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04/04/2018

Stratégie numérique : penser aux clients d’abord, Goliath cherche des David,Intelligence artificielle, blockchain, infonuagique, Internet des objets… Oui, il s’agit là d’avancées extraordinaires. Mais il faut éviter de tomber en amour avec la technologie

Stratégie numérique : penser aux clients d’abord

Intelligence artificielle, blockchain, infonuagique, Internet des objets… Oui, il s’agit là d’avancées extraordinaires. Mais il faut éviter de tomber en amour avec la technologie sans commencer par se pencher sur les besoins des clients.

Comment peut-on déployer la technologie pour mieux servir nos membres et nos clients ? Cette question est la trame de fond de l’utilisation du numérique par le Mouvement Desjardins. « Il y a beaucoup de frénésie autour des technologies numériques et on nous demande parfois de décrire notre stratégie à cet égard, dit Chadi Habib, premier vice-président Technologies de l’information. La réponse, c’est que nous n’en avons pas. Notre stratégie, c’est d’être premier dans le cœur des gens en leur offrant des solutions qui leur apportent une réelle valeur. »

Et pour cela, la technologie est bien sûr à l’avant-plan. Chadi Habib donne l’exemple d’Ajusto, un programme qui permet aux assurés de Desjardins Assurances d’obtenir un score pour chaque trajet effectué au volant de leur automobile. S’ils ont des habitudes de conduites prudentes, ils peuvent obtenir un rabais sur leur prime. « Grâce à des algorithmes avancés, nous pouvons analyser 1800 kilomètres de conduite à la minute », indique celui qui prononcera une conférence lors du salon Connexion, le 18 avril à Montréal.

Autre exemple, cette fois avec la technologie des objets connectés. Desjardins Assurances a lancé l’an dernier Alerte, un programme de prévention des dommages liés à l’eau. Un détecteur d’eau, de gel et d’humidité déclenche une alerte sur le téléphone intelligent de l’assuré en cas de problème, ce qui peut permettre à ce dernier de réagir rapidement et de limiter les dégâts.

Goliath cherche des David

Les solutions Ajusto et Alerte ont été toutes deux développées en collaboration avec des startups, tout comme d’autres produits de Desjardins. « Travailler avec des startups fait partie de notre stratégie, souligne Chadi Habib. Elles ont l’agilité et la rapidité de développement et nous, la masse critique de clientèle. »

D’ailleurs, la coopérative financière a lancé en 2015 à Montréal et en 2017 à Lévis ses laboratoires d’innovation Desjardins Lab qui visent à réinventer la manière d’offrir ses services en misant notamment sur des partenariats avec de jeunes pousses.

Connexion, le salon de la transformation numérique

« Auparavant, c’était presque impossible de voir une grande institution financière travailler avec de petites entreprises, dit le conférencier. Maintenant, c’est nécessaire pour bien servir les clients. Nous travaillons aussi avec les géants du Web, Microsoft, Google et les autres. Il faut cependant s’assurer de gérer de façon responsable les données des gens. C’est un aspect qui nous préoccupe beaucoup et pour lequel nous aimerions voir le Canada démontrer plus de leadership. »

Qui rêve d’avoir une hypothèque ?

Traditionnellement, les institutions financières poussaient leurs produits vers les consommateurs. Desjardins veut s’éloigner de ce modèle.

« Faisons abstraction des produits financiers et commençons par les besoins des membres, dit Chadi Habib. Personne ne rêve d’avoir une hypothèque ni de lire une police d’assurance de 14 pages. Par contre, les gens rêvent d’avoir une maison ou de voyager. Avec le numérique, on peut aller plus loin que de leur offrir seulement un produit financier. On peut les accompagner dans leurs projets de vie et dans leurs activités quotidiennes en déployant des solutions qui combinent plusieurs éléments. » Desjardins travaille notamment sur un programme qui réunit plusieurs services reliés à l’habitation.

Toujours dans l’optique de se centrer sur les besoins du client, la coopérative financière a lancé en février dernier l’alerte « Insuffisance de fonds lors d’un retrait préautorisé ». L’utilisateur de son application mobile peut ainsi recevoir une notification si un retrait préautorisé est prélevé alors qu’il n’y a pas assez d’argent dans son compte. Il dispose alors d’un délai pour renflouer son compte avant que des frais pour découvert ne lui soient facturés. Après un mois à peine, plus de 355 000 personnes s’étaient inscrites au service et 18 000 notifications avaient été envoyées.

« Sur le plan financier, il n’y a pas d’avantages pour nous de faire ça, indique M. Habib. Mais nous nous sommes mis à la place du membre qui n’est certainement pas heureux de payer des frais pour manque de fonds. »

megaphone-clip-art-9cp4KXRcE.jpegVENEZ VIVRE AU RYTHME DU NUMÉRIQUE

Merci pour cet article: très informatif. Effectivement, l’IA va entraîner un bouleversement à tous les niveaux.
UTILISATEURS, FOURNISSEURS, BUSINESS, TECHNOLOGIES, UNIVERSITAIRES, RÉSEAUX, SOCIÉTAL,.. Rencontrer, découvrir, entreprendre, communiquer, réunir, conseiller, agir, préparer l'avenir...

« La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer »
Pour une république de l’innovation Comme toutes les grandes nations, la France est engagée dans une course à l’intelligence et à l’innovation. Le 21e siècle s’annonce comme un siècle de haute précision. Au cours des 150 dernières années, l’humanité a réalisé des progrès considérables dans les domaines de la santé et de l’environnement. Partout dans le monde, des forces sont à l’oeuvre pour faire avancer la connaissance. Il faut être plus efficace avec moins de ressources. Dans ce contexte, le principe de précaution, d’abord conçu comme une arme défensive est régulièrement brandi comme une arme de dissuasion. En son nom, ce n’est plus le résultat de la recherche qui est jugé mais le principe même de recherche qui est interdit. Son utilisation irrationnelle rappelle l’épisode des sorcières de Salem. Des procès en sorcellerie sont conduits sous l’égide de pseudos experts qui jugent en lieu et place de la communauté scientifique!Notre vision de la science est dynamique. Dans notre esprit, la recherche poursuit l’objectif du bien commun. C’est pourquoi notre démarche s’adosse à un principe de précaution rendu à sa vocation de départ : écarter du domaine public tout ce qui est scientifiquement avéré comme dangereux pour la vie. A cette démarche défensive, il convient selon nous d’en ajouter une autre, positive et plus enthousiaste. Pour stimuler la recherche pour sortir de la société des peurs, nous souhaitons que le principe d’innovation soit placé à égalité avec le principe de précaution dans la constitution française. L’innovation produit du progrès. Elle stimule la concurrence, elle est à l’origine des grands progrès enregistrés dans nos sociétés.
Encourager le partage de savoir, d'être au monde et de le voir.
FranceWeb, des espaces numériques ouverts à tous. Un cyberspace international. Un nouveau défi pour notre pays européen. Un instrument d'intelligence collective. Vers une économie des qualités humaines. C’est l’inspiration qui nous fait grandir, Venez nous rejoindre. C’est encore plus facile ensemble, la société en réseau ne se fera pas sans vous,
Nous désirons nous faire connaître en nous adressant, prioritairement aux personnalités économiques, sociales, politiques, médiatiques, responsables et compétentes, intéressées par cette initiative. Pour Vous et avec Vous ! 
Au plaisir de vous rencontrer pour vous présenter notre projet Vision 21 FranceWebAsso>Société du Savoir..
Contact: Ing.Stefan Raducanu, Data Scientist
Tél: 0139655034
Mail: franceweb@gmail.com

These Tech Giants Are Talking The Most About AI

« Le principal point de blocage de la transformation de notre organisation est que notre direction générale n’a pas articulé de vision claire » me disait récemment un participant dans un séminaire de formation, avec un air d’évidence des sentences qui paraissent logiques mais ne marchent pas. Eh bien non, votre organisation n’a pas besoin de vision claire pour se transformer. Au contraire, on peut même défendre l’idée qu’avoir une vision est contre-productif et entravera la transformation.»

« Nous répétons la révolution, mais les plébéiens sont en retard. »  —Günter Grass

IA et éthique: le contresens navrant de Cédric Villani

Ainsi donc avec le rapport Villani sur l’intelligence artificielle, la France a renoué avec une vieille tradition: demander à quelqu’un d’intelligent d’écrire un rapport idiot. Enfin idiot, on se comprendra: le rapport que notre Médaille Fields vient de rédiger n’est pas tant idiot que convenu. Nous sommes en retard sur l’IA, vite un plan national. Des subventions, des initiatives, une agence, tout plein de petits fours et de pique-assiettes, la routine française quoi. La montagne a accouché d’une souris, les chinois se marrent bien. Mais les faiblesses de ce rapport ont été soulignées avec talent par d’autres, inutile d’y revenir. Ce qui me semble important cependant, c’est le lien que le rapport fait avec l’éthique.

Le titre-même du rapport « Donner un sens à l’IA » est problématique. Quand on regarde l’histoire de l’innovation, le sens a toujours été donné a posteriori. Et ce pour une raison très simple: les ruptures technologiques présentent toujours des situations inédites sur le plan légal, social et éthique. Il est très difficile, voire impossible, de penser ces ruptures avant qu’elles ne se produisent, et avant que les effets ne soient visibles. On risque de penser dans le vide. Lorsque McKinsey conduit une étude de marché pour AT&T en 1989 pour évaluer le potentiel de la téléphonie mobile, les résultats sont désastreux: personne ne voit l’intérêt d’avoir un téléphone mobile. Personne ne peut simplement imaginer ce qu’on ferait avec. Seule l’utilisation effective a révélé les possibilités de la technologie, de même qu’aujourd’hui seule l’utilisation de Facebook en révèle les dangers pour la vie privée.

Sans compter que comme souvent dans ces cas-là, le sens que l’on donne à éthique est bien restreint. Il peut être éthique de ne pas vouloir développer une IA aux conséquences négatives, mais il peut être également éthique d’essayer pour voir, car ce n’est qu’en agissant que nous saurons. Les entrepreneurs savent cela depuis longtemps, nos savants intelligents et ceux qui nous gouvernement l’ignorent, et se condamnent peu à peu à la paralysie par excès de prudence et, au fond, par peur du futur. Nous devenons un vieux pays, et laissons progressivement les autres développer l’avenir. Au fond, le rapport Villani est un rapport de vieux, la hype de notre ami Cédric en plus.

A chaque fois que la puissance publique produit un rapport sur un secteur donné du numérique avec l’ambition de faire de la France un leader mondial, avec ou sans l’Europe, les acteurs de l’écosystème correspondant sont tout feu tout flammes parce que leur sujet intéresse les plus hautes autorités. Les élites et corps constitués du pays sont mis à contribution et caressés dans le sens du poil. Des rapports et des plans avec des dizaines de mesures sont publiés. Le plan est présenté devant le Premier Ministre ou le Président de la République. Des conférences sont organisées. Au bout du compte et avec le recul, la France n’atteint jamais l’objectif assigné et entre temps, les gouvernements ont changé.

Le Rapport Villani qui vient tout juste d’être publié peut-il échapper à cette fatalité ? En l’état, j’ai bien peur que non. Sa lecture laisse encore une impression désagréable que l’on loupe quelque chose, que l’on n’a pas posé les bonnes questions ni creusé toutes les pistes. Bref, une certaine déception est au rendez-vous malgré un volontarisme affiché de bon aloi et bon nombre de propositions intéressantes.

Pour une bonne analyse critique du rapport Villani, voir l’article d’Olivier Ezratty ici: Ce que révèle le Rapport Villani.

 

12/09/2017

PSG->->FranceWebSharing & PoissySmartCity, le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi a pris la parole ce lundi dans un grand quotidien anglais.Bienvenue en incertitude...un monde de surprises...

La mise au point musclée d'Al-Khelaïfi

Dans le viseur de l'UEFA et attaqué par les plus grands clubs du monde, le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi a pris la parole ce lundi dans un grand quotidien anglais. Le patron du PSG a ainsi décidé de faire une mise au point musclée sur le fair-play financier qui fait tant jaser avec l'ouverture d'une enquête de l'UEFA et sur les énormes investissements concernant Neymar (222 M€) et Kylian Mbappé (prêt avec une option d'achat à 180 M€).

PSG : L'UEFA commence son enquête sur le club - Sport.fr

Mercato : Enquête de l'UEFA ? Le PSG était prévenu... - Football

Transferts : l'UEFA ouvre une enquête sur le PSG dans le cadre du fair ...

La Liga "applaudit" l'enquête de l'UEFA sur le PSG, qualifié de ...

Football : ce qu'il faut attendre de l'enquête de l'UEFA sur le PSG

L'UEFA ouvre une enquête sur le PSG dans le cadre du fair ... - L'équipe

Transfert: l'UEFA ouvre une enquête sur le PSG dans le cadre du fair ...

PSG : Ménès réagit à l'enquête de l'UEFA - Paris PSG - Paristeam

L'UEFA ouvre une enquête sur le PSG dans le ... - Le Huffington Post

La Liga espagnole ravie de l'enquête de l'UEFA sur le PSG - Le Parisien

1agld1r.gifPoissySmartCity,La ville pour tous, La ville de demain s’invente aujourd’hui, et nous la rêvons tous, plus intelligente, plus efficace, plus fluide, l’innovation de brassage, d’inclusion et de partage,ville intelligente, humaine, vivante, accueillante

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03/04/2017

Renault repart à l'assaut des strates supérieures du marché. Une fois encore. Après l'expérience pathétique de la relance de Gordini, c'est au tour d'Alpine

Alpine sera à Renault ce que DS est à PSA : Les raisons d'y croire
 
 
Mise à jour : 03-04-2017
 
Le coupé A110 ne parviendra pas à lui tout seul à relancer Alpine. Un SUV semble incontournable mais, quelles que soient ses qualités, sa réussite dépendra du niveau de qualité et de services offerts.
Deux aspects critiques que Renault a négligés par le passé.
Renault repart à l'assaut des strates supérieures du marché. Une fois encore. Après l'expérience pathétique de la relance de Gordini, c'est au tour d'Alpine - autre nom fameux - de tenter de revenir sur le devant de la scène. Sauf qu'ici, on change d'échelle. Alpine ne doit pas servir à désigner les versions vaguement sportives des Renault de série, quelque part entre GT Line et Renault Sport : élevée au rang de marque à part entière, Alpine doit permettre à Renault de prendre pied sur le marché très rémunérateur du premium, là où la griffe Initiale Paris ne permet pas de s'aventurer. En somme, Alpine voudrait être à Renault ce que DS est à Citroën. "Notre objectif est de toucher de nouveaux clients dans le segment des sportives premium", déclarait Carlos Ghosn en février 2016.
 
Alpine est une image sur laquelle construire une marque
Lexus et Infiniti, les divisions luxe de chez Toyota et Nissan ne le savent que trop bien : pour s'imposer en Europe et justifier des tarifs élitistes, une marque haut-de-gamme doit se forger une légitimité. Comme Citroën, Renault a donc choisi de s'appuyer sur un riche et glorieux passé pour construire la mythologie de sa marque premium.
Mais là où le Double Chevron invoque l'élégance de la robe et le modernisme de la suspension hydropneumatique de la célèbre DS 19 de 1955, le Losange puise dans le palmarès sportif de la Berlinette couleur Bleu de France produite de 1962 à 1977. Le sport avant le luxe.
Qu'on se rassure, le luxe arrivera tôt ou tard chez Alpine. Car à bien observer le marché, Renault s'est persuadé de la nécessité impérieuse de s'appuyer sur trois modèles, au moins, et pas seulement des voitures de sport radicales. "Pour construire une marque, une voiture ne suffit pas [...] mais nous devons procéder par étapes", déclarait encore en 2016 Carlos Ghosn.
 
Un SUV pour assurer l'avenir d'Alpine
Il y a un an environ, le patron du style Laurens van den Acker confiait à Alain-Gabriel Verdevoye pour Challenges que la Direction lui avait donné le feu vert pour étudier deux modèles : d'une part le coupé Alpine A110 dévoilé en mars 2017 au Salon de Genève ; d'autre part un SUV Alpine dont on ignore encore le nom ou la physionomie. Tout juste croit-on savoir qu'il fera usage de la plate-forme encore à l'étude pour les futurs Nissan Qashqai et Renault Kadjar, qui ne doit rien à Daimler
On imagine volontiers que la troisième Alpine pourrait être uneberline surbaissée, façon coupé à 4 ou 5 portes, dans la mouvance des Audi A5 et A7 Sportback. Mais il est trop tôt pour l'affirmer. "Nous étudions toutes les orientations possibles à donner à la marque Alpine", assurait en 2016 le numéro 2 de Renault, Thierry Bolloré. "Rien n'est impossible."
Une chose est sûre, si le coupé A110 devait ne pas rencontrer le succès escompté, le SUV Alpine serait remis en question. Et avec lui, l'avenir de la marque.
 
Les anciens d'Alpine ont été consultés par Renault
Président de l'Association des Anciens d'Alpine, André Desaubry est l'un des pionniers de l'aventure lancée par Jean Rédélé. Intégré dès 1964 dans l'atelier de montage mécanique, il a rapidement basculé dans le secteur compétition. Il nous confie que les responsables du projet ont été très clairs : "Si l'opération A110 marche bien, il y aura "des suites" et des variantes. Si elle ne marche pas, il n'y aura plus jamais d'Alpine." Les enjeux sont donc élevés.
Renault prétend avoir identifié les ingrédients du succès. Et c'est avec soulagement qu'on constate qu'ils répondent précisément aux erreurs commises par le passé.
ean-Pierre Limondin, secrétaire de l'Association des Anciens d'Alpine nous dresse la liste des quatre défis que, selon lui, la nouvelle Alpine A110 doit relever : "Ses lignes doivent trouver un bon compromis entre modernisme et rappel du passé. Sa conduite doit correspondre à l'idée que l'amateur se fait d'une Alpine. L'usine qui la fabrique doit assurer un niveau de qualité élevé et constant : pas question de renouer avec l'artisanat génial des débuts d'Alpine. Quatrième défi, cette voiture doit être commercialisée dans un réseau ad hoc."
Ancien collaborateur d'Alpine, Louis Gontier a passé 22 années dans le secteur de l'après-vente : il a pu apprécier l'importance d'un bon réseau. "Pour vendre une voiture de sport à des passionnés, il faut des collaborateurs passionnés. Les accords noués en 1968 ont ouvert à Alpine le réseau de distribution de Renault : ce fut une chance autant qu'une malédiction", analyse-t-il. "N'importe quel concessionnaire Renault pouvait prendre une commande pour une Alpine mais tous n'étaient pas compétents pour assurer la maintenance et tous ne savaient pas comment négocier une reprise sur une voiture de sport. Tous ne savaient pas non plus traiter et fidéliser une clientèle dotée d'un certain pouvoir d'achat."
Il faut croire que Renault a retenu les leçons du passé puisque Bernard Ollivier, Directeur général adjoint d'Alpine s'est engagé à ce qu'il y ait au moins une entrée distincte et un mur de séparation entre les concessions Renault et Alpine. Certains points de vente seront plus exclusifs encore, à l'image du tout premier qui a ouvert ses portes le 25 mars à Boulogne-Billancourt, sur les lieux mêmes de l'ancien Centre Porsche. Tout un symbole.
 
La Porsche à la française revient de loin
Pour ce qui est de la qualité, chacun jugera. Toutefois un premier examen au Salon de Genève nous a rassurés quant au sérieux de la fabrication et à l'aspect des matériaux : le cuir authentique, le métal brossé et la fibre de carbone composent un habitacle plus chaleureux et plus flatteur que celui de l'Alfa Romeo 4C Point important, il semble possible d'envisager une virée à deux, le temps d'un week-end. Malgré l'implantation centrale arrière du moteur, Alpine prétend que deux valises "cabine" tiennent dans le coffre avant, et deux casques à l'arrière.
Ceux qui reprochent à l'Alpine A110 de faire appel à des commandes Renault (climatiseur, satellite radio, poignées de porte) ignorent que ce genre de compromis est indispensable à l'équilibre financier du projet. Surtout, ils oublient que sur les Alpine d'antan, les emprunts à la grande série étaient bien plus nombreux.
"A l'époque, la clientèle était déjà partagée", se souvient Jean-Pierre Limondin. Inconditionnel de la marque depuis son arrivée chez Alpine en 1963, cet ingénieur possède l'ultime Berlinette A110 produite à Dieppe. "Il y avait ceux qui n'admettaient pas laprésence de commandes Renault de grande série sur une voiture d'un tel prix ; et ceux qui comprenaient que la voiture aurait été encore plus chère si elle avait dû s'interdire tout carry-over." Et l'ancien collaborateur d'Alpine de regretter que l'entreprise n'ait jamais pu remédier à ce qui dérangeait visiblement la clientèle.
"L'Alpine A310 sortie en 1971 marquait la volonté du fondateur, Jean Rédélé de monter en gamme. Il ne cachait pas son ambition de faire une GT à la française, ni qu'il tenait la Porsche 911 pour la référence à battre. Malheureusement Alpine n'a parcouru qu'une partie du chemin : les tarifs ont augmenté plus vite que la finition et la puissance du moteur. La voiture aurait gagné à sortir d'emblée avec le V6 mais le développement de ce moteur Peugeot-Renault-Volvo avait pris du retard et c'est seulement en 1976 qu'est apparue l'A310 V6. En plus, le Losange Renault n'était pas jugé très valorisant."
Jean-Pierre Limondin voit dans ce décrochage une sorte de péché originel et la cause d'un malaise qui affligea Alpine jusqu'à sa mise en sommeil, en 1995. "L'Alpine A310 a terminé sa mise-au-point aux mains des premiers clients qui ont subi bon nombre de pannes. Le modèle aurait dû évoluer rapidement mais l'argent a manqué. Jean Rédélé s'était lourdement endetté pour ériger son usine à Dieppe et étudier l'A310. La mévente née du premier choc pétrolier l'a incité à demander son soutien à Renault qui a choisi d'entrer au capital de la société." La firme au Losange est devenue l'actionnaire majoritaire en 1973.
 
Les Alpine ont souffert d'être perçues comme des Renault
Le rédacteur de la très belle revue Alpine Magazine de l'Alpine Renault Club Nederland, Huub Bouwmeester partage cette analyse à propos de l'A610 - la toute dernière et la meilleure des Alpine produite de 1991 à 1995 - qui souffrait encore d'être perçue comme une Renault. "L'Alpine A610 était trop chère. Elle valait environ 150 % du prix de sa devancière, la GTA qui lui ressemblait trop. Surtout, l'Alpine ne bénéficiait pas d'un canal de distribution exclusif, distinct du réseau Renault. Résultat, aux Pays-Bas l'importateur a vendu seulement dix exemplaires pour un prix de 170.000 'gulden', l'équivalent aujourd'hui d'environ 77.500 euros." Dur.
L'Alpine A610 ne s'est vendue en tout et pour tout qu'à 818 exemplaires, bien en deçà des ambitions et du seuil de rentabilité.
Les performances furent globalement meilleures en Allemagne, l'autre grand marché d'exportation où Louis Gontier se souvient que les Alpine séduisaient les sportifs soucieux d'échapper aucliché du jeune cadre en Porsche.
Quant aux Britanniques et aux Japonais friands d'originalité, ils ne bénéficièrent jamais d'une conduite à droite sur les A110 et A310. "Autre bévue surprenante de la part de Jean Rédélé : il n'avait pas pensé à déposer le nom d'Alpine dans le monde entier. Dans les pays du Commonwealth, c'est Sunbeam qui détenait les droits."
"Le Groupe Rootes, propriétaire de Sunbeam est tombé dans l'escarcelle de Peugeot au moment du rachat des branches européennes de Chrysler en 1978", rappelle Tom Mautner, qui dirigeait à Londres la plus grande des cinq concessions Alpine officielles outre-Manche. 
"On nous a dit à l'époque que Renault avait demandé mais qu'il s'était vu refuser l'autorisation d'utiliser le nom d'Alpine. Le Losagne rebutait notre clientèle, aussi ai-je obtenu de la maison-mère que les voitures nous soient livrées sans blason. A charge pour les concessionnaires britanniques d'apposer les écussons Alpine que l'usine nous fournissait à part."
"L'importation officielle des modèles Alpine au Royaume-Uni n'a démarré qu'en 1985, avec le lancement de la GTA", se souvient Tom Mautner. "Bien que la GTA offrit des performances comparables à celles de la concurrence, sa finition n'était pas au niveau. Les choses se sont améliorées avec le lancement de la version Le Mans, en 1990, puis encore avec l'A610 qui était en tous points au niveau de la concurrence."
Pour Huub Bouwmeester, l'A610 n'était pas l'Alpine que les fanatiques attendaient : "La voiture était devenue trop lourde et trop chère", estime-t-il. "Les clients espéraient un modèle léger et bon marché, dans l'esprit de l'A110 originelle. Le projet W71 (qui aurait dû donner naissance à l'Alpine A710) était dans cette veine, et on peut regretter qu'il n'ait pas reçu le feu vert de Louis Schweitzer."
Jean-Pierre Limondin se rappelle aussi que l'A310 s'était vueprivée d'un débouché commercial annexe non négligeable. "Sa devancière, l'A110 avait été fabriquée à l'étranger sous licence. Renault livrait la mécanique, Alpine fournissait quelques accessoires spécifiques et les outillages qui servaient à fabriquer les carrosseries en plastique. Le châssis pouvait être fabriqué sur place : il concourait à atteindre le taux minimal exigé en contenu d'intégration locale." Cette simplicité avait séduit de nombreux licenciés, avec lesquels Jean-Pierre Limondin était chargé d'entretenir les relations au début de sa carrière.
L'Alpine A310 était de construction plus complexe. "Il aurait fallu investir lourdement et fabriquer localement davantage de pièces spécifiques, à commencer par le bloc moteur en aluminium issu de la berline R16." Renault aurait pu fournir des moteurs mais ils auraient été lourdement taxés. Surtout, l'exigence d'un taux minimal d'intégration de pièces produites localement n'aurait pas été respectée. L'Alpine A310 n'a donc jamais été assemblée à l'étranger. Au total, seulement 11.616 exemplaires sont nés à Dieppe, à peine plus que l'A110 Berlinette produite à 7.176 exemplaires en France et à environ 3.500 exemplaires à l'étranger.
 
Renault se donne les moyens de réussir
La nouvelle Alpine A110 battra-t-elle les scores de sa glorieuse devancière ? Le Président de l'Association des Anciens d'Alpine, André Desaubry n'en doute pas : "Je suis persuadé que Renault investit pour la réussite du projet A110." Même enthousiasme de la part de Tom Mautner : "La presse britannique a réservé un très bel accueil à la nouvelle Alpine A110. Il faudra travailler dur pour rétablir l'image de marque d'Alpine après une parenthèse de 22 ans mais je crois que Renault est décidé à faire ce qu'il faut." Fidèle à ses habitudes cependant, le constructeur ne révèle pas ses objectifs de vente, encore moins ce que lui a déjà coûté la relance d'Alpine.
Le début de carrière de l'Alfa 4C n'incite guère à l'optimisme mais si cette voiture très radicale peine à sortir de l'anonymat, c'est aussi parce que sa production se trouve limitée de facto par son architecture en matériaux composites et par son titre d'homologation simplifié. Avec son habitacle plus logeable, sa structure en aluminium meilleur marché et ses épures de suspension qui promettent de concilier confort et efficacité, l'Alpine A110 promet davantage de polyvalence. Sans pour autant renoncer aux performances puisque ses 252 chevaux n'auront à entraîner que 1.080 kilogrammes.
Une chose est sûre : le constructeur français est résolu à s'effacer au profit d'Alpine. Aucun Losange n'apparaîtra sur l'A110. Pas question de renouer avec la valse des hésitations qui vit les A310 et GTA s'appeler successivement Alpine-Renault et Renault Alpine, avant de redevenir Alpine. Et pour que la marque incarne un vrai haut-de-gamme, il faudra à Renault beaucoup de constance et de patience.
(Affaire à suivre)
 
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