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20/05/2019

Le Festival de Cannes, c’est la montée des marches dans le crépitement des flashes, les déjà stars ou presque starlettes s’arborant sur la Croisette, les palaces intemporels, le soleil, la Méditerranée

Ces yachts de milliardaires commettent un écocide caractérisé en Méditerranée

Au fond de l'eau, dans un nuage de particules grises, une ancre laboure des dizaines de mètres de Posidonie, une plante marine vieille de cent mille ans, refuge de dizaines d'espèces aquatiques. En une trentaine de secondes, des centaines d'années de vie sous-marine partent en fumée. Le coupable de ce massacre est connu ; il s’exhibe dans toute sa rutilance dans les eaux bleues, aux yeux de tous : le super-yacht de milliardaire.

Siemens has re-structured itself into three operating companies and separate joint venture operations to capitalise on the move to smart city infrastructure and power.

11/05/2019

PoissySmartCityNetwork.Le Cap. L’entrepreneuriat démocratique.Le Comité de la Mairie de la ville est également en faveur du développement des startups.À San Francisco, les associations s’appuient sur la technologie pour réinsérer les sans-abris

2 maini.jpgL’entrepreneuriat démocratique

Politiquement, le Cap est un hub en Afrique du Sud. La ville est dirigée par l’Alliance Démocratique, qui a montré un soutien indéniable pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Le Comité de la Mairie de la ville est également en faveur du développement des startups. Xanthea Limberg, qui supervise les services corporatifs au sein du comité, est catégorique sur l’importance des partenariats entre le secteur privé et le secteur publique. Elle était d’ailleurs un des membres du jury lors de l’événement organisé par Seedstars World au Cap.  

Les entreprises sont aussi en train de s’impliquer. Les banques, par exemple, comprennent que, dans cette nouvelle ère de gourous web surdoués, ils doivent proposer quelque chose d’attrayant et d’innovant. Standard Bank s’est lancé dans la bataille en lançant ses propres incubateurs, pour soutenir les entrepreneurs en Afrique du Sud. “Nous voulons devenir la banque des entrepreneurs”, souligne Linda Swart, en charge du projet.

Un lieu accueillant pour les entrepreneurs

S’ils recherchent des espaces de co-working, les entrepreneurs ont l’embarras du choix. Pour les plus hippies, le Woodstock Exchange abrite des lieux dynamiques comme The Barn et le Cape Town Garage. Daddy. O est aussi un excellent endroit situé dans le charmant Old Biscuit Mill. Pour ceux qui recherchent un environnement plus moderne, l’atelier baptisé Workshop 17 est entouré de baies vitrées et offre une magnifique vue sur le port. Les femmes préférant travailler entre elles ont Voices Club, récemment lancé à l’Hôtel Taj. La fondatrice du lieu, Shelley Webb a voulu créer un espace où les femmes intelligentes et motivées pourraient venir travailler sur leurs projets tout en étant capable d’interagir avec d’autres femmes entrepreneurs. Des relations publiques aux médias, en passant par la technologie, le choix est bien là !

À San Francisco, les associations s’appuient sur la technologie pour réinsérer les sans-abris

La ville dépense de plus en plus pour remédier à ce fléau qui touche ses concitoyens. 300 millions de dollars sont alloués cette année à la réinsertion des sans-abris. En amont, l’absence d’État-providence et donc de filet de sécurité est une des raisons qui explique le nombre élevé de SDF, 40% des Américains n’ont pas 400 dollars d’économie pour faire face à un imprévu.

« Près de 70% des sans-abris de la ville ont d’abord vécu et travaillé à San Francisco avant de se retrouver à la rue après avoir perdu leur emploi et leur toit », rappelle Kevin F. Adler, Fondateur et CEO de l’association Miracle Messages. Les cinq principales causes qui mènent à la condition de sans-abris sont en effet la perte d’emploi, l’addiction à la drogue ou à l’alcool, une dispute avec le logeur (ami ou famille), l’expulsion d’un logement ou une séparation avec un conjoint / partenaire.

Quand la technologie favorise la prise de conscience

Kevin F. Adler a fondé Miracle Messages en se demandant à quoi ressemblait la vie des SDF et ce qui changerait s’ils avaient accès à certains outils digitaux : « mon oncle Mark était schizophrène et a eu des périodes pendant lesquels il était à la rue, je me suis toujours demandé quelle était sa vie quand il n’était pas présent à Noël… et un jour j’ai proposé à des sans-abris volontaires de porter une caméra GoPro pour enregistrer et partager leur quotidien. J’ai été choqué par ce que j’ai vu et ressenti, par exemple des parents éloignaient leurs enfants de la personne sans-abri, comme s’ils avaient peur qu’elle puisse leur faire du mal. »

La même envie de compréhension, de partage et d’empathie a animé la start-up LavaMae pour son projet artistique. La jeune pousse, dont la raison d’être est de mettre à disposition des SDF des douches mobiles, a installé mi-septembre d’autres équipements qui ont attiré les passants. Un casque, une tablette et de la réalité augmentée ont ouvert les yeux des San Franciscains sur le sort des sans-abris et leur ont permis de visualiser la vie des personnes à la rue devant lesquels ils passent souvent sans un regard.

Après la prise de conscience, vient le temps de l’action. La technologie est alors encore un outil efficace tant pour soutenir les sans-abris que pour leur donner les moyens de s’aider eux-mêmes.

Soutenir les sans-abris dans l’urgence

Pour soutenir les sans-abris, les dons sont un premier pas. Or, les applications et autres cartes de crédit bancaires ont souvent complètement remplacé l’argent sonnant et trébuchant dans les poches. Rares sont ceux qui ont de la monnaie à distribuer. C’est en partant de ce constat que la jeune pousse Samaritan a lancé son application à Seattle. Le principe est simple : tous les sans-abris volontaires sont gardiens d’un beacon, une sorte de balise de géolocalisation qui notifie les utilisateurs de l'application, puis grâce au bluetooth, à chaque fois qu’un utilisateur se trouve à proximité d’un porteur de beacon, il reçoit une alerte et un accès à quelques informations que la personne sans domicile souhaite partager. Le passant peut alors de transférer de l’argent qui ne sera utilisable que pour acheter des biens de consommation dans des enseignes partenaires. La jeune pousse envisage de proposer ses services à New York et Austin, ils pourraient aussi bénéficier à la Californie - l’État américain au plus grand nombre de sans-abris.

Une autre manière pour les passants de secourir les sans-abris consiste à alerter sur l’application Concrn de la présence d’une personne en état de crise (de folie ou liée à la toxicomanie) dans le quartier de Tenderloin à San Francisco. La start-up prévient alors un tiers formé pour dialoguer avec les personnes en détresse qui pourra la réorienter vers le service ou l’hébergement adéquat.

Dans ces situations les sans-abris sont passifs. Mais la technologie peut les pousser à prendre leur destin en mains en s’adressant aux structures compétentes. Des initiatives comme One Degree ou Bridge facilitent également la mise en contact avec les services sociaux. C’est l’objectif de ShelterTech et en particulier du programme AskDarcel. Pour les aider à trouver un hébergement ou un autre type de service pour SDF via sms ou par la voix, le bot Casey est en préparation et devrait être lancé d’ici à la fin de l’année. Enfin ShelterConnect a vocation à offrir du wifi gratuit dans les centres d’hébergements.

Des programmes technologiques pour trouver un emploi

Ce sont dans ces hébergements que les sans-abris devraient trouver le programme qui leur correspond pour les aider à se réinsérer. C’est en tout cas là que Victoria Westbrook, a entendu parler de Code Tenderloin, dont elle est aujourd’hui la directrice des programmes et opérations. « En sortant de prison, une femme du foyer m’a recommandé le programme de Code Tenderloin en me disant que cela m’aiderait à avoir un meilleur emploi et non pas un travail alimentaire. J’étais encore à moitié incarcérée dans le centre – il fallait avoir une raison liée à la réinsertion pour en sortir – c’est ce qui m’a poussé à rejoindre le programme au départ : je voulais passer plus de temps en dehors de cet endroit. » Victoria Westbrook apprend alors à « refaire son CV sur une page au lieu de quatre, à avoir davantage confiance en [elle] et s’entraîne à passer des entretiens ». La formation lui fait réaliser qu’il n’y a pas d’autres limites que celles qu’elle se met : « mon parcours me façonne mais ne me définit pas ».

C’est cette philosophie qu’elle enseigne désormais aux participants aux cours. Deux programmes les aide à trouver un travail : « le programme de préparation à l’emploi (JRP - Job Readiness Program) s’étale sur 20 heures par semaine pendant 4 semaines et le programme Code Ramp (de développement web) dure 72 heures espacées sur 6 semaines ». Pour la directrice, « de nos jours tout le monde devrait avoir quelques notions d’informatique de code, peu importe ce que vous ferez ». C’est la raison pour laquelle « tous les travaux en classe sont fait à l’ordinateur, pour familiariser les étudiants à la technologie ». De belles histoires découlent de ces cours. Victoria Westbrook se souvient par exemple de Mark, qui avait à peine 18 ans quand elle l’a rencontré et qui voulait devenir développeur logiciel. « Il a participé aux deux programmes. Il n’avait jamais codé avant mais il a adoré cela. Il a continué après Code Tenderloin, a participé à un hackathon, remporté le premier et commence chez Facebook bientôt, à moins de 21 ans. » Quand à la femme qui a recommandé le programme à Victoria Westbrook, elle travaille désormais chez Microsoft. « On suggère de chercher un emploi dans l’industrie de la tech parce qu’il y a beaucoup d’argent mais tout le monde n’est pas intéressé. Au final, on encourage les gens à faire ce qu’ils veulent et on les aide à trouver un emploi aussi en contactant directement les entreprises partenaires. »

De trouver un emploi à trouver un logement il n’y a qu’un pas

Les participants aux programmes de Code Tenderloin sont sans domicile fixe mais ne dorment pas forcément dans la rue. « On en a eu quelques-uns mais en général les personnes qui dorment dans des tentes ont trop de soucis pour pouvoir se concentrer sur un emploi. Si vous ne pouvez pas prendre une douche tous les jours et que vous devez vous déplacer avec l’ensemble de vos affaires constamment, aucun employeur ne travaillera avec vous. Ceux qui sont dans des refuges ou occupent un canapé chez un proche sont ceux qui réussissent le mieux parce qu’ils ont le minimum de sécurité nécessaire pour sortir de la misère. » Le cercle vertueux est alors enclenché avec l’emploi, « dès que votre premier salaire tombe vous pouvez trouver un logement : des programmes vous aident à payer le premier et dernier mois de loyer mais à condition d’avoir un salaire ».

Pour ces personnes dans la précarité, mettre un toit sur leur tête est le prélude à une stabilité retrouvée. Or, pour louer un appartement, une chambre, recevoir des soins : le sans-abri doit pouvoir disposer de ses papiers d’identité. S’il a vécu dans la rue, les probabilités de les avoir perdu, de se les être fait voler ou de les avoir abîmé sont fortes. C’est la raison pour laquelle la ville d’Austin, lauréate d’une bourse du Mayor’s Challenge program, a lancé, il y a quelques mois, un pilote avec la technologie Blockchain pour conserver ces documents précieux des SDF de manière sécurisée et confidentielle, tout en offrant aux fournisseurs de services un moyen d’accéder à ces informations. L’objectif est ainsi de créer un historique pour mieux secourir les sans-abris, et savoir par exemple à quel type de traitement il a déjà eu accès et quel a été l’effet sur son état de santé.

Retrouver un proche pour retrouver confiance en soi

Le point commun des sans-abris, quelle que soit leur histoire, est l’isolement, l’absence ou le manque de soutien. Kevin F. Adler a souvent entendu des sans-abris dire « Je n’ai pas réalisée que j’étais à la rue en perdant ma maison, je m’en suis rendu compte quand j’ai perdu contact avec ma famille et mes amis ». Or le lien social est essentiel à une réinsertion réussie et peut aussi déclencher cette envie de s’en sortir. « Un jour je suis sortie marcher sur Market Street et j’ai juste demandé à chaque personne à la rue si elle avait de la famille et voulait reprendre contact. C’est comme ça que j’ai rencontré Jeffrey, qui n’avait pas vu sa famille en 22 ans. On a enregistré une vidéo où il s’adressait à sa nièce et son neveu, et on l’a posté sur un groupe Facebook de sa ville d’origine. En une heure la vidéo a été partagée des milliers de fois, a été reprise par des médias locaux et a reçu des commentaires de personnes qui souhaitaient apporter leur aide au sans-abri, certains l’avaient connu. La soeur de Jeffrey a été taguée dans les 20 minutes et le lendemain on l’avait au bout du fil pour organiser les retrouvailles. » C’est comme cela qu’est né Miracle Messages et que son fondateur a décidé de s’y consacrer à plein temps.

Une main tendue, de la volonté, une vidéo et des réseaux sociaux suffisent à mettre le pied à l’étrier des sans-abris. Bien sûr, retrouver sa famille ne résout pas tous les problèmes, « mais nous essayons de profiter de ce momentum d’espoir et de possibilité. D’abord pour mettre en contact les sans-abris avec les services sociaux à même de les aider. Et pour donner des conseils à la famille : quelles sont les questions à poser, les conversations à avoir quand tout le monde est heureux et enthousiaste plutôt que deux mois plus tard quand l’ancien sans-abri n’a toujours pas de travail à la surprise de la famille. Nous ne fournissons pas les services mais nous essayons d’orienter et de guider les sans-abris et leurs proches retrouvés », explique Kevin F. Adler.

Deux raisons en particulier expliquent que les personnes sans domicile fixe ne tentent pas d’elles-même de joindre leur famille. « La première est liée aux sentiments de honte, de peur, d’embarras, d’isolement. Quand quelqu’un change d’avis après avoir voulu reprendre contact avec sa famille c’est en général parce qu’il ne veut pas être vu dans cette situation de vulnérabilité par ses proches, il ne veut pas être perçu, regardé comme un SDF. » En moyenne, les personnes aidées par Miracle Messages n’ont pas eu de contact avec leur famille depuis 20 ans. L’autre barrière est technique : « les personnes à la rue ne savent pas forcément utiliser internet, n’ont pas toujours un smartphone, ne connaissent pas par coeur tous les numéros de téléphone… et de l’autre côté les proches se heurtent à l’administration et à la bureaucratie. Les foyers et refuges ne dévoilent pas les noms des personnes qu’ils hébergent ». Pour les SDF, outrepasser ces obstacles implique aussi de reprendre confiance en soi et de se détacher du regard de la société et de « cette impression de ne servir à rien et d’être un fardeau ». Aujourd’hui, 80% des clients de Miracle Messages ont des retombées positives en terme de santé « mentale, physique et de lien social » et 80% des proches de SDF contactés sont enthousiastes à l’idée des retrouvailles. L’association a mis en place plusieurs procédés : une hotline avec le numéro de téléphone 1800-miss-you, le hashtag #MiracleMessages, les comptes Facebook et Twitter, des bases de données pour les familles et les sans-abris et une application à venir bientôt.

La technologie ne fait pas tout mais peut être utilisée pour donner le coup de pouce nécessaire au processus de réintégration sociale… à condition que tout le monde ait les compétences informatiques et accès à ces outils.

Rédigé par Sophia Qadiri
Responsable éditoriale et journaliste

Comment réguler les réseaux sociaux? Un rapport dévoile les principales pistes françaises

  • 4 Commentaires
  • modifié il y a 1 heure
Que ce soit vite mis en place, comme cela on pourra vite retirer les fake gouvernementaux, ( de la promesse de Macron d octobre 2017 d expulser tout les clandestins ayant commis un delit, du mensonge de castaner sur les attaques d hôpitaux, ou bien encore la promesse de Loiseau que l UE investira dans l écologie 1000 milliards d ici a 2024, soit 200milliards par an alors que l UE a un budget annuel global de 160milliards par an..)
 
Encore un CSA comité theodule !
 
En gros donner accès à facebook et sûrement les autres à toutes nos données .... vu ce qu'ils en font, on peut s'attendre au pire.
Déjà qu'ils payent entièrement leurs impôts chez nous ...
 
  • il y a 1 heure
Un peu ce que propose l’autre fondateur de FB quoi...
 

21CenturyWebArchive,Dubaï, la ville où tout est possible ? C’est assurément l’ambition des Emirats arabes unis. L’Etat, qui a même lancé son Ministère des Possibilités fin avril 2019, se tourne vers le futur.

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Je forme une entreprise qui n'a jamais eu d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans tout la vérité de la nature; et cet homme, c'est moi.

L'entreprise ressemble à une réserve naturelle, comme une île au centre de l'Europe, ou une espèce protégée vit- plutôt bien - à l'abri du chômage et des désordres politiques et sociaux. Aucun autre Etat au monde ne pratique en même temps la démocratie directe, le fédéralisme, la neutralité, la paix du travail et le compromis systématique. C'est le modèle "Nouvelle société du savoir, société du XXIe siècle"

L’IA, le nouvel or noir des Emirats arabes unis

Dubaï organisait son premier sommet de l’intelligence artificielle les 30 avril et 1er mai 2019 : AI Everything. L’occasion pour les Emirats arabes unis (EAU) de mettre en avant leur stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Objectif : devenir l'un des leaders mondiaux de l’IA d’ici à 2031. Voici comment.

Dubaï, la ville où tout est possible ? C’est assurément l’ambition des Emirats arabes unis. L’Etat, qui a même lancé son Ministère des Possibilités fin avril 2019, se tourne vers le futur. Avec Dubaï en tête de pont. Car si les EAU ont fait de l’exploitation pétrolière leur succès dans les années 60, le paysage économique a changé. "Le pétrole pèse moins de 5% sur l’économie des Emirats arabes unis", indique Steen Jakobsen, vice-president de Dubaï Business Events, à L’Usine Digitale.


Dans un tel contexte, le pays n’a d’autre choix que de se renouveler. L’enjeu ? Passer d’une économie pétrolière à une économie de la tech. "Notre vision est de faire des Emirats arabes unis l’un des top leaders en Intelligence artificielle et de générer au moins 100 milliards de dollars US de croissance additionnelle", annonce Dr. Aisha Bint Butti Bin Bishr, directrice générale de Smart Dubai, (initiative créée à la suite de la vision du Cheikh Mohammad bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis et souverain de Dubaï, visant à faire de Dubaï la ville la plus heureuse au monde). Et ce, d’ici 2031. Une politique qui vise également à "attirer les meilleurs talents pour expérimenter et travailler dans des écosystèmes sécurisés sophistiqués pour résoudre les problèmes dans notre gouvernement", ajoute-t-elle.

Création d'Un ministère de l’IA

Baptisée Stratégie IA 2031, cette initiative lancée officiellement en octobre 2017 s’est matérialisée par le lancement d’un Conseil national de l'intelligence artificielle et de la blockchain, responsable de la mise en œuvre de ces deux technologies, dans tous les secteurs, mais également par la création d’un ministère d’Etat de l’Intelligence artificielle. Le premier du genre au monde. A sa tête ? Omar bin Sultan Al Olama. Sa mission ? Accélérer l’adoption de l’IA et de ses cas d’usage dans 9 secteurs stratégiques clés dans les Emirats arabes unis, parmi lesquels le Transport, l’Education, la Santé ou l’Environnement.

Un peu plus de 18 mois après sa nomination, Omar bin Sultan Al Olama semble plutôt satisfait : "Nous avons lancé une dizaine de projets au Moyen Orient jusqu’à maintenant", nous indique le ministre.
 

Omar bin Sultan Al Olama, ministre d’Etat de l’Intelligence artificielle des Emirats arabes unis. © Stéphanie Mundubeltz-Gendron


Former et éduquer les publics

Parmi les initiatives déjà engagées, le ministre cite notamment le lancement d’AI Camp, un programme pédagogique dédié à l’IA et déployé à différents niveaux : "Cela va des enfants à l’école primaire aux étudiants à l'Université. Mais cela concerne aussi l’efficacité du gouvernement. Ce programme est focalisé sur l’augmentation de la connaissance et de la compréhension de l’IA par le gouvernement et la population", exprime-t-il. Avant d’ajouter : "C’est important de les exposer aux cas d’usage et aux capacités de l’IA pour développer le futur que nous voulons créer : ils ont besoin de s’adapter et d’en faire part".


Dans le même objectif, le ministère a lancé avec l’université d’Oxford un programme d’un an qui vise à former 94 agents du gouvernement. "Ce programme a honnêtement été bénéfique pour chacun d'entre nous, pour comprendre comment nous allons implémenter l'IA au cœur de l'action du gouvernement", poursuit le ministre.
 

Créer de la valeur

Troisième initiative : déployer l’intelligence artificielle dans les secteurs publics clés comme la santé, les infrastructures pétrolières et gazières ou les ressources naturelles. "Nous devons nous assurer que le déploiement de l’IA soit focalisé sur deux choses : améliorer les secteurs dont nous avons encore besoin, et améliorer les secteurs où nous avons des manques", nous précise-t-il. A titre d’exemple, le ministère regarde comment déployer l’IA pour les diagnostics santé, ou comment augmenter la sécurité et l’efficience des villes. "Nous ne développons pas l’IA pour les enjeux de l’IA, nous déployons l’IA pour créer de la valeur", martèle le ministre.

Partager les expériences

Quatrième projet cité : le "Global intelligence gouvernement forum". Le but : "réunir les plus grands esprits du monde pour discuter et dessiner une feuille de route sur la manière de gouverner ces technologies", nous explique le ministre. Ce forum qui rassemble 200 des meilleurs penseurs, a mobilisé six Etats lors dernier cycle, ainsi que de nombreuses organisations comme l'OCDE, l'Unesco ou l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.

Le ministre se félicite aussi du lancement de l'initiative "AI bridge", entre les Emirats arabes unis et les autres pays : "On essaie de coopérer avec d’autres pays sur la manière dont l’IA est développée. Nous pensons que c’est la meilleure manière de développer cette technologie (…), d’appendre les uns des autres, de partager des recherches académiques et de soutenir la R&D. Six pays ont déjà signé et de plus en plus de pays devraient encore y participer."

Dernière action en date : le lancement ce 2 mai 2019 du projet "Think AI". Objectif : rapprocher les secteurs privés et publics pour "parler de manière dont la législation et la régulation peuvent changer et doivent changer pour s’assurer que la mission n’est pas uniquement liée au gouvernement", précise le ministre . Et d'ajouter : "Nous devons nous assurer que l'intelligence artificielle, et le secteur de l'innovation en général, ne soient pas entravés par trop de gouvernance".

L'IA, aussi au coeur de la politique de la ville de Dubaï

A ces actions du ministère, s’ajoutent également des mesures initiées par Smart Dubai qui a récemment lancé Ethical AI, une boite à outils qui contient des principes et des directives pour la mise en œuvre éthique de l'intelligence artificielle. "Nous ne déployons pas seulement la technologie, nous veillons également à ce que les organisations offrant des services d’IA donnent la priorité à l’équité, à la transparence et à la responsabilité, et à ce que les directives renforcent la position de la ville en tant que leader éclairé dans l’adoption de l’IA dans tous ses services", indique Dr. Aisha Bint Butti Bin Bishr dans un communiqué.

Des entreprises EAU convaincues du potentiel de l’IA

Côte entreprises, cela bouge également. Les dirigeants de la région considèrent l’intelligence artificielle comme un élément de la transformation numérique. D’après un rapport de Forbes présenté le 30 avril 2019, près de 62% des cadres du Moyen-Orient estiment que l’IA commence à émerger rapidement dans leur secteur, et un peu plus de la moitié indiquent être seulement au début de l'exécution de ce plan.

Selon un rapport publié par le Financial Times en 2018, Dubaï se classe également ainsi au premier rang mondial pour le transfert de technologie FDI (investissements directs étrangers), et au troisième rang mondial pour attirer les investissements directs étrangers dans le domaine de l'IA et de la robotique.

Le potentiel est là. Et les EAU veulent le faire savoir. D’où la tenue du premier sommet de l’IA les 30 avril et 1er mai 2019, organisé par le programme national des EAU pour l’intelligence artificielle, en partenariat avec Smart Dubai. Un outil de lobbying pour attirer talents, start-up et grands groupes… et déployer de nouveaux projets.

 
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