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26/12/2017

FranceWebAsso & PoissySmartCity,DYNAMIQUE DES FLEUVES - AGO DE L'ASSOCIATION SAONE RHIN EUROPE

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Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Une nouvelle vision européenne

Dans le cadre de nos travaux et préparation d'événement sur la dynamique des mers et des fleuves, notamment sur l'étude de gestion de crise à charge et à décharge pour le canal Rhin Rhône, le président de l'I.R.C.E. était convié à l'Assemblée Générale de la l'association Saône-Rhin-Europe à Besançon. 

Etaient notamment présents la présidente du consortium international pour le développement des voies navigables ainsi que le maire de Pagny le Château, dernier port avant la rupture de flux de massification fluviale vers le Rhin.

Le président de l'association rappela le et les projets avec certaines réalités, notamment sur la potentielle solution sur les deux branches et sur le fait que l'UE laisse le choix aux Etats (ce qui n'est pas exacts étant donné que les transports est une compétence partagée - voir dossier ci après sur le fonctionnement juridique), la commission mobilité 2012, les assises nationales de la mobilité de 2017, l'étude 2014-2016 sur les corridors multimodaux européens (voir la réponse de la commission), la combinaison possible du Y avec les deux branches Strasbourg et Nancy, les réalités françaises plutôt vers le rail ou de toute façon couplées fleuves / rail, l'adhésion récente de la région Bourgogne Franche Comté au consortium des voies navigables, la tenue d'une réunion en mars dernier au Sénat sur l'étude du corridor Multimodal Amsterdam-Marseille avec un constat de tronquage de données et de non finalisation d'études et des assises de 2018 qui devraient déboucher sur une loi de programmation et de financement.

François pris la parole pour expliquer la démarche indépendante, facilitatrice, voire révélatrice de réalités, engagée par l'I.R.C.E. au niveau français et européen mais apparemment non partagée, voire encore peu comprise dans ses effets de levier et son approche novatrice, notamment par l'association.   

S'en suivi un exposé d'un représentant du port de Marseille / Medlink à qui le président de l'I.R.C.E. rendait visite en début d'année : Marseille 1er port français, hausse de l'activité conteneur de 12%, activité essentiellement à FOS (90%) Marseille conservant le tourisme, mais façade méditerranée sous employée, construire une solution gagnante fer fleuve longue distance fer + fleuve plus compétitif que camions alors que 83% des conteneurs vont par route, répartition, présentation du modèle DISTRIPORT avec une optimisation des relations inter port de Marseille à Pagny; Réponse que questions, notamment de l'I.R.C.E. sur 1) les choix des Chinois d'aller directement à Amsterdam sans passer par Marseille à cause des taxes et des frais de stockage : à analyser et 2) sur la demande d'explication de l'évolution du fonctionnement non encore assimilée par tous et surtout les clients, les grutiers devenant dockers et passant de ce fait en société privée avec une plus grande coordination, flexibilité et identification des responsabilités

* * * 

Commentaires de l'I.R.C.E. hors séance :

Nous profitons de cette AG et du récent courrier de réponse du ministère des transports français pour faire un point sur notre position

Pour mémoire, sous l'impulsion d'un de nos membres, qui avait d'ailleurs rencontré l'association identifiée et recommandée par le président comme partie à intégrer dans la réflexion globale sans parti à prendre, l'I.R.C.E. a mené une grande opération de communication d'intention lancée depuis un an au niveau local (régions) national (Parlement et ministères concernés), institutions européennes (voir courriers, dont de relance ci-après faisant suite au changement de gouvernement), avec pour objectif de relancer de façon indépendante une certaine dynamique d'échanges sur une décision prise politiquement en son temps méritant une nouvelle approche globale de réflexion avec d'une part la réalisation d'un dîner thématique au Sénat  d'abord sur la problématique Rhin Rhône puis orientée sur la dynamique des fleuves, voire couplée avec rail, d'une façon générale devant l'aspect sensible du dossier, puis un symposium résidentiel de deux jours "à charge et à décharge dans l'intérêt général européen, dont français" avec une méthodologie éprouvée sur toutes les solutions envisageables, dont financières, traité de façon globale et notamment avec le regard et l'envie potentielle des pays et exploitants riverains. 

Afin de nous confronter aux réalités et recueillir une vision globale de l'essentiel, nous avons rencontré certains parlementaires, les ports de Marseille, les associations MEDLINK et NORDLINK, certains responsables étatiques régionaux, certaines collectivités régionales, les ports de Strasbourg, Mulhouse, et Pagny le Château et de nombreux acteurs et interlocuteurs au salon Euro-maritime ainsi qu'à une conférence sur la marétique à Dunkerque sur la sécurité portuaire ainsi que certains responsables d'ambassades.

Vous trouverez en PJ :

- une sélection de certains courriers envoyés et de certaines réponses dont  celle de la DG Mobilité et transports, rappelant la dynamique des corridors, qui a été apprécié des parlementaires et d'autres polies ou négatives surtout des ministères ou orientée uniquement sur Seine Nord.

- le document de présentation du projet d'événement, voire d'étude, et le document unique de travail préconisé

A noter que l'association nancéenne, qui milite pour une seconde branche, n'a pas répondu à nos sollicitations et que si Strasbourg et Marseille ont plutôt réservé un accueil cordial, il n'en a pas été de même à Mulhouse qui ne comprend pas cette démarche étant donné que "l'orientation aurait été portée sur le rail" (?). Certains députés ont accueilli notre initiative avec intérêt sans volonté d'aller de l'avant devant la position de l'Etat (avant mai 2017), relancé depuis. En Bourgogne Franche-Comté, les structures consulaires et les professionnels ont été plus réceptifs que la collectivité régionale qui reste muette ou qui juge oralement qu'il y a d'autres priorités sans oublier que l'élu également directeur des régions sur ce sujet s'était engagé initialement oralement à intervenir au Sénat et qu'il ne répond désormais plus. Prenons en considération que les ports et les régions centre et sud ne semblent pas vouloir entendre parler d'un nouveau projet de peur de se voir retirer des financements prévu pour leur aménagement actuel, ce qui peut être un bon argument réaliste et réalisable en attendant la possible  l'extension. Les ambassades d'Allemagne et de Suisse ont été intéressées par la démarche avec pour l'une des retours d'expérience intéressants mais sans actuels relais vers les ports. 

A ce stade, il apparait que :

- Comme dans de nombreux autre dossiers européens, il apparaît qu'ici que l'acteur important restant à convaincre est le gouvernement français qui agit parfois plus dans l'intérêt national plutôt qu'européen qu'il ne le dit alors qu'il souhaite se montrer moteur

- L'initiative et le rôle de cet événement résidentiel à charge et à décharge mené de façon globale avec prospective et notamment au niveau des institutions mais aussi des Etats européen n'est pas comprise de par sa nouveauté, avec effet de levier de l'incitations des autres nations et régions européennes sur le pouvoir national avec partage potentiel de financement, es institutions étant favorables à la dynamique des corridors;  ou ne veut pas être compris par conflit d'intérêts de parties ayant peur de voir remise en question leur position et leurs arguments mais également de l'Etat (par expérience, vécu pour notre symposium sur les achats de défense) qui veut conserver le pouvoir d'initiative sans reconnaissance de la démarche ni accompagnement potentiel

- Les structures portuaires encore étatiques s'alignent normalement sur la position de l'Etat ne voulant s'engager dans aucune réflexion et surtout pas indépendante ni facilitatrice

- Il semble difficile d'impliquer la région Bourgogne Franche Comté, plus attentiste que meneuse, et qui semble par ailleurs à l'écoute de certaines parties

- Nous espérons que la nouvelle réunion de mars 17 au Sénat, qui a semblé parcellaire sur les éléments partagés et sélective, comme celle initiée auparavant par la préfecture, certains élus locaux impliqués n'ayant même pas été conviés, ni nous-mêmes - en cohérence avec les absences de réponses, saura déboucher sur d'autres initiatives suite notamment aux nouvelles réponses, certes uniquement sur un autre projet dont nous portons également intérêt et sans aborder le projet Rhin Rhône qui était pourtant cité, sans en faire une priorité.

- Notre événement résidentiel semble difficile à monter notamment en Bourgogne et nous levons sa programmation sine die tout en continuant de travailler l'idée et de proposer notre rôle facilitateur voire d'accepter de mener une étude en cas de besoin et financée plutôt par l'Union européenne qui vient de nous répondre sur les lignes de financement

- MAIS Nous persévérerons sur notre dîner thématique à Paris orienté sur la dynamique des fleuves / rail d'un aspect général au Sénat avec déjà un sénateur parrain identifié ou dans nos autres lieux habituels.

FC

 

23/12/2017

PoissySmartCity&FranceWebAsso,LA VIE CONTINUE AVEC NOUS, Découvrez un lieu de vie d'exception dédie au bien-être de nos lecteurs..

Nous devons à nos concitoyens une Europe riche d’un avenir redessiné, Ing.Stefan V.Raducanu, passeur entre des idées et des hommes, des principes et des réalités avec FranceWebAsso

MyNewsCenterNavigator & FranceWebAsso, Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille? Ing.Stefan V.Raducanu, passeur entre des idées et des hommes, des principes et des réalités avec FranceWebAsso

Singapour : Lee Kuan Yew, le despote « pragmatique »

Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ?

Par Guy Sorman.

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La mort de Lee Kuan Yew, à 91 ans, dans l’État qu’il a fondé, invite à s’interroger sur cette expérience unique. Singapour est-il même un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ? Le fondateur parti en retraite avait passé le commandement à son fils, l’actuel Premier ministre. Celui-ci m’a rétorqué que Singapour était bien un État puisqu’il disposait d’une armée et d’une politique étrangère. Certes, mais la flotte américaine est la véritable protection de la Cité.

Singapour est tout de même un succès économique embarrassant parce qu’il n’entre dans aucune catégorie classique, ni socialiste, ni libéral. Sans doute devrait-on le considérer comme une forme de despotisme éclairé, à la manière des cités italiennes du Quattrocento ou des utopies imaginées au Siècle des Lumières. Peut-on tirer de cette singularité quelque enseignement universel ?

Les dirigeants de Pékin depuis Deng Xiaoping en 1979 (il appartenait au même peuple que Lee Kuan Yew,  Hakka de Chine du Sud) se sont intéressés de près à Singapour et Lee Kuan Yew n’était pas avare de conseils : l’alliance d’une économie dynamique et de l’autoritarisme politique, bon pour Singapour, ne l’était-il pas pour la Chine ? Les dirigeants de Pékin ont emprunté à Singapour le caractère mixte de l’économie chinoise, des infrastructures publiques accueillantes pour des entrepreneurs privés. Les Communistes chinois sont fascinés par le Parti d’action populaire (fondé par Lee Kuan Yew), le PAP qui dans des élections presque libres, obtient généralement 90% des voix. La comparaison s’arrête là parce que l’expérience d’une cité-État de six millions d’habitants, paraît inapplicable à un continent qui en compte un milliard et demi.

Et Lee Kuan Yew fut un despote mais pas sanguinaire comme les communistes chinois : les intellectuels dissidents à Singapour – il s’en trouve – ne sont pas incarcérés, mais se voient offrir une bourse pour étudier dans une université occidentale. Les adversaires de Lee Kuan Yew étaient souvent nommés ambassadeurs à la condition de rester en poste, au plus loin. C’est que Lee Kuan Yew, formé en Grande-Bretagne, comme son fils, savait ce qu’était l’État de droit. Il savait que la stabilité du droit était la condition essentielle du développement. Cet État de droit est garanti par une justice indépendante, une police incorruptible et une bureaucratie au-dessus de tout soupçon. L’un des traits les plus originaux de Singapour est que les fonctionnaires y sont mieux payés que les cadres des entreprises privées ce qui attire les meilleurs ; en contrepartie, aucune corruption n’est tolérée, au contraire de la Chine et des régimes autocratiques en généra

Un autre trait singulier de Singapour est la préférence que Lee Kuan Yew accordait à la propriété privée du logement : la Cité est une nation de propriétaires, aidés par des crédits avantageux. Lee Kuan Yew estimait que la propriété, embourgeoisait les esprits et dissuadait de voter pour l’opposition.

Les critiques de Singapour avancent généralement deux allégations majeures. La première, économique, est que la ville aurait seulement bénéficié de sa situation géographique, point de passage obligé sur une route maritime où transite 60% du fret mondial. Certes, mais je me souviens de Singapour dans les années 60, il y régnait une extrême pauvreté. Ce sont bien les infrastructures et la sécurité organisées par Lee Kuan Yew qui ont fait le Singapour actuel. L’autre critique, politique, regrette le manque de liberté d’expression, le mépris de l’opposition, voire l’ennui qui pèse sur la ville. Cette critique fondée doit être tempérée comme soulignée plus haut par la prévisibilité du droit. Par ailleurs, l’option sécuritaire du régime peut se justifier par l’hétérogénéité de la population, la présence d’une forte communauté musulmane qui n’est pas sourde aux appels islamistes venus des pays voisins : quand les imams prêchent dans les mosquées de Singapour, les portes doivent obligatoirement rester ouvertes. Enfin Singapour évolue : non seulement on s’y ennuie moins, mais le PAP n’exclut pas de perdre un jour prochain les élections pour entrer dans une démocratie d’alternance.

Par-delà ces circonstances et la personnalité de son fondateur, se pose la question complexe de la relation entre développement économique et démocratie. La quête d’une relation quantifiable, prévisible n’a pour l’instant pas abouti. L’Inde a longtemps été une démocratie au taux de croissance zéro, la Chine est totalitaire et croît, la Corée du Sud et Taïwan se sont envolées aux ordres de dictateurs, le Chili de Pinochet progressait plus vite que l’Argentine démocratique, l’Éthiopie et le Rwanda progressent sans démocratie : tous les cas de figure coexistent. Le théorème de Samuel Huntington envisageant qu’à partir d’un certain revenu, tout régime autoritaire se démocratise, n’a été vérifié qu’à Taïwan et en Corée du Sud, sous la pression des États-Unis.

On envisagera qu’il existe sans doute une relation entre démocratie et développement mais trop complexe pour être théorisée. On envisagera aussi que démocratie et développement sont l’une et l’autre des valeurs en soi qui méritent d’être poursuivies par des combats et des moyens qui ne coïncident pas nécessairement. Au moins faut-il éviter que ces moyens ne se contredisent : par exemple, les militants du Printemps arabe en Égypte se battaient pour la démocratie tout en se réclamant d’un socialisme et d’un nationalisme anti économiques. Les Tunisiens en revanche, font progresser de pair la démocratie et l’économie de marché.

Pour en revenir à Lee Kuan Yew, il se définissait comme « pragmatique » : le pragmatisme est une pensée malheureusement peu répandue.

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Pragmatism - Wikipedia

Pragmatism | Definition of Pragmatism by Merriam-Webster

Pragmatism | Internet Encyclopedia of Philosophy

Traduction pragmatism français | Dictionnaire anglais | Reverso

Pragmatism (Stanford Encyclopedia of Philosophy)

Pragmatism | Define Pragmatism at Dictionary.com

Pragmatism definition and meaning | Collins English Dictionary

pragmatism définition dans le dictionnaire Anglais de Cambridge

Pragmatism | philosophy | Britannica.com

Pragmatism: Definition and Philosophers - Philosophy & Philosophers

21/12/2017

PoissySmartCity>La déconnexion des élites « Condorcet avait deux siècles et demi d’avance »que « les citoyens montrent le chemin aux politiques »: l’individu doit avoir les moyens de dessiner sa vie comme il le souhaite et non selon la volonté des élites.

La déconnexion des élites : comment Internet dérange l’ordre établi

Publié le 5 avril 2015 dans Lecture

Alors que l’économie collaborative est en plein boom, Laure Belot constate un décalage criant entre le progrès et les élites.

Par Delphine Granier.

En 2013, Laure Belot publie dans Le Monde une enquête sur « Les élites débordées par le numérique ». L‘effet est immédiat, l’article suscite des centaines de milliers de réactions. « Quel nœud ai-je touché pour que les réactions soient à ce point épidermiques ? » C’est en réponse à cette question que Laure Belot a publié ce livre.

Les « doers » d’une France créative et invisible

« Leboncoin.fr est un ovni sur le territoire français. » L’exemple de Leboncoin.fr n’est pas cité en début de livre par hasard : cette entreprise française est le symbole de cette France créative et invisible qui entreprend, sans faire de bruit. Reposant sur un modèle simple d’échange spontané entre individus, rendu possible grâce à internet, Leboncoin.fr est un succès français retentissant : la start-up a dépassé eBay, son équivalent américain, en termes La désintermédiation, après avoir bouleversé de nombreux secteurs, arrive dans le domaine de la finance. Alors que la crise des « subprimes » a fait perdre au banquier son statut et l’image fiable qu’il renvoyait, le développement du « prêt entre particuliers » révolutionne le secteur. À l’image du succès du modèle de Prêt-dunion.fr (crédit aux particuliers), des startups similaires émergent dans beaucoup de pays en réaction aux taux pratiqués par les banques traditionnelles. « L’assurance et la banque ont vécu dans des systèmes de monopole ou d’oligopole très organisés et protégés. On ne sait même plus si les agences bancaires vont perdurer. » Même bouleversement dans le financement de projets avec la révolution du « crowdfunding » (financement de projets par des tiers). Selon la Banque mondiale, le marché du « crowdfunding » se chiffrerait à quasiment 96 milliards de dollars d’ici 2025. Outre le changement de paradigme, ces nouveaux modes de fonctionnement permettent certaines évolutions de fond. De nombreuses femmes, par exemple, jugent avoir plus de difficultés que les hommes à obtenir des sources de financement dans le milieu majoritairement masculin de la finance traditionnelle. Sur les plateformes de « crowdfunding », près de la moitié des créations d’entreprises financées sont portées… par des femmes.d’audience. Grâce à Internet, l’émergence de l’économie collaborative bouleverse nos habitudes et notre économie.

Les modes de consommation évoluent et créent une nouvelle façon de vivre et de nouvelles sociabilités. Depuis la crise de 2008, les gens souhaitent consommer de façon plus économique sans pour autant consommer moins, ils veulent consommer mieux. Le mode de consommation ne doit plus passer par l’endettement, la consommation devient « désintermédiée ». Leboncoin.fr l’illustre, on assiste à un retour à la notion de commerce. Cette désintermédiation progresse au fur et à mesure que les nouvelles technologies bouleversent les secteurs traditionnels : Airbnb, Uber, Monster et Keljob ont secoué l’hôtellerie, les taxis et les métiers intermédiaires des Ressources Humaines.

La désintermédiation, après avoir bouleversé de nombreux secteurs, arrive dans le domaine de la finance. Alors que la crise des « subprimes » a fait perdre au banquier son statut et l’image fiable qu’il renvoyait, le développement du « prêt entre particuliers » révolutionne le secteur. À l’image du succès du modèle de Prêt-dunion.fr (crédit aux particuliers), des startups similaires émergent dans beaucoup de pays en réaction aux taux pratiqués par les banques traditionnelles. « L’assurance et la banque ont vécu dans des systèmes de monopole ou d’oligopole très organisés et protégés. On ne sait même plus si les agences bancaires vont perdurer. » Même bouleversement dans le financement de projets avec la révolution du « crowdfunding » (financement de projets par des tiers). Selon la Banque mondiale, le marché du « crowdfunding » se chiffrerait à quasiment 96 milliards de dollars d’ici 2025. Outre le changement de paradigme, ces nouveaux modes de fonctionnement permettent certaines évolutions de fond. De nombreuses femmes, par exemple, jugent avoir plus de difficultés que les hommes à obtenir des sources de financement dans le milieu majoritairement masculin de la finance traditionnelle. Sur les plateformes de « crowdfunding », près de la moitié des créations d’entreprises financées sont portées… par des femmes.

Mais alors que le boom de ces startups du numérique et de l’économie collaborative illustre la vitalité de la société civile, et va à l’encontre du « French bashing » ambiant, force est de constater que très peu d’intellectuels – sociologues, économistes, experts –  s’y intéressent de près. Alors que « les citoyens montrent le chemin aux politiques », Laure Belot constate un décalage criant entre le progrès et les élites. Tout comme l’imprimerie de Gutenberg fut adoptée par les réformés et ignorée par les catholiques au pouvoir, nos dirigeants actuels rechignent au changement. Cette incapacité de l’élite à s’adapter rappelle la querelle qui opposait Rousseau à Condorcet, à propos du maintien ou non des ordres dans la société. Alors que Rousseau prônait une société où les choix individuels ne sont acceptables que si la société en a besoin, et où chacun doit ainsi rester à sa place, au besoin par la contrainte, Condorcet plaidait pour que les gens puissent faire ce qu’ils veulent faire : l’individu doit avoir les moyens de dessiner sa vie comme il le souhaite et non selon la volonté des élites.

« Condorcet avait deux siècles et demi d’avance » (Laurence Fontaine, historienne et chercheuse au CNRS) et aujourd’hui, les « doers » bousculent l’ordre établi. Dans l’éducation, où les enjeux sont essentiels puisqu’elle détermine que transmettre aux enfants pour vivre dans la société de demain, nombreuses sont les initiatives individuelles et indépendantes du monde académique qui émergent pour réformer le système. Dans tous les domaines, « l’innovation de rupture ne vient pas du cœur du réacteur mais des marges du système ».

 

Une mutation numérique pas assez pensée

Reprenant les mots de Martin Heidegger, l’enquête menée par Laure Belot révèle que « la science ne pense pas ». Déconnecté et refermé sur lui-même, le monde de la recherche n’a pas su être réceptif aux bouleversements majeurs en cours. Prises de cours, les institutions publiques accusent aujourd’hui un net retard. Toute une génération se trouve, par conséquent, coincée dans une société ankylosée, inadaptée à la révolution numérique. Le phénomène mondial de la « génération kangourou » ou « génération boomerang » en témoigne : en 2013, environ 28% des Européens de 25 à 34 ans ont habité chez leurs parents, cette année-là. Ce phénomène mondial, mais nuancé selon les pays, témoigne de la capacité d’adaptation des uns et des autres. Les pays scandinaves, par exemple, restent les plus épargnés avec seuls 4% des +25 ans retournés vivre chez leurs parents.

De ces blocages naissent de nouvelles initiatives issues de la société civile. L’émergence des think-tanks et do-tanks montre, une nouvelle fois, comment le renouvellement des idées se fait « par le bas ». Parfois accusée d’être désengagée, la jeunesse développe au contraire de nouvelles formes d’actions. Le succès du « crowdfunding » et des sites comme WeSignIt (site de pétitions en ligne) prouvent le dynamisme des uns et des autres. Les nouvelles technologies font apparaître de nouvelles formes de démocratie, plus participative, et accélèrent le rythme de la vie publique. La diffusion du mouvement des « Indignés » en témoigne : les revendications d’un mouvement local deviennent, par le biais des réseaux sociaux, rapidement mondiales. Aux politiques désormais de se saisir de ces outils numériques pour interagir et construire la démocratie participative de demain.

Aujourd’hui, une nouvelle élite mondiale, issue du numérique, se forme. Le phénomène des « king coders », ces « geeks » à barbe longue qui codent et font bouger les lignes, se propage. L’académie de Bill Gates et l’école 42 de Xavier Niel, par exemple, conscientes des enjeux du monde de demain, préparent la jeunesse à l’émergence des nouvelles compétences liées à la révolution numérique. Dans le monde de demain, tel que décrit par Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie de Google X, le transhumanisme et l’intelligence augmentée seront à notre portée. Ces prédictions d’un acteur privé comme Google, maître de l’innovation à travers le monde, illustrent la longueur d’avance des acteurs Internet sur les politiques. En France particulièrement, moins aux États-Unis, la technique a pris le pas sur le politique.

La toute puissance des GAFA – Google, Apple, Facebook, Amazon – pose de nouveaux défis. Que reste-t-il de la vie privée et de la neutralité du net face au Big Data et aux algorithmes ? Que devient la souveraineté des États dans un monde numérique sans frontière ? D’énormes interrogations face auxquelles la France doit faire face. Si le droit a toujours eu un temps de retard sur la société, les évolutions arrivent toutefois. Au sein des entreprises, l’émergence des Chief Data Officiers engage un processus de protection des données. Dans la vie publique, l’Europe tente depuis 2012 d’imposer aux États un règlement sur les données personnelles pour harmoniser les positions.

Le numérique joue le rôle de catalyseur : il nous force à réformer notre droit et à le penser en dehors du cadre strictement étatique. S’il n’est pas question de supprimer l’échelon étatique, une nouvelle répartition des compétences doit être pensée, entre le plan international et local, et les acteurs publics et privés. « Notre pays a donné le ‘la’ de la modernité politique il y a deux cent cinquante ans. » Sera-t-il à la hauteur aujourd’hui ?

Laure Belot, La déconnexion des élites : Comment Internet dérange l’ordre établi, Les Arènes, janvier 2015, 320 pages.

 Sur le web.

La Chine 3.0 ? Dans la tête de Xi Jinping

Par Thierry Godefridi.

La Chine 3.0, fusion de la Chine d’hier, d’aujourd’hui et de demain ? Quand vous rencontrez des chefs d’entreprise, des cadres et des employés chinois dans la vie professionnelle de tous les jours, en tête-à-tête ou non, en Chine ou ailleurs, il est des constantes : la piété familiale ; la conviction que, dans les circonstances, le régime en place est le meilleur qui soit pour la Chine ; l’égoïsme et l’idée que c’est une vie de chien mais demain sera un autre jour.

À l’heure où la démocratie occidentale paraît rencontrer quelques avatars, s’essouffler dans les aléas de l’égalitarisme et patauger dans les vicissitudes de l’étatisme, le régime à la fois marxiste et capitaliste de la Chine de Xi Jinping propose-t-il, aux pays asiatiques et autres si affinités, un modèle alternatif de gouvernement et en quoi consiste-t-il ?

C’est notamment à ces questions que tente de répondre François Bougon, ancien correspondant de l’AFP à Pékin et chef-adjoint du service international du Monde, spécialiste de l’Asie, dans son essai Dans la tête de Xi Jinping.

 Un dirigeant chinois promis à devenir, à court terme, l'homme le plus puissant du monde doit se prévaloir de solides convictions. Fort de ses ambitions colossales, mais toujours prêt à endosser les "habits neufs" du Grand Timonier, Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois, est bien conscient que remplacer Les Citations du président Mao Tsé-ttoung, le fameux Petit Livre rouge, par les Entretiens de Confucius ne suffit pas. Le corpus idéologique doit être à la hauteur de l'enjeu. Selon Xi, "la tâche principale pour les sciences sociales et philosophiques est non seulement de maintenir le marxisme comme notre idéologie directrice, mais aussi de s'engager dans une critique significative des "valeurs universelles", du concept de "démocratie constitutionnelle", du néolibéralisme, du nihilisme historique, du socialisme démocratique et autres idéologies erronées. Nous devons avoir une foi infaillible dans le socialisme à caractéristiques chinoises". Ce marxisme droit dans ses bottes doit réussir sa synthèse avec la tradition chinoise illustrée par Confucius ou Mencius, mais aussi par Han Fei (mort en 233 av. J.-C.). Cette réhabilitation de la pensée du philosophe favori de Xi Jinping, concepteur du légisme, qui prône la primauté de la peur, de la force et du contrôle pour servir l'autorité, fait dire à certains que l'on assiste à l'avènement d'un "nouveau totalitarisme de marché", un totalitarisme adapté au XXIe siècle - le prix à payer pour le "rêve chinois". Ce qui donnerait enfin raison à Napoléon, qui aurait prédit en 1816 : "Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s'éveillera le monde entier tremblera."

 
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