il se définissait comme « pragmatique » : le pragmatisme est une pensée malheureusement peu répandue.

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Pragmatism - Wikipedia

Pragmatism | Definition of Pragmatism by Merriam-Webster

Pragmatism | Internet Encyclopedia of Philosophy

Traduction pragmatism français | Dictionnaire anglais | Reverso

Pragmatism (Stanford Encyclopedia of Philosophy)

Pragmatism | Define Pragmatism at Dictionary.com

Pragmatism definition and meaning | Collins English Dictionary

pragmatism définition dans le dictionnaire Anglais de Cambridge

Pragmatism | philosophy | Britannica.com

Pragmatism: Definition and Philosophers - Philosophy & Philosophers

 
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