Avertir le modérateur

15/09/2018

La vérité du monde,Atlas de Littérature Potentielle.La lenteur du monde,Mais il y a plus, beaucoup plus. C’est que tous les poèmes de ce recueil ont la savoureuse caractéristique de fonctionner selon une grammaire narrative et poétique parfaitement stable

QUELLE MOUCHE TE PIQUE? (Francine Allard)

par Ysengrimus

La vérité du monde
La poésie divague et louvoie dans les ruelles sombres
Un bien engueulé parmi nous
Appelle un chat un chat
Et je souris d’aise
(p. 9)

.

YSENGRIMUS   Avec le recueil Quelle mouche te pique? (2010) de la poétesse québécoise Francine Allard, nous découvrons subitement un petit bestiaire illustré constitué de courts segments poétiques dont le Jacques Prévert de Paroles fut incontestablement un des grands ancêtres. Dans ce petit ouvrage bien carré (au sens littéral aussi: douze centimètres sur douze centimètres. C’est un petit livre carré), les magnifiques illustrations de Frédérique Guichard représentent une des indubitables forces motrices de l’exercice. Suivons-les, à défaut de pouvoir les reproduire.

En couverture, fatalement, il y a une mouche ou un frelon qui grignote des segments de couverture orange, avec en fond de fugitifs éléments d’alvéoles à miel. Ensuite, on a un zèbre qui se dézèbre en ce sens qu’il perd ses stries et passe au blanc tandis que la poétesse nous dit un mot de cette métamorphose uniformisante. Plus loin, un lion altier et roide piétine un roi de cartes. Roi des animaux, roi de la création? nous demande la poétesse. C’est ensuite une boite de sardines anthropomorphes dont, souplement, un hareng sort (dixit la poétesse). Puis, un escargot de coquille rubiconde, au corps ressemblant singulièrement à un doigt humain chemine tout doucement en sa spirale de bave livide, en compagnie du texte La Bavure de l’escargot. Suit un magnifique baudet chronométrique, mécanique, machinateur, sur fond de gros réveille-matin, et dont le corps entier fonctionne comme une magnifique, complexe, et délicate horlogerie ayant tendance (nous explique la poétesse) à chanter bien trop tôt le matin. Puis des loups gris et des loups blancs tournent sur la surface d'une mystérieuse sphère cosmique, à la queue leu leu (leu, l’ancien nom du loup, alors, fatalement). Lupus fugit, s’intitule le texte. Une nuée frétillante de poissons rouges accompagne ensuite un poème éminemment halieutique, et qui sent bon la marée. Télescopage sidérant et superposition visuelle, ensuite, entre chat, canard sauvage et ornithorynque, sur fond géométrique. La poétesse nous parle de cette surprenante éclectique charnelle que nous lègue, en ceci, la nature. L’émeu m’émeut, dit ensuite la poétesse, quand deux émeus cohabitent au premier plan d’une puissante montagne massive et rouge sang. On raconte qu’il a perdu la boule comme un chien dans un jeu de quilles nous signale-t-on ensuite, tandis qu’un pitou piteux albâtre, aux oreilles pointues et à l’œil vide, fait grise mine à trois quilles antiques flanquées de leur incontournable boule polychrome. Une sorte de gerboise sur fond de listes de paronymes impliquant le préfixe rat— rencontre le texte suivant, portant sur ce type de rongeur. Deux poules, mouillées ou sèches, contemplent pensivement un gros œuf en coupe qui semble incorporer pas moins de sept segments en strates en son puissant ventre. Un kangourou convoie ensuite le Petit Prince de Saint-Ex dans sa poche, le tout en saillie devant je ne sais quel blason héraldique triangulaire jaune vif. Un hippocampe miniature tout riquiqui sert de virgule conclusive au texte sur les sinueux hippocampes roses de notre temps. Et finalement, le plus figuratif des rhinocéros imaginable, survolé à bonne distance par deux pique-bœufs lointains, pensifs et émaciés, accompagne sereinement le texte Amitié de pachyderme. Patatras. Je vous le redis: Jacques Prévert n’est pas mort. Jean de Brunhoff lui tient même désormais compagnie et, fait capital… ce sont (enfin) deux femmes, en plus.

Notons que certains des poèmes sont sans illustration. Leur savoureuse expressivité compense pleinement l’éventuel manque que nous feraient (très éventuellement, au fin du fin du tout éventuel) ressentir les pages sans image. Les poèmes, en soi, forment un ensemble solidement cohérent. Ils donnent à découvrir une joyeuse synthèse d’humour, d’expressivité et de philosophie sapientiale ou sociale. Pour la bonne bouche, en voici un qui réunit harmonieusement, toutes ces lumineuses et transcendantes caractéristiques.

La lenteur du monde
Vishnou réincarné en tortue
Mettait des heures à se mouvoir à travers les lumières du monde
Détresse du dieu venu sauver les Hommes
Tout est pareillement exprimé dans les livres sacrés
On attend un sauveur trop lent depuis des millénaires
(p. 48)

Mais il y a plus, beaucoup plus. C’est que tous les poèmes de ce recueil ont la savoureuse caractéristique de fonctionner selon une grammaire narrative et poétique parfaitement stable. On y unit une anecdote concrète avec un thème animalier unitaire. L’exposé se déploie, vivement, comme un petit texte à chute mais ladite chute n’est pas factuelle, narrative ou thématique. Elle est plutôt verbale. C’est soit un calembour (le jars marche avec une cane — p. 8), soit un court dicton populaire (une sirène suspecte chez qui tout finit en queue de poisson — p. 40), soit un composite des deux (la maison de Freud avait une araignée dans le plafond — p. 32). Le rythme de cette grammaire uniforme s’installe promptement, à la lecture, et une portion importante du plaisir de découverte des poèmes réside dans le fait d’en décoder les ressorts dans le texte suivant… puis dans le texte suivant… etc.

Tant et tant que ce petit ouvrage fonctionne aussi, un peu, pas mal, comme une sorte de fiche complémentaire du fameux Atlas de Littérature Potentielle. Un jeu s’instaure et, pour mon plaisir, et aussi le vôtre, j’ai subitement ressenti le désir inextricable de le jouer. Voici donc un texte original inédit, construit, hic et nunc, selon la grammaire d’engendrement mise en place par Francine Allard dans Quelle mouche te pique?:

Macaque du bout du monde
Un macaque japonais
Baille ses stances, assis sur une grosse roche
Il me rappelle un ami proche
Qui n’effeuillait jamais
La marguerite au complet
Il disait toujours en chemin
Qu’il lui semblait devoir bifurquer
Vers un destin distinct
Tapi sous un tout autre kami, l’ami tatami
Puis il ajoutait: il n’y a pourtant ni bout du monde
Ni fleuve, ni pont... que le soleil, le vent
Et les macaques à gueules de chiens intérieurement se diront:
Jappons!
(par Paul Laurendeau, selon la grammaire d’engendrement de Quelle mouche te pique?)

Eh ben voilà. Tous à nos claviers. La poésie qui fait sourire, c’est souvent aussi celle qui fait écrire. Il y a bel et bien ici un dosage d’ingrédients qui arrive à manifester une virtuosité d’écriture tout en faisant sentir que ce qui se fait là est fondamentalement faisable et que quand on tient la bonne thématique, embobinée sur la bonne machine, l’engendrement du texte coule de soi(e), concrètement, subtilement ou non. Toujours dans le vrai et le pensif, toujours dans le lettré et l’ordinaire, et surtout, toujours en jubilant, quelque part…

Le recueil de poésie Quelle mouche te pique? comprend 41 poèmes. Il est illustré de dix-sept dessins animaliers en couleur, de l’illustratrice trifluvienne Frédérique Guichard. Sa fiche éditoriale officielle se lit comme suit: Quelle mouche te pique? Un assemblage de mots vivants qui célèbrent l’intimité de l’Homme et des animaux des fables. Ceux qui grognent et qui griffent, qui miaulent et qui lèchent, qui meurent puis disparaissent. Ici, Francine Allard exerce un grand art, celui de la poésie qui mène indéniablement à l’esthétique de la parole.

.

Francine Allard, Quelle mouche te pique?, 2010, Éditions d’Art Le Sabord, 60 p., illustré de dix-sept dessins de Frédérique Guichard.

11:20 Écrit par franceweb dans 21CenturyWebArchive, Advertising, Agregator, Ailleurs sur le web, AlertInfo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

14/09/2018

FrnceWebSharing« Curated our stories »MyNewsCenterNvigator»

La planète est mon village !

FranceWeb : C'est Moi, C'est Vous, C'est Nous !

 C'est notre capital !

Encourager le partage de savoirs, une nouvelle manière d'être au monde et de le voir

FRANCE WEB  dans Le Monde : LOCAL - REGIONAL- NATIONAL- INTERNATIONAL

Imaginez ce que nous pouvons faire ensemble

Invitation

UTILISATEURS, FOURNISSEURS, BUSINESS, TECHNOLOGIES, UNIVERSITAIRES, RÉSEAUX,  SOCIÉTAL,..

Rencontrer, découvrir, entreprendre, communiquer, réunir, conseiller, agir, préparer l'avenir... 

Venez nous rejoindre

La société en réseau ne se fera sans Vous!

Connectons nos savoirs sur votre avenir

TRAVAILLONS ENSEMBLE POUR UNE COMMUNAUTÉ DE DESTIN ET UN DÉVELOPPEMENT COMMUN

A la rencontre d’initiatives positives au niveau humain, économique, culturel, technologique…

Pour Vous et avec Vous!

Un projet ambitieux, humain, imaginatif, hors normes, réunit 3 pôles est sera tourné vers une approche de bien-être collectif et individuel, grâce à son architecture, à l'intégration de la nature et aux services proposés. Laisser les groupements d'opérateurs faire preuve d'imagination. Même s'il s'agit d'un exercice difficile, nous invitons les groupements à laisser libre cours à leur imagination tout en leur demandant d'intégrer ce modèle de société.

Nous espérons à présent faire de l'association FRANCE WEB une association internationale sur les années à venir !
Nous avions pour objectif de créer des antennes  partout...local, régional, national, international
« La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer »

LA FRANCE  dans l'économie du savoir :

Tous, entrepreneurs de la connaissance

«La terre est notre Communauté virtuelle»

ASSOCIATION  FRANCOPHONE  DES UTILISATEURS  DU  WEB, POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE  DE LA SOCIÉTÉ EN RÉSEAU ET DE L’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE

FRANCEWEB propose des services grand public, communautaires et personnalisés.

Trois fonctions : repérer, sélectionner, partager.

Venez nous rejoindre. C’est encore plus facile ensemble !

Ensemble créons de la valeur

Avec FranceWebAsso @ PoissyWebCitoyen> "Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en donnant qu'on l'acquiert"

Beau, Bien, Bon, programmez votre cerveau pour le bonheur

Stefan Raducanu. Président .

Tél : +33 1 39 65 50 34.  Mobile : 06 85 36 20 75  Contact : stefanraducanu@yahoo.fr

Snapchat : certains médias vont pouvoir sélectionner, diffuser et monétiser le contenu des utilisateurs

Fabian Ropars, le 13 septembre 2018

Snapchat vient d’annoncer une nouveauté importante qui va donner plus de liberté aux médias dans leurs possibilités de création. Le réseau social vient en effet de sélectionner une vingtaine de partenaires, dont le média français Brut, qui pourront créer et monétiser des « Curated our stories » à partir ce contenu partagé publiquement par les utilisateurs.

Parmi les média sélectionnés, plusieurs gros noms, et plusieurs médias spécialistes du viral : Brut, CNN, Cosmopolitan, Daily Mail, Daquan, Dodo, Lad Bible, Mic, NBC, New York Post, NowThis… Ces médias pourront créer des stories à partir de contenu créé par les utilisateurs et les diffuser à l’occasion d’un événement ou d’une actualité. Ces stories de médias seront édiorialisées, et aux couleurs du média. On peut ainsi très bien imaginer des formats de stories autour d’événements sportif, de faits divers, ou de moments marquants dans l’actualité.

Snap diffusera des publicités dans ces Stories, et la monétisation sera partagée avec les médias créateurs de contenu. Ce format est en fait une extension des « Our Stories » créées par les équipes Snapchat. Il semble beaucoup plus logique de laisser des professionnels des médias faire ce travail. C’est un format populaire : le mois dernier, 75 millions de personnes ont consulté des « Our Stories ». Snap fournira aux médias des outils dédiés pour chercher et trouver le contenu approprié et pouvoir l’utiliser.

Les médias sélectionnés pourront d’ailleurs utiliser ces « Curated Stories » pour les intégrer sur leur site Internet, ou leurs réseaux sociaux. Snap précise par ailleurs que le format « Our Stories » continuera à exister.

Cette annonce montre encore une fois la capacité d’innovation de Snapchat, mais aussi sa volonté de trouvé de nouvelles sources de monétisation. Ce nouveau format sera déployé dans les prochaines semaines.

 

11/09/2018

Proust à Bénerville..C’est en 1908, alors qu’il se rend chez Louisa de Mornand et Robert Gangnat au Chalet Russe qu’il rencontre devant la villa son futur éditeur, un jeune homme de dix ans de moins que lui et cousin de Robert, Gaston Gallimard.

Proust à Bénerville

 

 

La présence de Marcel Proust à Bénerville, petite commune côtière du Calvados située entre Deauville et Cabourg, est connue avec certitude à partir de l’année 1907.
Il y est peut-être venu auparavant en excursion, lors de ses séjours d’enfant et de jeune homme en Normandie, mais nous n’avons pas trouvé pour l’instant de documents en attestant.

1907, c’est la Belle Epoque et l’apogée de la Côte Fleurie.
Bénerville, qui n’est pas encore "sur mer" mais "Bénerville par Blonville" comme en témoignent les courriers échangés entre l’écrivain et ses amis, est alors une commune d’environ deux cent habitants, établie sur les pentes du mont Canisy, dotée d’une église du 12°siècle, d’une auberge en bas de la côte sur la route de Villers et de quelques belles villas.


Plusieurs amis de Marcel Proust y résident pendant la saison d’été.
Ces amis qui attirent Marcel Proust à Bénerville ne sont pas des amis d’enfance, il les a rencontrés en 1902-1903 ; ce sont la comédienne Louisa de Mornand et le duc Armand de Guiche qui appartiennent, l’une au monde du spectacle et l’autre à l’aristocratie du faubourg Saint-Germain.


Louisa est une jeune comédienne rencontrée à Paris en 1902 avec laquelle Marcel Proust se lie d’une affection qui n’est pas dépourvue de sensualité ; elle en témoigne dans ses Mémoires : "Ce fut entre nous une amitié amoureuse, où il n’y avait rien d’un flirt banal ni d’une liaison exclusive, mais de la part de Proust une vive passion nuancée d’affection et de désir, et de la mienne, un attachement qui était plus que de la camaraderie et qui touchait vraiment mon cœur."
Quand au duc Armand de Guiche, qui possède à Bénerville la villa Montrêve, Marcel Proust l’a connu dans sa période dite des "jeunes ducs".
Armand de Guiche est le fils de Marguerite de Rothschild épousée en secondes noces par le duc de Gramont ; il est, du fait de ce remariage le frère par alliance d’Elisabeth de Gramont qui deviendra marquise puis duchesse de Clermont –Tonnerre et à laquelle Marcel Proust voue une tendre amitié.
Le duc de Guiche épouse Elaine Greffulhe, dont la famille est un modèle des Guermantes dans "la Recherche du Temps perdu".

 

 

Marcel Proust revient sur la côte normande en août 1907, après plusieurs années d’interruption, et il choisit Cabourg comme lieu de villégiature. Grâce à la location d’une voiture, il se déplace facilement, sort tous les jours et écrit à ses amis pour leur faire part du plaisir que lui donnent ces excursions. Il peut, dans une même journée, aller visiter ses amis de Bénerville, Robert Gangnat et Louisa de Mornand au Chalet Russe près de la plage de la Garenne, ainsi que les Guiche à la villa Montrêve.
Les années suivantes, lorsque sa santé le lui permet et qu’il n’écrit pas, il poursuit ses visites ; il voit ses amis de Bénerville mais aussi Réjane, Vuillard, Helleu, Montesquiou, les Clermont-Tonnerre, la comtesse Berthier, Gaston Calmette le directeur du Figaro, les Sert et bien d’autres.
Il a probablement commencé l’écriture de "la Recherche du Temps perdu" en 1905 ou 1906, dans les mois qui suivent la mort de sa mère.

C’est en 1908, alors qu’il se rend chez Louisa de Mornand et Robert Gangnat au Chalet Russe qu’il rencontre devant la villa son futur éditeur, un jeune homme de dix ans de moins que lui et cousin de Robert, Gaston Gallimard.
Sa mère possède une résidence d’été à Bénerville, le Manoir de Bénerville ou villa Lucie. Il est le fils de Paul Gallimard, architecte, grand amateur d’art, propriétaire du théâtre des Variétés.
Cette rencontre a été restituée par l’éditeur dans un recueil d’hommages que la Nouvelle Revue Française fait paraitre en janvier 1923 deux mois après la mort de Marcel Proust. Il y décrit également le diner que Proust donne à ses amis de Bénerville dans le hall du Grand Hôtel de Cabourg.
A partir de 1908 la santé déclinante de l’écrivain, sa crainte de n’avoir pas le temps d’achever son œuvre l’enferment chez lui. En septembre 1909 il écrit à Louisa de Mornant : "je suis sur le point de me cloitrer pour un long travail entrepris".
Dès lors, il se consacre à l’écriture de son roman.


Marcel Proust se rend pour la dernière fois en Normandie l’année 1914.
Il quitte Paris le 4 septembre, poussé par la guerre qui menace la capitale et il s’installe au Grand Hôtel de Cabourg. Le voyage dure 22 heures au lieu de 5heures et demi, dans des conditions difficiles. Certains de ses amis sont là ; la comtesse Greffulhe, les Clermont Tonnerre à la villa Montrêve des Guiche à Bénerville. Robert de Montesquiou dont le Palais Rose à Trouville a été réquisitionné se réfugie lui aussi à Bénerville et on le voit montant péniblement le sentier qui mène à la villa Montrêve, transportant une énorme valise. Les visites se heurtent à la fatigue de l’écrivain qui refuse parfois de recevoir ses amis.
Marcel Proust rentre à Paris le 12 octobre 1914.
Pendant les huit années suivantes, sentant ses forces le quitter, luttant contre l’étouffement, il travaille la nuit, vit pratiquement couché.
Il meurt à Paris le 18 novembre 1922.

Après leur rencontre en 1908 au Chalet Russe de Bénerville, les relations de l’écrivain et de son futur éditeur Gaston Gallimard furent mouvementées.
Gaston Gallimard devient gérant en 1910 de la prestigieuse Nouvelle Revue Française qui sera quelques années plus tard associée à la maison d’édition portant son nom.
Ce n’est qu’en 1912 que Marcel Proust reprend contact avec Gaston Gallimard pour proposer le premier tome de son roman à la NRF : "Du côté de chez Swann". Le directoire de la NRF refuse le manuscrit que l’écrivain arrive à faire éditer à compte d’auteur chez Bernard Grasset en 1913. Après de nombreuses péripéties et le revirement de la NRF, un contrat d’exclusivité est signé avec Gallimard en 1916 et en 1918 parait le deuxième tome de la Recherche, "A l’ombre des jeunes filles en fleurs" dont l’impression est complètement terminée le 30 novembre 1918.Des rebondissements, des suspens et des complications entourent la publication de l’œuvre de Marcel Proust.

Malgré la réclusion dans laquelle vit l’écrivain les dernières années de son existence, le duc de Guiche et Louisa de Mornant restent des amis fidèles. Bénerville est présente dans les pensées de Marcel Proust  comme en témoigne la lettre adressée moins de deux mois avant sa  mort à Gaston Gallimard.
C’est en mois de Septembre 1922,: "J’ai reçu de Bénerville" écrit-il "car vous n’habitez pas seul Bénerville, bien qu’y possédant le plus beau château, une lettre de Guiche relativement aux articles de Sodome et Gomorrhe. Je crois que vous la lirez avec plaisir. Elle prouve qu’un homme du monde intelligent a souvent plus de jugement que de savants critiques".

La Normandie, l'histoire de ses villes et de ses seigneurs, ses monuments et ses paysages, les rencontres que Marcel Proust y fit peuplent les pages de "la Recherche du Temps perdu". "A l’ombre des jeunes filles en fleurs", "Sodome et Gomorrhe", "la Prisonnière" ou "Albertine disparue" nous présentent des fragments de la villa Montrêve ou du petit train qui relie Cabourg à Trouville ; les belles collines où le narrateur se promène en voiture sont les sœurs du Mont Canisy et de la butte Fréville d’où la vue s’étend si loin. Louisa de Mornant ou le comte de Guiche vivent sous les traits d’Albertine, de Rachel et de Saint-Loup. Et Bénerville résonne dans les noms de Beneville et surtout de Berneville où Albertine est à la fois proche et inaccessible.

Quant à la lumière et les paysages exceptionnels des cinquante kilomètres de la Côte Fleurie, ils continuent d’exercer leur pouvoir par l’écriture de Marcel Proust.

Clarisse FONDACCI
mai 2014

 Illustrations :

- L'église de Bénerville, Charles Mozin
- Louisa de Mornand et le duc de Guiche
- les villas de Bénerville, cartes postales, collection de J.C. Bontron
- portrait de Marcel Proust en 1892 par Jacques Emile Blanche, Musée d'Orsay, Paris

retour à l'accueil

10:23 Écrit par franceweb dans 21CenturyWebArchive, 3B,Beau,Bon,Bien, Agregator, Ailleurs sur le web, AlertInfo, Archive21stCentury, ArchiveWeb21, Art et Culture, Articles, Articles Promotionnels, Arts, Arts & loisirs créatifs, Blog, Blogs, Collections, Communication & relations médias, Community, Culture, Deauville, Dipl.Ing.Stefan V.Raducanu, Entreprises, Evénements, Exposants, Fleurs, France, FranceWeb, e-Globalnetwork, FranceWebAgency, Groupes, Internet, Le Citoyen, LMathieuwebcollection, Local, Ma Bibliothèque, Ma Tablette Magique, Madeleine et Stefan Raducanu de FranceWeb, Mobile, Monde, MyNewsCenterNavigator, OneGlobalLocal, Poissy en poche, Poissy Ville Connectée, PoissyWebCitoyen, PoissyWorldWide, RemiFranceWeb,Editeur Internet,Infoproduits, Réseau, Sharing, SmartCity, Social Media Intelligence, Stefand'Internet, StefandeFranceWeb, StefanV.Raducanu, Un être culturel, Vacances, Ville, World, Yvelines | Tags : 21centurywebarchive, agenda 21, agregator, ailleurs sur le web, alertinfo, archive21siècle, archiveweb21, art de vivre, art et culture, articles, blog, blogs, citations, citoyen, collaborative, collections, communication & relations médias, culture, dipl.ing.stefan v.raducanu, europe, evénements, exposants, france, franceweb sur facebook, franceweb, e-globalnetwork, francewebagency, groupes, ile de france, international, la vie des idées, le citoyen, le consommateur, le travailleur, lmathieuwebcollection, ma bibliothèque, ma tablette magique, madeleine et stefan raducanu de franceweb, mobile, monde, mynewscenternavigator, onegloballocal, opinion, organisation, organisme, partenaires, poissy ville connectée, poissyweb social network, poissywebcitoyen, remifranceweb | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu