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04/03/2017

Et si le bonheur était un état d’esprit ? Le bonheur du sage, qui est le bonheur actuel, vécu en vérité, ici et maintenant...

La « bonne heure », le bon moment. Le bonheur consisterait-il tout simplement à prendre du « bon temps » ? A saisir ce que la chance nous donne, ce que la « marée nous apporte » ?

La plus belle histoire du bonheur,Mais c’est quoi le bonheur finalement ? Une félicité, qui résulterait de la satisfaction de tous nos désirs ?Il s’agit donc peut-être d’espérer un peu moins et d’aimer un peu plus.

C’est quoi le bonheur finalement ?

« Vivre ne suffit pas, encore faut-il vivre heureux, nous dit Alice Germain dans sa belle préface du livre : La plus belle histoire du bonheur (1). L’existence n’a de sens et de saveur qui si elle devient le lieu et le temps du bonheur. Nous attendons de la vie le bonheur, jusqu’à parfois passer notre vie à l’attendre. »

Mais de quoi s’agit-il en fait ? Qu’est-ce qui fait le bonheur ? Chacun a sa propre réponse, que ce soit une idée précise ou un vague désir, mais il convient de se rappeler que les références dans lesquelles nous baignons ont beaucoup évolué au cours des âges.

Pour trouver le bonheur, les philosophes ont très tôt été considérés comme des maîtres incontestés. Le but de la philosophie est de contribuer à la connaissance de l’homme et d’aider l’homme à se comprendre lui-même. « Connais-toi toi-même » nous dit Socrate, parce que connaître l’homme revient à lui proposer un bonheur à sa mesure, qui lui convienne et qu’il puisse atteindre par lui-même. Epicure, dont on a caricaturé la doctrine pour en faire un cri de ralliement de tous les jouisseurs de la Terre, préconisait une sorte de diététique des plaisirs, alors qu’à l’opposé les stoïciens prônent un bonheur dans la morale. Un autre courant de pensée nous affirme qu’être heureux consiste à nourrir les plus fortes passions et à assouvir tous ses désirs même les plus fous, mais d’aucuns diront que cette voie ne peut que nous entraîner dans un cercle vicieux, parce que désirer, c’est désirer toujours plus puisque le propre d’un désir assouvi, c’est qu’il n’exerce plus son pouvoir moteur. Nombreux sont ceux, parmi nous, « victimes » de la société de consommation qui peuvent se retrouver dans cette quête sans fin.

Alors qu’est-ce qu’être heureux ? Comment définir le bonheur quand on ne parvient pas à dire précisément ce que l’on désire ? Nous pouvons énumérer les petits bonheurs (regarder un beau paysage, voir ses amis, jouir de « la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules» (2)… Cela nous suffit-il ? Ce n’est qu’en faisant l’expérience du bonheur que nous pouvons dire ce qu’il est et toutes nos expériences heureuses sont aussi imprévisibles que particulières.

La religion a, elle aussi, apporté sa pierre à l’édifice, en plaçant le bonheur au centre de ses préoccupations. Le christianisme a représenté le bonheur sous la forme d’un Jardin des Délices, d’un paradis dont la représentation même a évolué au cours des siècles et avec elle l’idée de confier la réalisation de son bonheur à sa seule foi. C’est ainsi que les hommes du XVIIIè siècle ont aspiré à une organisation politique du bonheur, d’un bonheur sur Terre, où chacun aurait les mêmes droits à être heureux, à penser et à s’exprimer librement. Le bonheur devint dès lors un art de vivre, fait de la joie de parler, d’échanger, de découvrir, de polémiquer et ainsi naquit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Le bonheur a donc une histoire : il n’a pas toujours été considéré comme le but de l’existence, ni comme un idéal de vie.

Qu’en est-il aujourd’hui ? De nos jours, le bonheur n’est plus ni une promesse, ni une idée politique, il est devenu un droit et même un devoir. Nous sommes entrés dans l’ère de la nécessité du bonheur, dans un besoin d’ « euphorie perpétuelle » (3). Mais tout le paradoxe de nos temps modernes est d’inventer un bonheur « intérieur », fait de bien-être et d’équilibre, et de proposer par ailleurs toujours plus de bonheurs à consommer, de produits supposés rendre heureux. L’être et l’avoir, intimement mêlés. Sérieux défi !

Mais nous ? Comment pouvons nous espérer être heureux ? Faut-il courir après la réussite ? Ou profiter de la vie avant qu’elle ne nous échappe ? Comment se réaliser ? Existe-t-il des moyens infaillibles pour être heureux ? Le bonheur dépendrait-il d’avantage de la chance que de la discipline personnelle ? Dans son étymologie, le terme signifie avant tout la « bonne heure », le bon moment. Le bonheur consisterait-il tout simplement à prendre du « bon temps » ? A saisir ce que la chance nous donne, ce que la « marée nous apporte » ?

C’est certes une piste tentante, d’autant plus que nous sommes conscients que le bonheur n’est pas certain, qu’il ne dure jamais bien longtemps. Nous faisons bien souvent l’expérience de son contraire : la mort, la fin d’une relation, la perte d’un ami, l’échec d’un projet. Nous comprenons donc qu’attendre le bonheur de l’extérieur, c’est vivre dans la crainte de le voir nous échapper, se détruire par accident ou revers de fortune.

Mais finalement comment pourrait-on être heureux, quand on sait qu’on va mourir et qu’on perdra tout ce et ceux qui nous sont chers ? Parce que c’est ce qui est tragique dans notre condition d’être « pensant », nous savons que nous allons mourir, nous savons que toute chose a donc une fin. Mais en fait, la mort n’empêche d’être heureux que ceux qui espèrent le bonheur pour l’au-delà. Pour ceux qui au contraire vivent le bonheur comme ouverture à une joie possible ou réelle, mais actuelle, la mort ne devrait plus faire problème. Il s’agirait alors d’aimer la vie telle qu’elle est, c’est-à-dire éphémère. Si nous pensons à la mort lucidement, la vie, dans sa brièveté même, n’en devient que plus précieuse, chaque moment a un prix irremplaçable et cela devrait nous pousser à être heureux sans attendre ! Sans attendre d’avoir ce que nous convoitons ou espérons, sans attendre de régler certains problèmes, sans attendre tout court parce qu’un vrai bonheur, même imparfait comme tous les bonheurs le sont, vaut mieux qu’un bonheur idéal, rêvé, qui n’est qu’un mythe jamais atteint…

Cessons de rêver la sagesse, cessons de rêver le bonheur ! Le bonheur n’est pas le but du chemin, il est le chemin même ! Chemin cahotant, approximatif, parfois difficile, mais entrecoupé de belles plages de douceur. « Le bonheur n’est pas un repos, nous affirme le philosophe André Comte-Sponville (1), c’est un effort qui réussit, un échec qui se surmonte », une expérience qui enrichit. « C’est dire qu’il n’y a pas de bonheur sans courage, poursuit-il, et c’est ce qui donne raison aux stoïciens. Mais il n’y en a encore moins sans plaisir, c’est ce qui donne raison à Epicure, ni sans amour, c’est ce qui donne raison à Socrate (…) ». Et le philosophe de conclure son livre par cette phrase « Le bonheur, n’est ni dans l’être, ni dans l’avoir, il est dans l’action, dans le plaisir et dans l’amour. »

Alors, le bonheur est-il dans le pré ? C’est-à-dire à portée de main ? Ou comme le dit la chanson : « Le bonheur est toujours pour demain » ?

Mais c’est quoi le bonheur finalement ? Une félicité, qui résulterait de la satisfaction de tous nos désirs ? Idéal de l’imagination, mais non de la raison. Ou alors une conception plus relative : on est plus ou moins heureux, dès lors qu’on n’est pas malheureux, chaque fois que la joie nous paraît proche, facile, fréquente ? C’est le bonheur au sens ordinaire du terme.

Et si le bonheur était un état d’esprit ? Le bonheur du sage, qui est le bonheur actuel, vécu en vérité, ici et maintenant. Certes, nous ne sommes pas des sages, mais nous avons des moments de sagesse. Cela équivaut-il à se défaire de tous ses désirs ? Surtout pas ! Mais il est possible de penser et de vivre le désir autrement. Il ne s’agit pas de supprimer ses désirs mais de les transformer, de passer du désir de ce qui manque au désir de ce qui est. Désirer ce qui n’est pas, c’est espérer, désirer ce qui est, c’est aimer.

Il s’agit donc peut-être d’espérer un peu moins et d’aimer un peu plus.

Références :

(1) André Comte-Sponville, Jean Delumeau, Arlette Farge, La plus belle histoire du Bonheur, Editions du Seuil, 2004

2) Philippe Delerm, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Editions L’Arpenteur.

3) Pascal Bruckner, L’euphorie perpétuelle, essais sur le devoir de bonheur, Editions Grasset.

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03/03/2017

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PoissySmartCity,FranceWebAsso,FranceWebSharing, Dééboorrdéé...!! EN DEUX MOTS, « Je suis très occupé(e) donc... je suis forcément très important(e) »!

EN DEUX MOTS

Dééboorrdéé...!!

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C'était tellement systématique que cela en est vite devenu risible... A chaque fois que quelqu'un de la rédaction lui demandait quelque chose, la réponse était toujours la même: « Oui, mais plus tard car là tu comprends je suis dééboorrdéée » ou alors en version se voulant plus chic « ooverbookéé ». Bien sûr, la réalité était bien en deçà de ses trémolos, mais le message était d'autant plus exaspérant qu'il nous donnait l'impression de nous la couler douce et que notre job était sans grande valeur à côté du sien. Ce serait d'ailleurs, la plupart du temps, la vraie signification de cette phrase infernale qu'on pourrait alors traduire par « Je suis très occupé(e) donc... je suis forcément très important(e) »! Au point que des chercheurs ont récemment démontré que nous aurions tendance à penser que ceux qui travaillent tout le temps ont... un statut social élevé! Un constat corroboré par les résultats d'une étude d'Havas Worldwide - menée auprès de 10 000 adultes dans 28 pays - faisant ressortir que 40% des sondés avouaient s'inventer un agenda de ministre dans le but... de se faire mousser! Pour les auteurs de cette enquête, cela s'expliquerait par le fait que nous vivons dans des sociétés qui apprécient, valorisent et récompensent les employés ayant l'air le plus débordé. Car, oui, être supra méga submergé est aujourd'hui devenu un véritable code de communication, une sorte de mensonge convenu à entretenir pour demeurer parfaitement politiquement correct... De quoi alimenter le fameux paradoxe du présentéisme - en opposition à absentéisme - qui suppose que ceux qui font le plus d'heures (ou qui font semblant) seraient les plus productifs. Mais d'autres spécialistes du sujet vont encore plus loin en évoquant un moyen de se rassurer existentiellement, d'éviter le sentiment du vide, de donner du sens à sa vie. Et là, faut avouer que dans ce cas, il y a vraiment de quoi se sentir... débordé(e)!

 ca-buzz Toujours sous la houlette de Publicis et Les Echos, la 2e édition du salon dédié à l’innovation et à la croissance des start-up a été lancée, il y a une semaine, depuis l’Elysée en présence de Maurice Lévy, Bernard Arnault (patron de LVMH, propriétaire des Echos) et de François Hollande. Le rendez-vous – qui se veut être le festival de Cannes de la Tech – se tiendra à la Porte de Versailles du 15 au 17 juin et devrait confirmer son succès en attirant 50 000 visiteurs venus notamment suivre les 200 conférences auxquelles participeront 300 intervenants. Comme lors de la première édition, une centaine de challenges sont proposés par les entreprises partenaires – AccorHotels, Engie, Cisco, Air France, Sodexo, Vinci…- aux start-ups, qui ont jusqu’à la fin du mois de mars pour tenter de gagner une représentation dans un Lab lors de l’événement. Ils devront plancher sur des thèmes comme Imaginer le bureau idéal de 2030, Créer de nouvelles façons de dormir, Démultiplier le confort des véhicules, etc. En 2016, 150 challenges avaient été lancés par 60 partenaires et avaient permis à 750 jeunes pousses de prendre part aux 20 Labs du salon dont l’organisation sera de nouveau assurée par l’agence Publicis Events.

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